En kiosque le vendredi 17 mai, Éléments, le magazine des idées, publie un dossier sur la fin du populisme de gauche en France et en Europe. Fruit d’un travail de plusieurs mois d’enquête et d’entretiens menés par la rédaction, le bimestriel Éléments consacre six pages à l’abandon simultané des thématiques populistes et souverainistes par La France insoumise, Podemos (Espagne), Aufstehen (Allemagne).

Faute de retrouver la ligne populiste qui a fait le succès de Jean-Luc Mélenchon en 2017, Andréa Kotarac, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes de La France Insoumise et membre de l’équipe de Jean-Luc Mélenchon, annonce dans les colonnes d’Éléments n° 178, en kiosque le 18 mai, qu’il votera pour la liste menée par Jordan Bardella et Marine Le Pen, aux élections européennes du 23 mai prochain.

« Mon choix est fait : je voterai pour la liste menée par Jordan Bardella et Marine le Pen… »

Dans un entretien accordé à François Bousquet, rédacteur en chef d’Éléments, Andréa Kotarac explique : « Mon choix est fait : je voterai pour la liste menée par Jordan Bardella et Marine Le Pen. Je suis d’autant plus à l’aise qu’ayant rencontré la présidente du Rassemblement national, je suis assez en phase avec sa fibre sociale et son attachement au caractère indivisible de la nation française. »

Éléments n° 178 consacre également un dossier sur « Les juges contre la démocratie » qui réunit sur 18 pages, les analyses percutantes d’Alain de Benoist, d’Éric Maulin, de l’Université de Strasbourg, de Bertrand Mathieu, de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, ainsi qu’un débat sur la liberté d’expression entre les avocats Nicolas Gardères et Éric Delcroix.

À lire aussi : la chronique d’Hervé Juvin, un grand reportage en Chine de l’écrivain Slobodan Despot, les entretiens d’Andreï Makine de l’Académie française et du dessinateur Jacques Terpant, le coup de gueule de Didier Rykner, etc.

Éditorial du 178ème numéro de la revue Éléments

Depuis la fin des années 1960, une vague d’immigration déferle sur l’Europe. La loi sur le regroupement familial, adoptée en 1976, a transformé cette immigration en immigration de peuplement. (…) En France, la part de la population d’origine extra-européenne est aujourd’hui supérieure à 20 %, soit environ 14 ou 15 millions de personnes. Ce nombre est appelé à augmenter en raison des flux à venir (…) La composition de la population française se modifie ainsi grandement. Qu’en sera-t-il dans vingt ans ?

Pour les nouveaux arrivants, l’expatriation est toujours un arrachement, un déracinement. On pourrait dire une auto-déportation. Si l’on y ajoute les risques encourus, les noyades, les passeurs, les centres d’internement, les marchands de sommeil et les mafieux, on peut même y voir une forme d’esclavage. Quand on combat l’esclavage, on ne s’en prend pas aux esclaves, mais aux trafiquants.

Du côté des populations d’accueil, tous les sondages montrent qu’elles vivent très majoritairement l’immigration comme un calvaire. Elles ne supportent plus les pathologies sociales nées de l’immigration, et moins encore le fait qu’une partie des diasporas immigrées s’organise sous forme d’un entre-soi auquel les autochtones n’ont plus droit et d’une contre-société qui engendre elle-même de nouvelles migrations. (…)

Les sociétés les plus hétérogènes sont toujours les plus violentes parce que la confiance réciproque y a disparu pour être remplacée par la méfiance et la suspicion, qui interdisent à leur tour l’empathie et la coopération. Sociétés multiraciales, sociétés multiracistes ! (…) Il faut donc le dire nettement et calmement : la vocation du Tiers-monde n’est pas de venir se déverser en Europe, la vocation des peuples d’accueil n’est pas de s’adapter aux nouveaux venus, la vocation des pays européens n’est pas de devenir musulmans.

Les arguments économiques ne faisant plus recette, le discours immigrationniste se réduit aujourd’hui à un discours moral que tiennent tous les acteurs de la grande coalition universaliste, qu’il s’agisse du patronat, des marchés financiers, des bobos, de l’ultra-gauche ou des curés, tous unis dans le pathos et le sentimentalisme pour accuser de xénophobie ceux qui prétendent rester maîtres de leur mode de vie spécifique, de leur sociabilité, de leurs mœurs, bref de ce qui leur est commun. (…)

Être pour ou contre l’immigration en soi n’a aucun sens. Tout dépend de qui immigre, à quel rythme et dans quelles circonstances. Le problème est que, dans le climat actuel de brutalisation et d’hystérisation des rapports sociaux, il est difficile de parler de l’immigration en se tenant à égale distance des hallucinés prédicateurs de guerre civile, qui voudraient que la critique de l’immigration se confonde avec une haine des immigrés, et les angéliques niais qui nous expliquent tout à la fois qu’il n’y a pas de problèmes, qu’il n’y a jamais eu aussi peu d’immigrés qu’aujourd’hui et qu’en même temps ils sont bien trop nombreux pour que leurs flux ne soient pas irréversibles.

Au moment où l’Europe est en train de se briser sur la question migratoire, le pape François dit qu’il faut construire des ponts, et non des murs. Il faudrait lui parler des portes et des fenêtres. Et des ponts-levis.

Au sommaire du N°178 d’Éléments

Dossier : Les Juges contre la démocratie. Pour en finir avec la dictature du Droit.
• La tyrannie des juges, par Alain de Benoist
• Le face à face des avocats, Éric Delcroix et Nicolas Gardères
• Bertrand Mathieu : la guerre du droit contre la démocratie
• Le pouvoir des juges, entre immunité et impunité

Et aussi
• Entretien avec Andreï Makine : « La France a toujours su résister »
• Un reportage de Slobodan Despot : la Chine, entre Confucius et Orwell
• Entretien avec Jacques Terpant, la légende dorée de Raspail
• La fin du populisme de gauche
• Andréa Kotarac, un Insoumis vraiment insoumis
• Entretien avec Denis Collin : après la gauche, la nation ?
• Relire Christopher Lasch, avec Renaud Beauchard
• La fin du dollar roi
• Notre-Dame de Paris : le cri d’alarme de Didier Rykner
• Bienvenue à Francoland ou l’anti-franquisme rétroactif
• Éloge de la marche et des chemins creux
• Viva Cinecittà ! L’âge d’or du cinéma italien
• Paul Vecchiali, une vie de cinéma
• Le cinéma nietzschéen d’Agnès Varda
• On a retrouvé les Indo-Européens !
• Isaac Babel et l’épopée soviétique
• La perfection de la technique de Friedrich Georg Jünger

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