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La Cour suprême espagnole a condamné lundi neuf les douze Catalans jugés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017 à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds publics.
La Catalogne paie sa volonté de liberté au prix fort
Au total, ce sont 99 années et six mois de prison qui ont été infligées aux leaders nationalistes catalans par la justice espagnole lundi 14 octobre à Madrid.
Des peines inférieures à celles réclamées par le parquet qui avait requis jusqu’à 25 ans de prison dans le cas de l’ancien vice-président du gouvernement de Catalogne Oriol Junqueras mais qui n’en demeurent pas moins brutales ! Trois autres personnes ont été condamnés à des amendes.
Dans le détail, les condamnations sont les suivantes :
- Oriol Junqueras, 50 ans, est condamné à 13 ans de prison et d’inéligibilité, pour « sédition (et) détournement de fonds publics ». Il est par ailleurs le dirigeant du parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Il fut également chargé par Carles Puigdemont de préparer le référendum interdit du 1er octobre 2017.
- Trois anciens ministres catalans – Jordi Turull, Raül Romeva, Dolors Bassa – sont condamnés à 12 ans de prison et d’inéligibilité pour sédition et détournement de fonds publics.
- Deux autres ministres – Josep Rull, Joaquim Forn – sont condamnés à 10 ans et demi de prison et d’inéligibilité pour sédition.
- La Cour a infligé 11 ans et six mois d’emprisonnement et d’inéligibilité à Carme Forcadell, ancienne présidente du parlement catalan, pour « sédition ».
- Le président au moment des faits de l’Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Sanchez, et le président d’Omnium Cultural, Jordi Cuixart, sont condamnés pour « sédition » à neuf ans de prison et d’inéligibilité. Ces deux associations indépendantistes avaient organisé des manifestations massives au moment du référendum sur l’indépendance.
Enfin, trois autres ministres catalans (Santi Vila, Carles Mundo et Meritxell Borras), les seuls se trouvant en liberté conditionnelle, ont été condamnés pour « désobéissance » à une amende de 60 000 euros et à 20 mois d’inéligibilité.
99 anys i 6 mesos. Que la ràbia es transformi en força, la indignació en energia. Fem caure el règim! ???
Junqueras 13 anys
Romeva 12 anys
Turull 12 anys
Bassa 12 anys
Forcadell 11’5 anys
Forn 10’5 anys
Rull 10’5 anys
Cuixart 9 anys
Sànchez 9 anys— Sílvia Casola ? (@silviacasola) October 14, 2019
Les nationalistes catalans réagissent
Une fois ces peines prononcées, la colère n’a pas tardé à gagner la Catalogne face à la lourdeur des sanctions infligées. Oriol Junqueras s’est adressé à ses soutiens catalans depuis sa prison à travers une lettre à ses partisans écrite depuis sa prison et publiée par son parti ERC. Il y écrit :
« À ceux dont la seule volonté est de faire du mal, nous leur disons que rien n’est terminé aujourd’hui, vous n’avez ni vaincu, ni convaincu. Nous reviendrons et nous reviendrons encore plus forts (…) N’ayez aucun doute, nous reviendrons et nous gagnerons ».
Il a aussi réagi sur Twitter :
“Tornarem més forts, més convençuts i ferms que mai. Gràcies a tothom i persistiu perquè nosaltres persistirem sempre, sempre!”
— Oriol Junqueras ?️ (@junqueras) October 14, 2019
❗️99 anys i 6 mesos.
Convertim la ràbia en força. La indignació en energia. Fem caure el règim. Caminem cap a la #independència.
✊ Amnistia. Autodeterminació. #RepúblicaCatalana. pic.twitter.com/v3UBuNIsm0
— Esquerra Republicana (@Esquerra_ERC) October 14, 2019
Quant à Carles Puigdemont, vivant actuellement en Belgique, l’ex-président catalan a décrit sur Twitter ces condamnations comme étant une « aberration » . Il considère que l’heure est désormais à la réaction dans le camp nationaliste catalan :
« 100 ans de prison en tout. Une aberration. Maintenant plus que jamais, à vos côtés et à ceux de vos familles. Il est temps de réagir comme jamais auparavant. Pour l’avenir de nos fils et de nos filles. Pour la démocratie. Pour l’Europe. Pour la Catalogne ».
100 anys de presó en total. Una barbaritat. Ara més que mai, al vostre costat i al de les vostres famílies. Toca reaccionar, com mai. Pel futur dels nostres fills i filles. Per la democràcia. Per Europa. Per Cataunya.
— Carles Puigdemont (@KRLS) October 14, 2019
De nombreux indépendantistes catalans avaient convergé lundi matin devant la prison de Lledoners (Catalogne) où sont détenus plusieurs leaders nationalistes en attendant le verdict afin de leur afficher leur soutien.
D’autres mobilisations populaires se sont aussi déroulées durant la journée de lundi en Catalogne. La tension entre les nationalistes catalans et le pouvoir central madrilène n’est pas prête de retomber.
#Tsunamidemocratic #LlibertatDetinguts23S #LlibertatPresosPoliticsiexiliats pic.twitter.com/AUUrJMXSVS
— Ricard Milian?????? ??? ? (@superdracir) October 14, 2019
Via Laietana tallada a l’alçada de la plaça Ramon Berenguer#Tsunamidemocratic #LlibertatPresesipresospoliticsiexiliats pic.twitter.com/vTQ95cOQv5
— Toti Arimany ? (@totiarimany) October 14, 2019
Crédit photos : DR (photo d’illustration)
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