Braderie de Lille : quand l’événement populaire vire au souk

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La célèbre braderie de Lille avait lieu les 31 août et 1er septembre. Si elle reste dans l’imaginaire collectif comme l’un des symboles du Nord, avec des commerçants chaleureux et de bons repas à base de moules et de bières, l’envers du décor n’est pas aussi idyllique… et a un accent venu d’Afrique.

Un engouement qui ne faiblit pas

La braderie de Lille trouve ses origines au XIIe siècle sous le nom de « Foire de Lille ». Si celle-ci a logiquement évolué à travers le temps, il n’est donc pas incongru de la qualifier d’institution.

Dans une France ou tout ou presque est centralisé en région parisienne, l’événement détonne et se démarque. Il attire près de deux millions de visiteurs chaque année, en provenance de tout le pays mais aussi de l’étranger.

La bière et les moules sont comme prévu la base de la plupart des repas, bien que beaucoup oublient les fruits de mer pour se concentrer sur la boisson, finissant ivres morts dans la rue de Solférino – la rue de la soif locale – ou en cellule de dégrisement. D’autres passent par la case « hôpital » en raison d’un coma éthylique. Le samedi soir, les sirènes des ambulances résonnent presque sans interruption.

Cette année, les secours sont intervenus 573 fois en deux jours, avec 159 hospitalisations à la clé. Les malaises dus à la chaleur ou à la foule sont également pris en compte dans ces chiffres.

Il y aurait pu avoir plus de problèmes encore si les services sanitaires n’avaient pas intercepté et détruit un stock de 2 tonnes de moules et 300 kilos de frites qui avait été transporté sans respect des températures.

La braderie de Lille est-elle devenue le souk de Lille ?

Depuis une dizaine d’années, la braderie de Lille a connu des difficultés auxquelles les organisateurs ont tenté de répondre tant bien que mal. Les marchands ambulants ou les vendeurs de « t-shirts de rap » prospéraient un peu plus à chaque édition tandis que la braderie 2016 avait tout bonnement été annulée en raison de la menace terroriste et qu’un périmètre de sécurité avait été instauré en 2017. Rappelons que les communes voisines de Roubaix et Tourcoing sont des nids à islamistes.

2019 devait être l’édition du renouveau et c’est ainsi qu’elle sera jugée par les observateurs les plus naïfs.

Pourtant, parmi les antiquaires et autres commerçants placés autour de la Citadelle, l’un des secteurs jouissant de la meilleure réputation, les plus nombreux ne sont pas des Flamands grands et blonds mais les Africains. Grosso modo, l’on peut trouver ces derniers tous les vingt ou trente mètres. Ils vendent statuettes et masques africains sans se soucier de décalage de style avec leurs voisins. Certains d’entre eux sont même habillés en tenue traditionnelle, non pas en « boubou » mais en tenue de bédouin.

Les tenues traditionnelles musulmanes sont légions dans les rues, Lille étant devenu l’un des fiefs de l’islam en France, ce que ne contredira pas Martine Aubry.

Le maire de Lille a d’ailleurs profité de la braderie pour se montrer à quelques mois des élections municipales. En froid avec Emmanuel Macron, elle a toutefois été contrainte de soutenir les militants de LREM dont le stand a été pris pour cible.

La délinquance fait partie du quotidien des Lillois et il n’y a pas de trêve à l’occasion de la braderie. 3 000 hommes étaient mobilisés pour assurer la sécurité des visiteurs cette année (police, armée, gendarmerie…). 119 interventions policières ont débouché sur 86 interpellations et 17 gardes à vue.

Des chiffres en hausse par rapport à 2018…

Crédit photos : DR
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