« Révolution », la bande dessinée qui dévoile le rôle des députés bretons en 1789.

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Curieusement, il n’existait auparavant aucune grande bande dessinée sur la Révolution française. Une trilogie de plus de 1000 pages entreprend de dénoncer les idées reçues sur cette période en se mettant au niveau du peuple.

En avril 1789, Abel Le Goazre de Kervélégan, noble breton, rend visite à son frère jumeau Augustin. Celui-ci, député de Quimper représentant le tiers état, fait partie du club breton. Ce groupe de députés de Bretagne aux États généraux deviendra le célèbre club des jacobins. Abel découvre cette Assemblée, à l’époque située à Versailles. Il assiste ainsi aux États généraux mais s’ennuie en écoutant les discours des orateurs, comme Mirabeau. Il découvre que les décisions de l’Assemblée de Versailles n’ont que peu d’effets sur la situation du peuple, notamment la flambée des cours du pain.

Marie, maigrichonne petite fille à l’œil crevé, se retrouve faubourg Saint-Antoine, dans la manufacture de papiers peints. Son directeur, Réveillon, propose de baisser le salaire des ouvriers. Ces derniers se rebellent. Le 28 avril, la police réprime sévèrement cette émeute. C’est le début des événements révolutionnaires. Lorsque le 11 juillet le peuple apprend le renvoi du Contrôleur des Finances Necker, qui ne voulait pas aggraver la pression fiscale, et l’encerclement de Paris par des troupes suisses et allemandes, il se révolte. Les troupes royales chargent le peuple dans le Jardin des Tuileries, le 12 juillet. Le peuple veut se procurer des armes aux Invalides, puis des munitions et de la poudre à la Bastille. Les Sans-Culottes parisiens sont à la manœuvre…

Témoin de ces évènements, Jérôme Laigret, pamphlétaire sans succès, conservateur dénonçant les idées révolutionnaires, se rend compte que le roi est dépassé par les événements. Pourfendeur des députés du tiers état, des philosophes des Lumières et des francs-maçons, il va tenter de sauver la monarchie…

Les scénaristes-dessinateurs Florent Grouazel et Younn Locard, pour raconter en plus de mille pages la Révolution française, se focalisent ainsi sur la vie du peuple. Certes, on croise

Saint-Just, Marat, Lafayette, Robespierre et Louis XVI. Mais les protagonistes sont des personnages fictifs. Si Abel Le Goazre de Kervélégan est un breton imaginaire, son frère Augustin est bien réel. Franc-maçon de Quimper, celui avait écrit en 1788 les Réflexions d’un philosophe breton sur les affaires présentes, ouvrage violemment hostile à la noblesse et au clergé. Les personnages les plus marquants sont ainsi les frères jumeaux bretons, la gamine des rues ainsi qu’un journaliste pamphlétaire. Celui-ci, qui tente de sauver la Monarchie, reçoit dans cette bande dessinée les traits d’Eric Zemmour !

Prenant la défense du peuple, ce scénario critique le comportement d’une partie de la noblesse qui ne pense qu’à conserver son statut. Mais il dénonce également les idées utopistes des révolutionnaires. Abel critique ainsi les députés qui « s’imaginent le plus sérieusement du monde pouvoir promulguer le bonheur universel ! Et le pire, c’est qu’ils ont contaminé tout le monde avec leurs conneries ».

Florent Grouazel et Younn Locard, qui se sont connus au lycée à Lorient, ont mis cinq ans à faire ce premier tome, qui couvre les mois d’avril à octobre 1789. On découvre que le peuple parisien, obsédé par le coût du grain, s’intéresse peu aux discours progressistes. Cette foule devient rapidement sanguinaire. La prise de la Bastille est suivie, sur deux pages, de la décapitation du gouverneur Launay au couteau de boucher !

Kristol Séhec 

Révolution T1 Liberté. 328 pages, 26 euros. Actes Sud / L’An 2.

Illustrations : DR
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