morbihan

Avec un taux de 62 % de Superficie Agricole Utilisée (SAU), la Bretagne (B4) s’impose résolument comme la première région agricole de France, dont la moyenne est de 45 %. Les quatre départements — Côtes-d’Armor (22), Finistère (29), Ille-et-Vilaine (36) et Morbihan (56) —, se partagent une variété d’industries agroalimentaires, dont certaines leur permettent d’occuper le premier rang du classement national : productions laitières, porcines et avicoles, enfin légumières.

Dans ce contexte, si le département affiche le plus « faible taux » de SAU de la région (57 %) en raison de ses reliefs boisés occupant le quart de sa superficie, l’artificialisation y a progressé de 13 % entre 2006 et 2015 (contre 12 % en Bretagne) quand la culture de ses sols a gagné 9 900 ha. Découverte d’un département où l’hectare de terres et de prés libres se négociait en 2018 entre 4 100 euros et 5 040 euros : une belle progression pour ce département spécialiste de l’aviculture et des produits laitiers.

Le Morbihan (56), la terre d’une industrie agroalimentaire diversifiée

Forte de ses atouts qui lui ont permis d’être un pôle d’excellence de la filière agricole, facteur d’attractivité pour l’agroalimentaire (IAA) en France, la Bretagne propose une répartition assez équitable de l’activité agricole sur l’ensemble de son territoire.

Le Morbihan — siège de très grands noms comme le groupe D’Aucy, les Salaisons Celtiques labellisées Label Rouge tout comme Matines, Capitaine Houat… – est à l’image de cette diversité. Exceptée l’industrie agroalimentaire des corps gras (fabrication d’huiles et de graisses végétales et animales), tous les secteurs catégorisés par l’INSEE (10) y sont représentés. Et, avec 15 360 salariés, l’agroalimentaire morbihannais contribue à 26 % des emplois de ce secteur en Bretagne qui, pour rappel, a pour principale activité de transformer les matières premières issues de l’agriculture, de l’élevage ou de la pêche en produits alimentaires destinés principalement à la consommation humaine.

Le Morbihan (56) et l’industrie agroalimentaire de la viande

Le département dispose d’une variété d’élevages autour de laquelle s’est développée une industrie alimentaire, dédiée aussi bien à l’abattage du bétail, de la volaille, mais aussi de la charcuterie et de la conserverie de viande. Ainsi, un salarié morbihannais sur quatre travaille dans l’industrie de la viande.

1. L’abattage et la transformation de volailles

En 2010, le département occupait la première place des élevages de volailles de chair en France, en couvrant 9 % des capacités nationales. S’agissant des volailles de ponte, la part était de 10 % en 2015 (chiffres de la DRAAF de Bretagne), ce qui plaçait le département derrière les Côtes-d’Armor. C’est donc le département breton le plus spécialisé dans cette industrie agroalimentaire, avec près de 61 % des salariés œuvrant dans cette branche d’activité.

Ces bons résultats s’inscrivent dans la tendance générale de la région à se classer en première place avec respectivement une part de 32 % dans la production française de viandes de poulet et 40 % de viandes de dinde en 2017. Toutefois, il est à noter que depuis les années 90, la production de volailles en Bretagne ne cesse de reculer sous l’effet de la forte concurrence des viandes importées du Brésil ou d’Ukraine et, plus récemment, des viandes de pays de la zone euro (Belgique, Allemagne, Pologne).
Si la filière poulet — principalement implantée dans le Morbihan qui concentre presque 45 % de ses entreprises — résiste mieux que la filière dinde, c’est principalement en raison de la forte restructuration industrielle qui s’y est opérée afin de la contrer et de partir à la conquête de l’international.

2. L’abattage et la transformation de porcs

Première région pour la production et la transformation de porcs, la Bretagne compte 59 % des abattages français en 2017. Avec près de 1,3 million de tonnes abattues, la valorisation des carcasses et l’exploitation de nouveaux débouchés sont au cœur des enjeux de développement des industriels bretons.
Le Morbihan ne compte que quatre établissements porcins, soit environ 19 % de l’ensemble des entités de ce secteur agroalimentaire implantées en Bretagne. Cependant, comme dans les trois autres départements, on y travaille à développer une offre créatrice de valeur en créant des ateliers de préparation de produits élaborés crus, saumurés, cuits afin de répondre aux besoins des marchés français, européens et mondiaux. Josselin porc abattage, par exemple, a lancé des travaux à hauteur de 20 millions d’euros pour porter sa capacité d’abattage de 23 500 à 28 000 porcs, mais aussi pour la modernisation des sites de Briec et Guerche de Bretagne.

