Pologne. À trois mois des législatives, l’opposition polonaise divisée et en manque de crédibilité

A LA UNE

Jean-Yves Le Gallou : « Une candidature Zemmour pulvériserait le front républicain » [Interview]

Les Bobards d'Or, traditionnelle cérémonie de la fondation Polémia qui récompense les médias de grand chemin, se sont déroulés...

Gens du voyage. Des occupations illégales de terrains qui exaspèrent maires et propriétaires

Phénomène récurrent en France, les occupations illégales de terrains par des gens du voyage, nombreuses ces derniers jours, exaspèrent...

Cyclisme. Tour de France 2021. Le parcours détaillé étape par étape [Analyse]

Le Tour de France 2021 se rapproche à grands pas. Après vous avoir présenté les 4 étapes bretonnes dans...

Alain de Benoist : « Mieux cerner la personne du Jésus de l’histoire et l’état actuel de la recherche » [Interview]

Alain de Benoist vient de sortir L'homme qui n'avait pas de père. Le dossier Jésus, livre enquête sur Jésus,...

Eric Léost : « La richesse du Patrimoine breton témoigne de temps anciens radieux » [Interview]

« Glad Breizh-Le Patrimoine breton » est une nouvelle revue (deux numéros sortis à ce jour) qui se consacre,...

Le parti Droit et Justice (PiS) se mettrait presque à rêver d’une majorité constitutionnelle. Est-ce possible en Pologne, avec le scrutin à la proportionnelle ? La méthode d’Hondt, utilisée pour le calcul des sièges attribués à la Diète, donne certes un avantage au vainqueur au moment de la redistribution des voix des partis et coalitions n’ayant pas atteint le seuil pour entrer au parlement, qui est de 5 % pour les partis et de 8 % pour les coalitions électorales. C’est comme cela que la Droite unie, c’est-à-dire le PiS et deux petits partis alliés, ont pu à l’automne 2015, avec 37,5 % des votes, obtenir la majorité absolue.

En effet, la coalition Gauche unie, l’extrême gauche et la droite libérale-conservatrice lui ont donné un important réservoir de voix à redistribuer faute d’avoir atteint le seuil fatidique. Pour les prochaines législatives, qui auront très probablement lieu en octobre (la date exacte n’est pas encore fixée), la Coalition européenne gaucho-libérale des européennes a éclaté en trois coalitions électorales, et si deux de ces trois blocs n’atteignent pas le seuil requis, alors une majorité constitutionnelle pourrait être à portée de main, et c’est aujourd’hui cela la vraie question. Car après la très nette victoire du PiS aux élections européennes du 26 mai, peu de commentateurs doutent encore que sa majorité absolue actuelle sera reconduite.

Un sondage publié par le quotidien Rzeczpospolita le 17 juillet donnait toutefois le PiS à un siège de la majorité absolue en cas de reconduction de la Coalition européenne, avec 42,7 % des voix pour le PiS, 38,5 % pour la Coalition européenne et 8 % (juste au niveau du seuil) pour une éventuelle coalition du parti LGBT Wiosna (Printemps) et du parti d’extrême gauche Lewica Razem. En revanche, avec une opposition divisée, ce même sondage donnait 43 % des voix au PiS et les pourcentages suivants aux partis qui étaient membres de cette Coalition européenne : 26,1 % à la Plateforme civique (PO, le parti libéral dont est issu Donald Tusk), 5,9 % au SLD post-communiste, 4,4 % au parti agraire PSL et 4,2 % à Wiosna.

Pour le PSL, à l’électorat rural plutôt conservateur et majoritairement catholique, la décision de créer une Coalition polonaise de centre-droit,supposément d’inspiration chrétienne-démocrate, avait été prise juste après la défaite du 26 mai, pour tenter de récupérer les électeurs traditionnels de ce parti qui n’avaient pas apprécié le virage progressiste-libertaire, anticlérical et ouvertement pro-LGBT infligé à la Coalition européenne par la gauche, avec l’assentiment des libéraux de la Plateforme civique, et avaient préféré voter pour le PiS. Restait encore à savoir si la PO anciennement chrétienne-démocrate et issue de l’aile gauche de l’ancien syndicat Solidarność resterait avec les sociaux-démocrates post-communistes du SLD. Au niveau de la base et chez les élus locaux de la PO, c’est une alliance qui n’était pas du goût de tous. Ce sont donc finalement les libéraux qui ont pris la décision le 17 juillet : ils ne reconduiront pas leur alliance avec les post-communistes.

