Daniel Friberg (éditions Arktos) : « Plus les mondialistes avanceront, plus la résistance sera forte » [Interview]

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Dans le monde anglophone, une maison d’édition fait son chemin dans la diffusion des idées identitaires, et plus globalement des idées de la Nouvelle Droite et des résistants au mondialisme : il s’agit d’Arktos, à qui l’on doit notamment la traduction en anglais de livres d’Alain de Benoist, ou encore de Guillaume Faye, permettant ainsi de toucher un public non francophone.

Derrière cette maison d’édition, qui a le soucis de l’esthétisme, en plus du soucis de la qualité des ouvrages traduits ou édités (un livre est une arme), on retrouve Daniel Friberg, son co-fondateur. Ce dernier, qui vit en Suède, a répondu à nos questions, sur sa maison d’édition, mais aussi sur sa vision de l’Europe, de l’Occident, et sur les menaces qui pèsent aujourd’hui sur notre continent. Un entretien qui amène un vent de fraicheur venu du nord de l’Europe !

Pour les anglophones (et ceux qui veulent se mettre à la langue de Shakespeare) n’hésitez pas à vous rendre sur le site des éditions Arktos et à y commander des ouvrages qui ne sont pas traduits en Français et qui sont pourtant des pépites.

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Daniel Friberg le jour de son mariage

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter, vous et votre maison d’édition ?

Daniel Friberg (Arktos) : J’ai 41 ans, je suis un identitaire suédois de 41 ans, militant de droite depuis 25 ans, et le PDG et co-fondateur d’Arktos Media Ltd. J’ai une expérience professionnelle en tant qu’économiste de la School of Business, Economics and Law de l’Université de Göteborg et j’ai mené des recherches sur le Gothenburg Maritime Cluster, travaillé sur les fusions et acquisitions, l’évaluation des entreprises, en tant que CFO, consultant en gestion, analyste commercial et CEO dans le secteur minier suédois. Je suis également l’auteur de The Real Right Returns (Arktos, 2015), et de son édition française Le retour de la vraie Droite (Arktos, 2017).

Arktos a été fondée en 2009, et travaille depuis lors, fidèle à sa devise, à « mondialiser l’anti-globalisme ». Nous publions de la littérature, fiction et non-fiction, qui aborde les problèmes causés par le libéralisme, le capitalisme et la mondialisation et qui affronte avec audace les vrais problèmes de notre temps, sans céder aux attentes de nos politiciens corrompus ni à la timidité de notre classe intellectuelle complice. Nos auteurs s’intéressent davantage à la vérité qu’au politiquement correct, mais surtout, ils proposent des solutions concrètes aux problèmes sans précédent auxquels nous sommes confrontés.

Breizh-info.com : Pouvez-vous nous présenter les livres les plus importants que vous avez publiés récemment et pourquoi ?

Daniel Friberg (Arktos) : Notre plus grand titre récent est la traduction anglaise du dernier livre achevé par Guillaume Faye avant son décès en mars dernier, Ethnic Apocalypse : La guerre civile européenne à venir. Ce livre est important non seulement parce qu’il est l’aboutissement de l’une des carrières les plus passionnantes et les plus novatrices de tous les penseurs contemporains, mais aussi parce qu’il analyse sobrement le terrible danger qui guette l’Europe du fait de ses politiques d’immigration ouvertes.

Une autre publication récente qui a attiré à juste titre beaucoup d’attention est Race Differences in Ethnocentrism d’Edward Dutton, qui jette un regard scientifique sur les causes ethniques de l’ouverture sans précédent de l’Europe occidentale aux cultures étrangères et aux flux migratoires. Le Dr Dutton analyse les plus importantes recherches récentes sur l’ethnocentrisme, c’est-à-dire la mesure dans laquelle une ethnie donnée est ouverte ou fermée aux influences étrangères ou aux immigrants, et tente de comprendre la crise des migrants en Europe à travers cette optique.

Nous avons récemment terminé l’un de nos projets les plus ambitieux, notre traduction de View from the Right (Vu de droite), le livre phare d’Alain de Benoist, qui est une revue à couper le souffle du paysage intellectuel de notre temps à travers les enjeux, les intellectuels, les événements et les idées qui ont défini le siècle dernier.

 Notre rédacteur en chef, John Bruce Leonard, a récemment publié son premier livre – un livre qui contribue au travail philosophique et métapolitique actuel de la Nouvelle Droite en jetant un regard critique sur les fondements de la période moderne, ainsi que sur l’effort actuel de la Nouvelle droite pour les remplacer.

Breizh-info.com : Vous êtes considéré comme l’un des éditeurs de la droite alternative les plus importants au monde. Combien de livres vendez-vous, pour vos best-sellers ?

