Catalans

Les nationalistes catalans ont organisé une grande manifestation dans les rues de Madrid le weekend dernier afin d’apporter leur soutien aux dirigeants catalans dont le procès se poursuit.

Plus de 100 000 Catalans à Madrid

Nous étions habitués à voir les images de manifestations monstres en faveur de l’indépendance de la Catalogne dans les rues de Barcelone. Samedi 16 mars, c’est à Madrid que la mobilisation s’est déplacée. Les nationalistes catalans s’y étaient donnés rendez-vous afin de protester contre les actions en justice intentées à l’encontre des leaders séparatistes.
Tandis la cinquième semaine du procès contre ces derniers se terminait, les manifestants étaient plus de 120 000 selon les organisateurs (18 000 selon la police) dans les rues de la capitale espagnole afin de dénoncer la répression dont sont victimes ces dirigeants dont le crime a été de vouloir organiser un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne. Un besoin de démocratie auquel Madrid n’avait répondu que par la violence et le déni le 1er octobre 2017. De l’avis de nombreux témoins présents sur place, les chiffres annoncés par la police seraient bien en deçà de la réalité.

« L’autodétermination n’est pas un délit ! »

Le message de la foule catalane s’étant rendue à Madrid ? «L’autodétermination n’est pas un délit ! » Par ailleurs, des délégations d’indépendantistes basques, galiciens et andalous se sont joints aux manifestants. Le rassemblement, pacifique, s’est terminé par la reprise de L’Estaca, chant populaire catalan devenu l’un des symboles de la résistance face au pouvoir central madrilène.

Élections générales en ligne de mire

Si la forte mobilisation des manifestants catalans a été une belle réussite, le procès de leurs dirigeants se passe quant à lui dans des conditions nettement moins favorables. Il faut tout d’abord rappeler que les relations demeurent très tendues entre Madrid et les nationalistes au pouvoir en Catalogne. Actuellement, les 12 leaders catalans accusés sont poursuivis pour rébellion et détournement de fonds publics. Des charges réfutées par ces derniers.

C’est dans ce contexte que vont avoir lieu les prochaines élections générales espagnoles le dimanche Parti populaire, Ciudadanos et le parti Vox. Des formations qui ont un point commun : un rejet ferme et total des discussions avec Barcelone concernant les revendications d’autodétermination manifestés de façon récurrente par de nombreux Catalans. Une politique de l’entêtement qui, si elle peut porter ses fruits à l’échelle espagnole, risque surtout d’accroître encore un peu plus les tensions entre Madrid et la Catalogne. La journée du 16 mars donne pourtant matière à réflexion…

Crédit photos : Pixabay (Pixabay License/makamuki0)
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