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À quelques heures des élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026, la fédération France Victimes appelle à un renouveau de la politique locale d’aide aux victimes. L’organisation estime que les communes doivent jouer un rôle plus important dans l’accompagnement des personnes touchées par des infractions, alors que les besoins augmentent et que les moyens restent limités.
Chaque année en France, plus de 4,5 millions de plaintes sont déposées sur l’ensemble du territoire, métropolitain comme ultramarin. Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène : plus de 160 000 enfants sont victimes d’infractions à caractère sexuel, plus de 270 000 femmes dénoncent des violences au sein du couple, tandis que plus de 210 000 plaintes pour cambriolage et 125 000 vols de véhicules sont recensés chaque année.
Face à ces réalités, près d’un demi-million de victimes sont accompagnées par les associations du réseau France Victimes. Pourtant, selon la fédération, les moyens publics restent faibles : le financement national consacré à l’aide aux victimes représente en moyenne environ 11 euros par victime et par an.
Un maillage local jugé essentiel
Pour France Victimes, l’échelon communal constitue un levier essentiel pour améliorer la prise en charge. Les maires, souvent perçus comme les premiers protecteurs des habitants, disposent en effet de moyens d’action pour structurer une réponse locale : partenariats avec les associations, mobilisation des services municipaux ou encore soutien budgétaire.
Dans les territoires ruraux notamment, la proximité géographique des professionnels de l’aide aux victimes est considérée comme déterminante. Elle permettrait de favoriser la libération de la parole et de garantir un accompagnement accessible, gratuit et humain pour les personnes confrontées à des situations parfois traumatisantes.
La fédération souligne que l’augmentation des besoins fragilise aujourd’hui l’équilibre économique de nombreuses structures associatives. Selon elle, les collectivités locales peuvent contribuer à consolider ce réseau de proximité en soutenant les initiatives locales et en facilitant l’accès aux dispositifs d’accompagnement.
Des partenariats renforcés entre communes et associations
Dans ce contexte électoral, France Victimes appelle les futurs élus municipaux à inscrire l’aide aux victimes parmi les priorités de leur mandat. L’organisation plaide notamment pour la mise en place de partenariats renforcés entre les municipalités et les associations spécialisées.
Plusieurs pistes sont avancées : l’organisation de permanences dans les centres communaux d’action sociale ou les postes de police municipale, des actions de sensibilisation destinées aux agents municipaux pour mieux détecter et orienter les victimes, ou encore un soutien financier permettant aux associations de proposer un accompagnement pluridisciplinaire.
Ces structures assurent en effet des missions variées : accueil et écoute des victimes, information sur leurs droits, accompagnement juridique, psychologique et social, souvent en lien avec les juridictions et les services de l’État.
Un réseau associatif présent sur tout le territoire
La fédération France Victimes regroupe aujourd’hui 130 associations locales réparties sur l’ensemble du territoire. Au total, plus de 1 700 lieux d’accueil permettent d’assurer un accompagnement de proximité, mobilisant des professionnels formés à la prise en charge des victimes.
Les situations traitées concernent principalement les violences conjugales et intrafamiliales, les atteintes volontaires à la personne, les atteintes aux biens ou encore les accidents de la circulation.
Pour Jérôme Moreau, vice-président et porte-parole de la fédération, les collectivités locales ont un rôle clé à jouer dans ce dispositif :
« L’aide aux victimes repose sur un réseau associatif de proximité indispensable. Aujourd’hui, les besoins augmentent plus vite que les moyens. Les maires ont un rôle déterminant à jouer : en soutenant les associations d’aide aux victimes, ils font de leur commune un territoire plus protecteur et plus solidaire des personnes victimes en garantissant un accès effectif aux droits. »
À l’approche du scrutin municipal, France Victimes appelle donc à une mobilisation conjointe de l’État et des collectivités territoriales afin de consolider ce maillage territorial et d’assurer un accompagnement plus efficace des victimes sur l’ensemble du territoire.