Daniel Friberg (Arktos) :  Pour diverses raisons, nous gardons nos chiffres de vente confidentiels, mais il est certain que l’intérêt pour nos livres a augmenté au cours des dernières années. Compte tenu de la trajectoire politique de l’Occident d’aujourd’hui, ainsi que des problèmes auxquels nous sommes confrontés et qui ont plus que jamais besoin d’approches vraiment nouvelles de la part de penseurs qui n’ont pas peur de transgresser les dogmes du libéralisme, du néolibéralisme et de l’égalitarisme, il est à espérer que cette croissance va continuer.

Breizh-info.com : Pourquoi avez-vous décidé de traduire en anglais des auteurs comme Alain de Benoist et Guillaume Faye ?

Daniel Friberg (Arktos) : J’ai découvert la Nouvelle Droite Française quand j’étais jeune et j’ai tout de suite réalisé à quel point son travail était innovant, significatif et d’une grande portée. Une grande partie de la droite dissidente de l’époque était passionnée et dévouée, mais elle manquait souvent de cohérence et de substance intellectuelle réelle, ce qui en limitait la portée et en faisait une cible facile pour les critiques du courant dominant. De Benoist et Faye, parmi d’autres penseurs de la Nouvelle Droite, ont évidemment apporté une substance intellectuelle. Bien sûr, ils n’étaient pas seuls dans cette situation ; il y avait des intellectuels semblables à eux dans tous les pays occidentaux. Ce qu’eux et les autres penseurs du GRECE avaient réussi à faire, ce qui à l’époque leur était à peu près unique, c’était d’établir une communauté intellectuelle de droite de taille et d’influence, une sorte d’école qui, malgré ses propres divergences internes, pourrait servir de point central pour le développement et la recherche future.

Leur travail était bien sûr écrit en français et était inaccessible à une grande partie du monde anglophone. J’ai vu combien il était important d’apporter, ces oeuvres et ces pensées aux anglophones. J’espérais que la traduction de ces œuvres ouvrirait de nouveaux horizons à travers l’Occident pour la discussion, la recherche et l’action, et fournirait à la droite un point de référence solide, parallèle à celui que la gauche a produit avec l’école de Francfort.

Je suis heureux de voir que cela a effectivement donné à la droite dissidente non seulement une plus grande cohésion, mais a également ouvert la porte à de nouvelles générations de penseurs et d’activistes passionnants et originaux, dont beaucoup ont eu l’honneur d’être édités chez Arktos.

Breizh-info.com : Edward Dutton, Pentti Linkola…. Beaucoup d’auteurs américains, ou européens non francophones ne sont pas traduits en français. Comment cela peut-il changer à l’avenir ?

Daniel Friberg (Arktos) : Plus il y a de lecteurs pour des auteurs non conventionnels comme ceux-ci,, plus il devient facile de leur trouver des traducteurs dans des pays non anglophones comme la France. Nous sommes au début, et non à la fin, de l’intérêt croissant pour les idées alternatives. Comme de plus en plus de gens prennent ces idées au sérieux et en discutent publiquement – en France et à l’étranger – d’autres possibilités s’ouvriront pour amener ces œuvres sur de nouveaux marchés et de nouveaux lecteurs.

Arktos publie actuellement en plusieurs langues. C’est une fierté d’être l’un des pionniers dans ce domaine, dans de nombreuses nations européennes. Nous avons l’intention de poursuivre cette expansion dans d’autres pays également, dont la France.

Breizh-info.com : Comment percevez vous la question de l’immigration en Europe et aux Etats-Unis ?

Daniel Friberg (Arktos) : L’Europe et les États-Unis sont tous deux confrontés à d’énormes défis liés à l’immigration ; leurs situations respectives sont, d’une certaine manière, identiques et, d’une certaine manière, différentes. Les deux continents ont été dupés par des idéalistes ingénus et des politiciens malveillants, des mondialistes et des ploutocrates qui les ont amenés à accepter des flux migratoires insoutenables en provenance de pays non occidentaux, et ils ont déjà commencé à en payer le prix en terme de troubles politiques, en charges ingérables pour les systèmes sociaux, en hausse des taux de criminalité et en déclin général de la cohésion sociale.

Le principal défi auquel sont confrontés les États-Unis est d’ordre démographique ; d’ici une vingtaine d’années, si ce n’est plus tôt, les Américains blancs seront minoritaires dans leur propre pays, ce qui aura des conséquences incalculables pour la nation à tous les niveaux, du social au légal et au politique.

Les immigrants et la plupart des groupes minoritaires votent massivement pour les démocrates aux États-Unis. Le pays est déjà limité à toutes fins pratiques à un choix restrictif entre deux partis ; une fois que cette révolution démographique aura eu lieu, il n’y aura plus assez de voix pour soutenir le Parti républicain, et si les conservateurs veulent rivaliser, ils devront commencer à adopter des politiques démocratiques. Cela signifie qu’il n’y aura vraiment qu’un seul choix politique dans la politique américaine – une sorte de dictature démocratique informelle, avec des élections truquées et des politiciens fantoches qui se consacreront de plus en plus à la défense des intérêts des minorités et des immigrants au détriment des Américains traditionnels. Cette tendance pourrait facilement rendre les États-Unis totalement méconnaissables de notre vivant. Et personne ne doit oublier que des changements radicaux aux États-Unis, qui est actuellement la superpuissance mondiale majeure, auront des ramifications imprévisibles pour l’Europe et pour le monde entier.

