Nantes. Mozart respire au jardin

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Les 2 et 3 novembre, le Théâtre Graslin reçoit pour deux séances nantaises exceptionnelles le fruit du travail de l’école estivale de voix de William Christie. Cette Finta Giardiniera (« la Fausse Jardinière »), opéra de jeunesse de Mozart (1775), a été donnée deux fois à Thiré (Vendée) à la fin du mois d’août par des étudiants chanteurs en fin de formation. Ils parachevaient, sous la direction de Christie et en compagnie de l’ensemble instrumental des Arts Florissants, leur confrontation avec les exigences particulières de la musique baroque.

Commandé par Maximilien III de Bavière pour le carnaval de Munich, cet opéra bouffe tire le plus souvent vers les ressorts invraisemblables de la commedia dell’arte. C’est une suite de quiproquos dans des histoires de conquêtes et de séparations. Séduction, fourberie, fureurs et réconciliations s’enchaînent à un rythme qui prépare celui des Noces de Figaro (1786) ou de Così fan tutte (1790). Un rôle de basse, deux de ténor, trois autres de soprano et une voix de soprano-castrat : voilà un ring à sept voix sur lequel s’affrontent ou se complètent les acteurs d’une farce en trois actes, chantée par un septuor auquel le jeune Mozart (dix-huit ans) offre un savoir-faire étonnant. Le finale du premier acte est, de ce point de vue, une remarquable réussite. Et le reste de l’ouvrage oblique parfois vers des styles ou des genres qui seraient autant applicables à la musique de chambre qu’à la musique d’église. Au point que la partition du troisième finale, tout de gaieté amusée dans le texte, pourrait aussi bien convenir au « Gloria » d’une Messe pas encore composée…

Reste, évidemment, une patte inoubliable. Mozart n’a pas encore – et comment, si jeune, le pourrait-il – la maîtrise de l’harmonie qu’il acquerra au prix d’un si dur travail sur les six Quatuors dédiés à Haydn, achevés en 1785. Mais il y a ce que lui seul en son temps sut donner : des mélodies comme suspendues entre leur première et leur dernière note, dessinées comme par une main arrangeant, dans l’espace, ses points de suspension. Même confiés à la flûte, à la clarinette, au violon ou au cor, ces airs en cavatines ou en allusions bouffes sont tous écrits pour la respiration vocale. Les élèves de William Christie ne pourront évidemment pas l’oublier.

Réservations http://www.angers-nantes-opera.com/accueil/un-automne-avec-mozart/la-finta-giardiniera

Jean-François Gautier

Crédit photo : DR
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