À noter :
Les fabrications de charcuterie, de salaisons et de conserves de porc sont une activité traditionnelle en Bretagne. Elle représente 386 000 tonnes en 2017 (hors plats cuisinés et salades composées), soit près de 32 % des fabrications nationales (sources : Observatoire économique et social des filières agricoles et agroalimentaires de Bretagne d’après des données de la CCI de Bretagne).

3. L’abattage et la transformation de bovins

Le département dispose de deux entités dédiées à l’abattage et la transformation des bovins dans une région qui dispose d’un réseau d’établissements modernes et principalement implantés dans les trois autres départements.

Le Morbihan (56) et l’industrie agroalimentaire des produits de la mer

Avec ses côtes crénelées et ses prairies grasses, le Morbihan a parfaitement su conjuguer les activités terre et mer, en favorisant l’implantation de 11 établissements dédiés aux produits de la mer, soit 31 % de l’activité globale de la région. Huit d’entre eux sont spécialisés dans la transformation, dont le mareyage, deux dans les conserves et un dans la fumaison. Ses nombreuses innovations technologiques et culinaires autour des poissons, mollusques et crustacés sont l’exact reflet de l’émulsion qui règne dans toute la Bretagne pour les produits de la mer : 92,1 milliers de tonnes de produits de la pêche fraîche ou congelée vendus pour un chiffre d’affaires de 302 M€ en 2017. La Bretagne se classe aussi au premier rang des régions françaises de mareyage avec 28 % du chiffre d’affaires, mais aussi sur la transformation avec 34 % du CA français, notamment grâce à la fabrication de conserves de poisson, la fumaison du saumon, les produits de saurisserie, les plats cuisinés ou les produits traiteurs.

Focus sur la production et la transformation d’algues

Actuellement, la Bretagne se classe au 10rang mondial pour la production d’algues, soit 90 % des volumes français (sources : Breizh’Alg, Brit’Inov, Chambre Syndicale des Algues et des Végétaux Marins IGN). L’émergence de ce fort levier de développement s’explique principalement par un engouement sans précédent des consommateurs, rassurés par ces produits érigés par la presse scientifique et bien-être en alicaments particulièrement bénéfiques pour la santé.

Le Morbihan et l’industrie agroalimentaire des fruits et légumes

Le Morbihan (56) est à la pointe de l’industrie légumière qui emploie sur son territoire avec 2 200 salariés, soit 58 % des salariés bretons du secteur. Ses principales productions sur ce segment sont la pomme de terre de terre et les légumes de plein champ : carottes, endives, choux-fleurs, maïs doux, artichauts… Essentiellement destinée à la transformation industrielle, cette production place le département :
• au 1er rang des départements français pour la production d’épinards et de haricots verts ;
• au 3rang pour les petits pois ;
• au 7rang pour la surface légumière.
Quant aux produits végétaux, ils représentent 24 % de la valeur agricole du territoire. Cette part est de 25 % en Bretagne.

Cependant, l’année 2017 et le début 2018 ont marqué un recul sur certaines productions en raison des dégâts de hernie et d’excès d’eau sur les choux-fleurs provoquant une baisse importante de rendement. L’artichaut a, quant à lui, dû faire face à une concurrence accrue sur sa variété camus, mais aussi à des conditions climatiques peu favorables. La pomme de terre primeur souffre des stocks importants des années précédentes quand le fameux coco de Paimpol, qui possède son AOC, doit se repenser suite à la perte de superficie cultivée.

Focus sur la production de plats préparés

Issue d’une diversification désireuse de compléter une gamme de produits existants et de répondre à une demande croissante, l’industrie des produits d’assemblage à base de viande, de produits de la mer et/ou de légumes (plats préparés) est très présente dans le secteur. La majorité des emplois du secteur de la région Bretagne se concentre sur ce département. Récemment, le groupe Davigel y a investi 40 millions d’euros dans un atelier « cuisine traiteur » ultramoderne de 12 000 m² pour la restauration hors domicile (barquettes pour hôpitaux et avions).

