Du 13 au 15 mars dernier se tenait à Paris la 47e assemblée plénière du Giec, Groupement Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Le collectif Climat réuni pour soutenir l’accord de Paris s’est proposé de réfléchir sur les différents moyens de mettre la finance au service du climat. Un projet de pacte Finance-Climat a pris forme et trouve des soutiens en Bretagne, région souvent pionnière sur les questions d’environnement.

Investir dans la finance…Au service du climat ?

Après le rapport choc publié en octobre par le Groupement Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, l’ordre du jour était à la recherche de solutions à la mesure de l’urgence. L’idée ?

Une sorte de Plan Marshall écologique qui prendrait la forme d’un pacte Finance-Climat. Ce pacte devrait se déployer en deux volets ; un premier constitué par la création monétaire de la BCE, le second par la création d’une contribution climat de 5% sur les bénéfices des entreprises.

Cette idée que la finance doit investir dans l’écologie fait son chemin. D’autres, comme Finance for Tomorrow, se sont déjà lancés dans le challenge : restructurer « l’écosystème de la finance » pour lui permettre de devenir éco-responsable et durable. La transition écologique doit aussi être une transition financière. Tout en préservant ses fondamentaux structurants comme négocier les actions, créer des richesses, investir sur demain – le système financier doit intégrer l’urgence climatique et l’exigence écologique, afin d’assurer son propre avenir.

Evidemment, la taxation des bénéfices en fait bondir certains… Cependant, 4 ans après l’accord de Paris, tous les observateurs notent que tous les engagements pris lors de ce rendez-vous ne sont pas entièrement tenus. Les investissements privés en matière d’écologie ne sont pas à la hauteur, provoquant un déficit cumulatif d’année en année, tandis que l’enjeu climatique se révèle de plus en plus saillant.

La Bretagne et le Pacte Finance-Climat

Cette contribution Climat de 5% a vocation à abonder le budget européen. Les deux principaux défenseurs de Pacte Finance-Climat revendiquent ainsi un budget européen annuel de mille milliards consacrée à la lutte contre le réchauffement climatique. Le référent du Pacte pour la Bretagne, Jacques Pinchard, souligne la « grande convergence » sur le sujet dans la région, toutes étiquettes confondues.

Le référent a ainsi pour mission de relayer auprès des collectivités territoriales et de leurs élus le projet du Pacte et d’emporter le plus grand nombre de signatures. Le but ? Que le Pacte Finance-Climat soit mis à l’ordre du jour lors d’un prochain Conseil Européen.

Et dans cette dynamique, les élus bretons se sont montrés particulièrement mobilisés : de nombreux élus ont apporté un soutien de principe au projet.

L’idée ambitieuse, initialement lancée par l’économiste Pierre Larrouturou et le climatologue Jean Jouzel fait donc son chemin partout en France… Et plutôt bon chemin en Bretagne. Où l’on s’attache à cultiver depuis longtemps désormais la sensibilisation à l’environnement et les comportements éco-responsables.

L’idée d’une banque européenne dédiée à l’investissement pour la transition écologique fait aussi son chemin, comme celle d’une « économie climatique », qui pourrait par ailleurs générer des milliers d’emplois dont de nombreux pays européen ont besoin…

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