Selon les derniers chiffres communiqués par le gouvernement, le nombre de demandeurs d’emploi en Bretagne, au premier trimestre 2019, sans activité et tenus de rechercher un emploi (catégorie A) se situe à 143 070, soit une baisse de 1,2 % sur un an, contre une moyenne de 1,5 % constatée en France métropolitaine. Un chiffre très largement insuffisant pour enrayer ce fléau qui touche tous les pans de la société. Pour retrouver le chemin vers l’emploi, certains demandeurs n’hésitent pas à se reconvertir dans des métiers à fortes demandes, comme c’est le cas avec celui de surveillant pénitentiaire. Faisons un point sur ce métier : études, débouchés, carrières, salaires…

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Quelles sont les études pour devenir surveillant pénitentiaire ?

Pour devenir surveillant pénitentiaire, métier possédant un statut de fonctionnaire, il faut passer dans un premier temps le concours national organisé par le Ministère de la Justice. Pour ce faire, certaines conditions sont obligatoires, comme celles d’être de nationalité française, de détenir un casier judiciaire compatible à l’exercice des fonctions, d’avoir au minimum le brevet des collèges, d’être âgé d’au moins 19 ans et de 42 ans maximum au 1er janvier de l’année du concours.

Il s’agira tout d’abord de passer des épreuves écrites qui correspondent plus ou moins à des questions à choix multiples sur des sujets relatifs à la France, aux institutions et principes de la Ve république, aux actualités récentes, etc. En outre, vous devrez répondre à quelques questions dites de logique et rédiger un compte-rendu d’incident. Si vous réussissez ces épreuves, vous serez admis à la seconde étape qui consiste en la réalisation de tests psychotechniques, d’épreuves sportives et d’un entretien avec un psychologue et un jury.

La réussite de ce concours vous donne accès à la formation organisée par l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) située à Agen. Cette dernière dure 8 mois et elle est rémunérée 1 200 euros net par mois, sans compter les primes de stage éventuelles. Il s’agit d’une formation professionnalisante, qui alterne cours théoriques (droit, management, sciences humaines, etc.), cours pratiques — principalement des mises en situation —, et périodes de stage. Elle vise à faire acquérir aux élèves tous les savoir-faire et fondamentaux de la profession, pour qu’ils soient directement opérationnels lors de leur future intégration.

Quelles sont les missions d’un surveillant pénitentiaire ?

Le surveillant pénitentiaire, appelé également maton ou gardien de prison, est la personne habilitée à prendre en charge des prisonniers, par ailleurs confiés par les autorités judiciaires, dans le but d’en assurer la garde, mais aussi la surveillance à temps plein. Ce métier s’exerce en collaboration avec d’autres surveillants, eux-mêmes encadrés par un officier et un premier surveillant. Ainsi, les gardiens de prison sont quotidiennement au contact des détenus, et participent à ce titre à leur réinsertion.

Dès leur arrivée, les surveillants pénitentiaires se concertent pour fixer les tâches prioritaires à réaliser. Tous, sans exception, doivent faire preuve de rigueur et d’organisation compte tenu des risques inhérents à chaque déplacement : altercation entre détenus ou parfois entre prisonniers et gardiens de prison. C’est pourquoi les équipes communiquent et se coordonnent entre elles régulièrement.

Pour ce qui est des missions propres, elles sont variées, mais peuvent se définir en plusieurs points :

  • assurer les rondes de surveillance dans les locaux de la prison ;
  • assurer le contrôle des courriers, puis la distribution ;
  • accompagner les prisonniers au parloir ou vers les douches ;
  • assurer la surveillance et le bon déroulement des heures de promenade ou d’activités (sport, ateliers d’animation divers…) ;
  • assurer le bon déroulement des repas lorsque les prisonniers sont tous réunis ;

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De manière générale, le gardien de prison est un professionnel qui veille au respect des règles carcérales et des consignes de sécurité. À ce titre, il s’occupe également de l’ouverture et de la fermeture des cellules, de la réalisation de fouilles au corps, de faire respecter les temps de parloir, etc. En outre, il doit faire preuve d’une excellente capacité relationnelle et d’observation pour reconnaître le plus tôt possible les tentatives d’évasion, de mutinerie ou les situations de danger. Pour ce faire, une parfaite connaissance des prisonniers et de leurs habitudes est requise. Le surveillant pénitentiaire devra signaler les attitudes suspectes et les discussions entre prisonniers qu’il juge préjudiciables. Compte tenu des nombreuses tentatives de suicide au sein d’une prison, il devra également fouiller scrupuleusement les cellules pour y retirer tout objet considéré comme potentiellement dangereux.

Au-delà de l’aspect sécuritaire du métier, le surveillant pénitentiaire œuvre également à la réinsertion des prisonniers. Il est en effet en relation permanente avec d’autres services, comme le SPIP (services pénitentiaires d’insertion et de probation) et les assistantes sociales, juges et avocats, procureurs et conseillers d’orientation. À ce titre, il est le garant de la bonne santé physique, mais aussi psychologique des prisonniers en leur apportant une écoute attentive, un soutien permanent lors des ateliers ou dans le cadre des activités culturelles et sportives organisées. Ainsi, le surveillant doit être capable de développer un sens de l’écoute accru, tout en se montrant impartial.

Combien gagne un surveillant pénitentiaire ?

Lorsqu’ils sont en début de carrière, les surveillants pénitentiaires touchent un salaire de 1 540 euros net, sans compter les éventuelles primes et indemnités. Le salaire peut évoluer jusqu’à 2 170 euros nets en fin de carrière, selon les derniers chiffres communiqués en 2016. Toutefois, notez que ce sont des moyennes qui ne tiennent pas compte des évolutions possibles vers des postes d’encadrement, tels que celui de premier surveillant, major ou vers des postes de commandement tels que capitaine ou lieutenant.

Par la voie de la promotion interne, les surveillants peuvent donc avoir accès à des fonctions spécialisées leur attribuant un plan de carrière personnalisé. Pour plus de détails concernant les évolutions de carrière, nous vous conseillons de vous renseigner auprès de l’ENAP, qui met à disposition de tous une fiche métier qui vous détaille plus amplement les évolutions potentielles au sein de l’administration pénitentiaire.

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