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Ainsi, nous étions donc dans l’obligation « d’importer » en 2018 des États-Unis mais aussi du Maroc, de Tunisie et du Mali de la « main-d’œuvre qualifiée » dont la France ne dispose pas ! Ainsi et malgré nos 6 millions de chômeurs, nous serions contraints dès cette année à faire encore appel à plus de 30 000 travailleurs extra-européens afin de pourvoir aux besoins non satisfaits de nos entreprises !
J’attends avec impatience la communication par ce gouvernement de la liste des métiers (non remise à jour depuis 2008 !) et des emplois qui ne trouvent pas « preneurs » en France et qui nous forcerait à accueillir avec le sourire ce « quota » de 30 000 travailleurs « qualifiés » que notre pays ne peut fournir et qui proviendraient de pays si développés et si dynamiques économiquement, que nous ne pourrions en aucun cas nous en passer tels que l’Algérie, la Tunisie et le Mali (ce qui m’avait échappé !)…
De deux choses l’une : soit on nous prend vraiment pour des c… Et c’est une possibilité à ne pas sous-estimer… Soit notre système est aujourd’hui à un niveau de sous-développement tel qu’il nous contraint à « accueillir » de la main-d’œuvre de pays sous-développés que nous allons contribuer à appauvrir encore par le transfert de compétences !
Comment tout d’abord admettre que nous fassions appel à cette main-d’œuvre principalement originaire du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne alors que l’Europe était censée, par ses multiples programmes de formation et d’échanges intra-communautaires, faciliter, par la libre circulation, les besoins en ressources humaines exprimés par les économies des États membres ? Est-il impossible de trouver ces « emplois qualifiés » dans les 26 autres pays membres de l’Union européenne ?
N’y aurait-il plus de plombiers polonais disponibles, de couvreurs et carrossiers roumains, ou de chauffeurs bulgares pour les besoins de notre MEDEF national ? Compte tenu de leur niveau de rémunération dans leurs pays d’origine, permettez-moi d’en douter… Ils devraient venir en courant !
Est-il impossible de trouver en France, parmi les Français, des « plongeurs », des serveurs, aide-cuisiniers pour nos restaurants, des assistants de vie pour nos E.H.P.A.D. ?
Est-il impossible de trouver parmi les 20 % d’immigrés au chômage et déjà en France les compétences nécessaires ? Puisqu’ils sont déjà là et qu’ils nous coûtent ne pouvons-nous pas les former aux métiers concernés ?
Ou alors, ne s’agit-il pas de cela, mais seulement d’importer de pays économiquement et politiquement ravagés davantage de main-d’œuvre docile, réellement peu qualifiée, corvéable à merci et sous-payée afin de limiter une fois encore l’emploi des travailleurs français, réduire leurs revendications souvent légitimes afin de les maintenir dans « la peur du chômage » qui sévit maintenant depuis plus de 40 ans dans ce pays !
Sans doute serons-nous bientôt forcés à importer aussi de la main-d’œuvre du Bangladesh pour sauver nos quelques usines textiles encore en vie ? Elle est certainement plus qualifiée et compétitive elle-aussi que nos « chers » travailleurs français !
Dans un pays où il y a 6 millions de chômeurs n’est-il pas possible de trouver les 30 000 travailleurs qualifiés dont nous manquons ? Soit : 0,5 % de nos chômeurs enregistrés !
Dans un pays où 100 000 jeunes quittent chaque année l’école sans aucun diplôme ou formation n’est-il pas possible d’en diriger 30 000 vers des centres de formation en entreprise, en apprentissage ou toute autre solution visant à leur redonner en quelques mois un espoir, une intégration possible par le travail ?
Si cela n’est pas possible, alors nous avons vraiment touché le fond et comme le disait Michel Audiard dans Le Président (1961) : « Quand on a cette ambition-là, on ouvre un bazar… On ne gouverne pas une nation » !
Michel BRELIVET
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