Le Morbihan et l’industrie agroalimentaire des produits laitiers

Avec ses cinq établissements spécialisés, le département du Morbihan contribue aux industries laitières de la Bretagne d’où partent 23 % des livraisons françaises de lait. La diversité des produits est importante :
• lait,
• beurre,
• yaourts,
• fromages,
• lait en poudre ou concentré,
• « crackage » du lait (caséine, lactose, protéines ultrafiltrées..),
• crèmes glacées et glaces.

Comme pour la filière porc et dans un contexte concurrentiel assez sévère, les entreprises bretonnes ont beaucoup investi dans des outils industriels leur permettant de conforter leur compétitivité et s’ouvrir à de nouveaux marchés, notamment celui des laits infantiles.

Le Morbihan et l’industrie agroalimentaire du grain et des produits amylacés

Avec 9 000 milliers de quintaux de grains produits en 2016, le territoire morbihannais est le département breton le moins céréalier. Sa production se répartissait alors comme suit :

• blé tendre (63 360 ha),
• maïs (33 420 ha)
• orge (23 915 ha).

Le Morbihan et les autres industries agroalimentaires

Si les autres industries agroalimentaires ne constituent pas un levier fort de développement pour le territoire, leur présence contribue à renforcer la diversité de l’économie du département et permet de développer des activités connexes comme les agrobiotechnologies ou l’emballage.

1. Les produits alimentaires intermédiaires

Il s’agit de tous les produits qui ont fait l’objet d’une première transformation. On dénombre un peu plus d’une vingtaine d’établissements dédiés aux dérivés du lait, les ovoproduits (tous les produits issus d’une transformation agroalimentaire dérivée de l’œuf), aux minéraux comme le sel, les colorants…

2. Les produits de boulangerie-pâtisserie & pâtes alimentaires

Avec 30 % des entreprises dédiées à cette activité sur l’ensemble de la région Bretagne, le département contribue largement au chiffre d’affaires régional sur segment et estimé à plus de 1,2 milliard d’euros, soit plus de 10 % du CA national. Les productions sont très variées : spécialités régionales comme les galettes, crêpes, gâteaux au beurre ; pâtisseries surgelées ou fraîches haut de gamme…
Cette industrie agroalimentaire est animée par des TPE/PME bretonnes côtoyant de grands groupes leaders nationaux et internationaux, comme Délifrance à Landevant.

3. Alimentation animale

L’évolution des productions porcines et de volailles dans le Morbihan, comme dans le reste de la Bretagne, a accompagné celle des fabrications d’aliments pour animaux (composés, prémix, pet-food). Ainsi, en 2017, la Bretagne assurait près de 37 % de la production nationale, presque 7,7 millions de tonnes fabriquées (hors petfood) (sources : Observatoire économique et social des filières agricoles et agroalimentaires de Bretagne d’après des données de la CCI de Bretagne.)

4. Les boissons

Boisson emblématique de la Bretagne, le cidre est la principale production du secteur que l’on associe bien volontiers à une image d’authenticité et de qualité, comme celle véhiculée par la cidrerie Nicol à Surzur, non loin de Vannes. La région produit également des bières locales et, plus récemment une boisson d’un genre très breton a été lancée par la brasserie Lancelot, également implantée non loin de Vannes : le Breizh Cola, le cola du Phare Ouest !

Pour conclure, le Morbihan est un département qui contribue énormément à la richesse nationale et à l’industrie agroalimentaire. En effet, au-delà des chiffres des SAU, des tonnes de produits produites et vendues, le département s’inscrit dans une démarche particulièrement créatrice de valeur. À l’instar de tous les départements de la région Bretagne, il a participé au développement d’un réseau important d’écoles, d’unités de recherche fondamentale ou appliquée et de centres de transfert de technologies : Centre d’Innovation Technologique, ID Mer, le Centre de ressources biologiques Prodiabo, l’Université Bretagne Sud…

Tous contribuent au développement de nouveaux produits et procédés de fabrication à travers des programmes de recherche et développement nationaux ou européens. La région est, en effet, partie prenante du programme Horizon 2020, doté de près de 80 milliards d’euros sur 7 ans (2014-2020). Ce dernier a pour mission de soutenir des projets tout au long de la chaîne de l’innovation : depuis l’idée de la recherche fondamentale jusqu’au nouveau produit, service ou procédé pour le marché et la société.

Crédit photos : DR
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