Frank Louvrier (LR) est un cachottier. Il a oublié de raconter à ses amis baulois qu’il était cul et chemise avec Emmanuel Macron. Les électeurs attachés à la « vraie droite » apprécieront…

Louvrier rêve de devenir maire de La Baule

On se souvient qu’Emmanuel Macron avait proposé à Frank Louvrier (LR), conseiller municipal de La Baule et vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, le poste de conseiller chargé de la communication à l’Élysée ; c’était en janvier 2019. Louvrier connaît bien le job puisqu’il a occupé le poste pendant le mandat de Nicolas Sarkozy. Devenu directeur de la communication et des relations institutionnelles de la métropole Nice Côte d’Azur – une combine qui lui assure le casse-croûte et la disponibilité, grâce à Christian Estrosi -, le sarkozyste pur jus qu’est Louvrier rêve de devenir maire de La Baule et a démarré sa campagne.

Pour réussir ce coup-là, vu la sociologie locale, il faut être étiqueté « droite », la « bonne droite », la « droite bien sous tous les rapports ». Donc pas question d’entrer dans la macronie, ce micmac « progressiste » – ce qui lui ferait perdre toute chance de s’installer à l’hôtel de ville de la Baule, faute d’incarner la droite officielle. Il a donc « répondu par la négative ». Et de donner une explication qui apparaît logique : « Pour une raison simple : je me suis engagé clairement dans les échéances municipales, je ne peux pas changer d’orientation. Même pour plus tard : maire est un métier à plein-temps et il faut s’impliquer totalement. Je ne pouvais pas m’engager dans une telle aventure aujourd’hui ». (Dimanche Ouest-France, 20 janvier 2019). Il se veut même catégorique. « J’ai fais un choix : « La Baule un jour, La Baule toujours »…et je veux être entièrement mobilisé sur la campagne municipale » (Presse Océan, jeudi 17 janvier 2019).

Hypocritement, Louvrier avait expliqué que cette rencontre s’était effectuée « par l’intermédiaire d’une personne qui nous connaît tous les deux. Mais ce n’est pas Sarkozy ni un autre homme politique, c’est une relation » (Dimanche Ouest-France, id.). En réalité, les deux hommes se connaissent et se fréquentent depuis le mandat Hollande ; c’est ce que nous apprend le journaliste Marc Endeweld dans son ouvrage Le grand manipulateur (Stock).

Macron et Louvrier, une relation de longue date

Alors secrétaire général adjoint chargé de l’économie à la présidence de la République, l’ancien banquier de chez Rothschild prépare l’avenir. Pour ce faire, Macron organise le dimanche soir des réunions dans une salle de l’Élysée ; on y trouve des communicants, des sondeurs, des professionnels de la publicité… et Frank Louvrier. Effectivement, « le collaborateur de François Hollande n’a aucun complexe à y inviter régulièrement… Frank Louvrier, l’un des grognards de Nicolas Sarkozy, dont il fut le fidèle conseiller en communication à l’Élysée de 2007 à 2012. Si Macron a toujours refusé de travailler en cabinet sous le précédent quinquennat, il dispose toutefois de nombreux relais dans la Sarkozie… Depuis son départ de l’Élysée, Louvrier travaille pour le groupe Publicis dirigé par Maurice Lévy, lui aussi très proche de Nicolas Sarkozy. Devant les autres participants à ces réunions, Louvrier et Macron ne cachent pas leur complicité. Ils se tutoient, tombent dans les bras l’un de l’autre. Alors, début 2016, quand le ministre Macron cherche un directeur de communication pour sa future campagne présidentielle, il appelle naturellement Maurice Lévy pour débaucher Frank Louvrier qui dispose de très bons contacts parmi les journalistes politiques. Si l’affaire ne se fait pas à l’époque, on comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron a tenté de nouveau, en janvier 2019, de convaincre le sarkozyste Louvrier de le rejoindre à l’Élysée. »

À La Baule, une seconde liste de droite ?

À coup sûr, la campagne pour les élections municipales de 2020 ne sera pas une partie de plaisir pour Louvrier. Il y a fort à parier qu’une seconde liste de « droite » – anti Louvrier – prenne le départ, composée notamment de membres de la municipalité actuelle. Ces derniers s’empresseront d’expliquer que Louvrier est un sous-marin macroniste et qu’il n’appartient pas à la « droite authentique », celle qui défend des valeurs.

Bernard Morvan

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