Il y aura donc trois blocs d’opposition concurrents face au PiS à l’automne :

– Le plus important, celui formé par la Plateforme civique et le parti-libéral-libertaire Nowoczesna ainsi qu’un mouvement féministe pro-avortement, revient à l’étiquette de Coalition civique (KO) qui avait relativement bien fonctionné pour les élections régionales et municipales de l’automne dernier, et confirme son inclinaison progressiste en proposant notamment d’introduire les unions civiles pour les homosexuels. La PO n’a d’ailleurs plus vraiment le choix, même si cette évolution est pain béni pour le PiS de Jarosław Kaczyński qui attire ainsi à lui l’électorat modéré de centre-droit alors que les nationalistes, libéraux-conservateurs et catholiques pro-vie sur sa droite restent trop faibles pour l’inquiéter. En effet, à défaut d’avoir un leader charismatique en la personne du très terne et maladroit Grzegorz Schetyna, qui a prouvé qu’il était capable de dire une chose et son contraire d’un jour à l’autre (par exemple sur la question des unions civiles), les principaux visages de la PO dans les médias aujourd’hui sont les maires de Gdańsk et Varsovie avec leurs « chartes LGBT » et leur propension à se comporter en opposition « totale » face au pouvoir central.

– À droite de la KO, la Coalition polonaise du PSL dont la crédibilité a beaucoup souffert de l’appartenance à la Coalition européenne. Tant que son leader Władysław Kosiniak-Kamysz restera à la tête du PSL, il sera difficile pour ce parti de faire croire qu’il est à nouveau conservateur et attaché aux valeurs chrétiennes.Le PSL est en discussion avec le parti national-conservateur Kukiz’15, mais avant d’envisager de s’allier au PSL, Paweł Kukiz, le leader de Kukiz’15, avait comparé ce parti à un « groupe mafieux ».

– À gauche de la KO, une coalition d’extrême gauche rassemblant les post-communistes du SLD et les militants LGBT de Wiosna ainsi que le parti d’extrême gauche Lewica Razem dont le leader affirmait il y a peu de temps encore que le SLD ne pouvait pas se prétendre de gauche et faisait partie du même Establishment néo-libéral que la PO et le PiS.

Olivier Bault, via Visegrad Post

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Vidéo. Euro 2021 : Un militant Greenpeace débarque sur la pelouse de France-Allemagne en ULM

Il a fait son apparition en ULM dans le ciel de l'Allianz Arena de Munich (Allemagne) avec l'inscription "Kick...

Euro 2021. Les résumés d’Allemagne-France et de Hongrie-Portugal

On jouait les derniers matchs de la première journée, ce 15 juin. Voici les résumés d'Allemagne-France et de Hongrie-Portugal L'équipe...

Articles liés

Jean-Yves Le Gallou : « Une candidature Zemmour pulvériserait le front républicain » [Interview]

Les Bobards d'Or, traditionnelle cérémonie de la fondation Polémia qui récompense les médias de grand chemin, se sont déroulés lundi 14 juin 2021 à...

Pays de Galles. Les travaillistes remportent 30 sièges et une majorité au Parlement gallois. Echec pour le Plaid Cymru

A l'occasion des élections du moi de mai 2021 au Royaume-Uni, concernant le Pays de Galles, les travaillistes ont remporté 30 sièges au Parlement...

Elections au Royaume-Uni. Les résultats en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles [MAJ]

Après la fermeture des bureaux de vote pour les élections locales en Grande-Bretagne, jeudi soir, le long dépouillement a commencé. Les résultats définitifs ne...

Super Thursday. On vote ce jeudi en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles lors d’élections cruciales

Le Royaume-Uni vote ce jeudi 6 mai. Tout le Royaume-Uni ? Non, car l'Irlande du Nord ne participe pas à ce « super Thursday...