Hongrie

Une société multiculturelle est-elle toujours muticonflictuelle ? La situation actuelle en Grèce avec le transfert de migrants des îles vers le continent ne fait, en tout cas, pas mentir cette assertion.

Grèce : 20 000 migrants transférés vers le continent

Nous évoquions il y a quelques jours la situation migratoire catastrophique dans certaines îles grecques. Ainsi que la volonté du gouvernement grec, sous les injonction du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’Onu (HCR), de transférer ces migrants vers la Grèce continentale.

Conséquence de ces mouvements d’individus entre les îles et le territoire grec principal, le réseau d’enregistrement des incidents de violence raciste (RVRN), composé d’une trentaine d’ONG, s’est dit inquiet le 11 novembre face à « la hausse des incidents racistes et xénophobes » envers les migrants au cours de leurs transferts via un communiqué de presse.

Ce même RVRN fait donc état « de plus en plus d’incidents racistes et xénophobes dans le cadre des transferts de demandeurs d’asile vers des structures d’accueil » dont ont été témoins les organisations de ce réseau. Pour rappel, le gouvernement grec a annoncé au début du mois d’octobre dernier son intention de transférer 20 000 personnes entre les îles et le continent avant la fin de cette année 2019. Au cours de la journée du 11 novembre, ce sont 424 migrants qui ont été transférés depuis Lesbos vers la Grèce continentale.

Réactions d’hostilité face aux arrivées de migrants

La mise en place de ces transferts a suscité l’hostilité d’une partie de la population de Grèce continentale. Des manifestations contre l’arrivée de demandeurs d’asile ont ainsi été organisées dans plusieurs villes du pays, notamment à Yannitsa, Nea Vrasna et Naoussa.

Par ailleurs, des tensions ont aussi eu lieu la semaine dernière à Thessalonique, où un élève originaire d’Iran a été attaqué et menacé à la sortie de son collège. Des actes condamnables mais hautement prévisibles compte tenu du contexte social et migratoire explosif en Grèce.

Cette réaction populaire face à ces arrivées de migrants imposées n’ont pas manqué de donner du grain à moudre aux ONG du RVRN. Lequel a demandé « à l’État d’assurer le transfert en sécurité des réfugiés et leur adaptation en douceur dans leurs structures d’accueil » car « les inquiétudes des communautés locales ne doivent pas être exploitées par des groupes racistes organisés. »

Le réseau profite de l’occasion pour demander l’application de la législation « anti-raciste » afin de montrer clairement « que de telles actions ne sont pas tolérées dans un pays régi par le droit » tout en souhaitant « informer et soutenir les communautés locales ». Une pirouette dialectique dont la forme masque mal le fond : à savoir la volonté de faire taire toute contestation des Grecs, y compris pacifiquement, face à ces arrivées de migrants dans des territoires déjà sinistrés.

AK

Crédit photo : DR (Photo d’illustration)
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