Une nouvelle biographie de Bertrand Du Guesclin, le Dogue noir de Brocéliande, par François Labbé [Interview]

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Une nouvelle biographie de Bertrand Du Guesclin, le Dogue noir de Brocéliande, vient de paraitre. Elle est signée François Labbé. Cet ouvrage de 485 pages sur papier bouffant peut être directement commandé auprès de : [email protected] et sera expédié dès commande (règlement par PayPal ou par chèque – adresse indiquée lors de la commande – 18 euros exp. comprise) .

Cette nouvelle biographie de Bertrand Du Guesclin s’attarde particulièrement sur la première partie de sa vie. L’auteur s’attache à faire revivre l’enfance et la jeunesse de cet homme de petite extraction et de mauvais caractère, qui ne rêve que plaies et bosses en attendant de mettre ses qualités de combattant et sa loyauté innée au service de sa suzeraine, Jeanne de Penthièvre. Bertrand accède ensuite à la chevalerie, dont il rêve, et gravit alors, pendant cette épouvantable guerre de succession de Bretagne, grâce à son courage et à son sens du combat, tous les échelons de la renommée, devenant capitaine général, puis grand d’Espagne, quasiment roi de Grenade, connétable de Castille et enfin connétable de France.

Une ombre sans doute à ce tableau : Bertrand Du Guesclin n’a jamais été que le bras séculier de puissances qui le dépassent. Il n’est pas une tête politique. Lorsqu’il est au sommet de sa gloire, certains membres de la haute aristocratie bretonne ne manquent pas de marquer un certain dédain pour ce chevalier de basse extraction au service du roi de France, au nom de leurs libertés de grands feudataires, libertés qu’ils qualifient pudiquement – comme leurs descendants – de « libertés bretonnes », mais qui ne sont en réalité que leurs privilèges.

François Labbé, né à Dinan,  est docteur en littérature et agrégé de lettres. Il a enseigné en lycée puis dans les universités de Münster, Mulhouse et Nouméa… Après avoir dirigé l’action culturelle dans l’Académie de Strasbourg (Haut-Rhin), il a été en charge plusieurs années du lycée international franco-allemand de Fribourg  Il a publié de nombreux articles de recherches et  plus de vingt ouvrages (roman, études littéraires, essais, poésie… Voir sur le site de l’Harmattan pour le detail) et  habite une partie de l’année à Carantec.

« Enfant, j’étais fasciné par la statue de cet homme puissant sur son fougueux destrier. Son image ne m’a jamais quitté de toute une vie, mais ce n’est que depuis quelques années que je me suis intéressé à Du Guesclin, sans songer d’abord à écrire une biographie. En effet, quand on regarde la bibliographie se rapportant au Connétable, on est frappé par le nombre vertigineux d’ouvrages se rapportant à lui, et cette profusion est plutôt décourageante. J’ai donc d’abord exploré cette période, que je connais mal, car je suis en fait dixhuitiémiste. Et puis, de recherche en recherche, j’ai eu envie de donner vie à ce que je croyais avoir découvert. Contrairement à ce que l’on pense, il existe des quantités de documents sur le moyen-âge et des chercheurs comme Michael Jones ont publié quantité de documents se rapportant à Bertrand, document qui permettent vraiment de revivre l’époque » nous explique-t-il, au cours d’une interview qu’il nous a accordé.

Breizh-info.com : Quel personnage était-il ? Pourquoi ce surnom de dogue noir de Brocéliande ?

François Labbé : Qui était Bertrand ? Je répondrai d’abord : lisez le livre et vous le saurez un peu ; un peu, car en moins de 500 pages, raconter une existence comme la sienne est une gageure ! Ensuite, pour être bref, disons qu’il était courageux et avait le sens inné du combat. Il était d’une grande loyauté, respectueux avant tout de sa suzeraine Jeanne : un vassal parfait. Il était aussi un homme très exigeant sur ses droits et sur ceux de ses hommes, n’hésitant pas par exemple à effectuer une chevauchée de plus de 3000 km pour réclamer du roi le paiement de la solde promise à ses hommes ! Enfin, en tant que chef de guerre, il était ce que nous appellerions un « pragmatique », n’hésitant pas à retourner un adversaire – même en l’achetant –  pour en faire un allié, surtout si cet adversaire est de valeur et que son « retournement » permet d’économiser des hommes (moins d’ailleurs par bonté d’âme que par calcul de chef de guerre !)

Son surnom lui aurait été attribué par les Anglais alors qu’il occupait la région correspondant à l’ancienne Brocéliande (bien plus étendue que l’actuelle° !).

Breizh-info.com : On le qualifie volontiers de traitre à la Bretagne. Etait-ce le cas ?

François Labbé : La fameuse question de la traîtrise n’a que peu de sens. En effet, à l’époque où Bertrand vivait, les liens d’homme à homme étaient plus importants que quoi que ce soit d’autre. Il dépendait de Jeanne de Penthièvre, l’épouse de Charles de Blois, prétendant à la couronne ducale et champion du roi de France. Il lui était difficile de faire un autre choix. Ensuite son engagement au service du roi de France (qui se fait toujours dans la même perspective) vise en premier lieu à battre son véritable ennemi : l’Anglais. Il ne faut pas non plus oublier que la grande noblesse bretonne, qui tient à ses « libertés » (libertés que ne partagent guère les populations bretonnes, le peuple), considère assez vite avec condescendance ce chevalier de basse extraction ! Mais encore une fois, voyez le livre, il y a là-dessus quelques passages éclairants. J’ajouterais tout de même que la plupart de ses compagnons étaient bretons ! Vers la fin de sa vie, il se pose d’ailleurs beaucoup de questions.

Breizh-info.com : Sur quelles parties de sa vie vous attardez vous plus spécifiquement ?

François Labbé : J’ai essayé de donner un tableau le plus complet possible, en évitant tout ce qui est « hagiographique », en m’en tenant aux faits. Ma seule véritable liberté a été de donner parfois la parole aux protagonistes, en imaginant des dialogues pour alléger un récit qui serait fastidieux autrement. De même, lorsque j’étais arrivé à 700 pages, j’ai pris conscience que c’était là un monstre et qu’il fallait raccourcir. J’ai donc eu recours à plusieurs subterfuges : un narrateur extérieur raconte l’enfance et la jeunesse de Bertrand ; un second narrateur le suit au cours de presque toute sa vie, et ses compagnons, ramenant son corps vers Saint-Denis, se souviennent de ses derniers exploits en Espagne, de ses hantises en Bretagne, de sa mort… Ce dialogue des compagnons m’a permis d’économiser environ 200 pages. Gentil pour le lecteur, non ?

Breizh-info.com : Comment expliquez vous l’absence de Du Guesclin, notamment au cinéma ?

François Labbé : Il y a eu le film de Bernard de Latour tourné en 1948-49 avec Fernand Gravey. On sortait de la guerre, il fallait rappeler que la France ne manquait pas de héros…  Si Du Guesclin n’a pas attiré beaucoup (moins que Robin des Bois ou d’autres personnages du moyen-âge), c’est probablement dû à une vie intense et exceptionnelle. Cet homme a passé plus de la moitié de sa vie sur son cheval. Il a pris ou assiégé des centaines de places fortes ou de villes…. Et puis l’histoire France-Angleterre en 1300 et 1400 est d’une complexité telle qu’il est difficile d’en tirer une narration simplement linéaire… Mais bon, avec ce livre, qui sait… 

Crédit photos : DR
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