En Europe, par contre, la majorité des migrants viennent d’Afrique et du Moyen-Orient, et la plupart d’entre eux sont musulmans. Ils forment très rapidement des sous-communautés isolées, en particulier dans les zones urbaines, qui sont des foyers de radicalisation. On pourrait dire qu’aux États-Unis, le plus gros problème est la diffusion de l’immigration, mais en Europe, c’est la concentration de l’immigration qui pourrait avoir de graves conséquences. Dans de nombreuses capitales européennes, il ne faut presque rien pour que l’étincelle s’allume et que se déclenche une violence entre communautés. Et plus ces communautés sont enracinées et nombreuses, plus cette violence peut se propager facilement à des quartiers, des villes ou même à des pays entiers.

C’est le danger dont Guillaume Faye parle dans son dernier livre. De plus, la présence d’une population musulmane aussi importante va commencer à avoir une influence en matière électorale. Dans des capitales européennes comme Londres et Paris, les musulmans voteront massivement pour des candidats musulmans ; à mesure que leur nombre augmente, la possibilité qu’ils commencent à acquérir du pouvoir politique par des processus soi-disant démocratiques, en introduisant des politiques islamiques dans les législatures ou gouvernements européens, augmente aussi. Et ce n’est là que le côté « légal » de la médaille ; je n’ai même pas abordé le fait que ces communautés ont tendance à former leurs propres mini-États non autorisés, ce qui conduit à l’établissement de la charia, à la formation de gangs, au crime organisé, etc.

Néanmoins, certains signes encourageants ont été observés, qui témoignent d’une réaction de la population face à ces phénomènes. Exemple avec la montée en puissance de Trump aux Etats-Unis, de Viktor Orbán en Hongrie et de Matteo Salvini en Italie. Nous avons besoin de beaucoup plus, mais il y a des signes que les gens se réveillent, et des politiciens comme ceux cités plus haut constituent un pas dans la bonne direction – un pas assez important, espérons-le, pour commencer à stopper l’immigration massive, réduire la menace du terrorisme et de la violence et ramener nos pays à un état normal.

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Breizh-info.com : Justement, comment analysez vous la montée des  « populismes » en Europe ?

Daniel Friberg (Arktos) : En premier lieu, le terme « populisme » est souvent utilisé pour dénigrer des candidats, des partis ou même des propositions parfaitement légitimes – comme le Brexit – que les politiciens de l’establishment détestent – et cela inclut bien sûr l’opposition à l’immigration. Les politiques d’ouverture des frontières sont largement impopulaires dans les pays occidentaux et en particulier dans les zones rurales, de sorte que pour notre élite hostile, elles doivent évidemment être « populistes ». Il faut aussi reconnaître que le « populisme » en soi est un terme assez vide, puisqu’il peut s’appliquer autant aux candidats de gauche qu’aux candidats de droite, et je pense donc que nous devons être plus précis.

Nous avons assisté récemment à la montée de partis de droite, plus authentiquement conservateurs et traditionalistes, qui s’opposent ouvertement au mondialisme et à l’immigration de masse. Il s’agit d’une réponse prévisible et bienvenue aux transformations stupéfiantes que nos nations ont subies en très peu de temps, qui affectent négativement les populations ethniquement européennes des nations occidentales et qui travaillent presque toujours à briser leurs traditions. Plus les mondialistes avanceront, plus la résistance sera forte.

Le monde occidental jouit d’un état de paix intérieure depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui a conduit à une grande complaisance de la part des Occidentaux. Jusqu’à récemment, on avait tendance à croire en la « fin de l’histoire » – l’arrivée de l’ordre politique définitif et la promesse d’un progrès économique et social sans fin à partir de maintenant. Nous apprenons actuellement que l’histoire n’est pas terminée et que l’idéologie du progrès peut tout aussi bien conduire à la pauvreté, à la violence, à la guerre et à l’esclavage qu’à une sorte de paradis mondial.

Si nous ne nous rappelons pas nos devoirs, si nous ne réaffirmons pas nos traditions et nos fondements ethniques, si nous ne reprenons pas le contrôle politique et social d’une situation qui dégénère rapidement et dangereusement, le monde « progressiste » que nous laissons à nos enfants et petits-enfants pourrait être vraiment un cauchemar. Le populisme n’est qu’un autre mot pour désigner cette prise de conscience qui grandit dans les pays occidentaux.

Propos recueillis par YV

Crédit photos : DR
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