Drogue. La Linea (Espagne), porte d’entrée du cannabis marocain en Europe

A LA UNE

Isabelle Le Callennec (Hissons haut la Bretagne) : « être la région du plein emploi durable, d’une transition écologique aboutie, d’une cohésion sociale à...

La campagne électorale pour les élections régionales bat son plein. Après avoir interrogé Daniel Cueff (« Bretagne ma vie...

Toussaint Louverture. Le héros noir était-il propriétaire d’esclaves ?

Interrogée sur ce point troublant par Stéphane Bern, Rokhaya Diallo dédramatise : avant la Révolution, c'est vrai, Louverture a...

Christophe Dolbeau : « Lorsque je parle de parias, je pense aux intouchables, aux lépreux, aux pestiférés de la politique » [Interview]

Christophe Dolbeau, écrivain et correspondant de presse (il a collaboré à des journaux croates de l'émigration comme Studia croatica...

L’immigration clandestine redouble en Mer Méditerranée, l’Union européenne baisse la garde

Il y a un an, trois organisations internationales paragouvernementales prédisaient un afflux massif de clandestins en Europe lors du...

Santé. Le rhume des foins empoisonne la vie de plus en plus de Français

Rhume persistant, yeux rouges et larmoyants, éternuements… l'omniprésence du Covid-19 dans l'actualité ne doit pas faire oublier que le...

Une petite ville espagnole, La Linea, située à la frontière de Gibraltar, est la porte d’entrée principale du cannabis en Europe. Par cette ville de 65 000 habitants située au nord de Gibraltar, sur la côte, passe au moins 80 % du cannabis consommé en Europe sur une année complète – estime la police espagnole dans un rapport repris par le journal espagnol La Voz de Galicia.

La Galice est aussi en première ligne pour l’entrée de cocaïne en Europe : des « narco-sous-marins » construits par des cartels au Brésil ou en Colombie et chargés de milliers de tonnes de cocaïne y ont en effet touché terre à plusieurs reprises, notamment en 2006 à Vigo ce 24 novembre dernier en Galice – le submersible, en panne, intercepté au large de Cangas suite à une opération conjointe des polices espagnole et portugaise, contiendrait près de 3 500 kilos de drogue selon une estimation encore provisoire.

280 tonnes de cannabis chaque mois

Revenons au cannabis. Selon les sources proches de l’enquête espagnole, au moins 280 tonnes de cannabis sont ramenées à La Linea chaque mois, en provenance du Maroc tout proche. 20 jours par mois, 7 fois par nuit, les contrebandiers apportent 2 tonnes de cannabis à chaque rotation. Mais la police n’a réussi à intercepter que 4 % de la marchandise importée. Sur l’ensemble du pays, les saisies ont été de 335 tonnes en 2017 (dont 182 dans la province de Cadix) et 100 en 2016, ce qui représente dans les deux cas une très faible part de la marchandise importée.

Une inefficacité flagrante qui peut être le résultat, au vu des quantités et des profits, de la corruption des garde-côtes et de la police. En 2016-2017, lors du démantèlement d’un gros trafic en provenance d’Algérie et du Maroc, l’enquête a démontré que des douaniers, des garde-côtes et des magistrats espagnols avaient été corrompus.

Des protagonistes connus

D’autant que la police connaît les protagonistes – 3 000 personnes en tout (4,6 % de la population de la ville) issus de 60 familles, regroupés dans une trentaine de groupes organisés dont l’occupation principale est de transporter le cannabis du Maroc en Espagne. Ces familles ont pour la plupart des attaches des deux côtés du détroit. La Voz de Galicia cartographie les clans et les quartiers qu’ils tiennent : Junquillo, San Bernardo, La Atunara, El Zabal, Santa Margarita et La Alcaidesa sont les fiefs des trafiquants.

Plus de 60 % du cannabis qui entre en Europe via La Linea se trouverait contrôlé par les « frères Castaña », Antonio et Francisco, que la police estime être « les plus importants grossistes de haschich en Europe » ; l’un d’eux a depuis été arrêté en juin 2018, le second, Francisco, en octobre après qu’il a nargué la police dans un clip. En mai 2019, 15 personnes ont été arrêtées dans le cadre du démantèlement d’une organisation qui approvisionnait en nourriture et carburant les narcolachas, des semi-rigides très rapides qui livrent le cannabis du Maroc en Espagne. Néanmoins le trafic continue et s’amplifie, se disséminant maintenant dans les villes de toute l’Andalousie.

Louis Moulin

Crédit photo : Wikipedia – Domaine public
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Voyager en train pour pas cher en Europe ? C’est possible

La fin de l’état d’urgence en Espagne rétablit la liberté de déplacement entre les régions, et coïncide avec la...

Marion Maréchal : les confidences d’une patriote

Marion Maréchal parle rarement d'elle, de son parcours, de sa personnalité. Pour Livre Noir elle s'est exceptionnellement prêtée à...

Articles liés

Crime, cannabis et police, l’Etat coupable

A la une de ce journal, nous reviendrons sur le meurtre d’un policier à Avignon. Un crime sur fond de trafic de drogue en...

Insolite. En Espagne, un atelier d’impression d’armes 3D démantelé

Un trafic d'armes démantelé par la police espagnole, une information plutôt banale à première vue. Sauf que l'arsenal en question, saisi aux Canaries, a...

1% eus al lec’hiennoù stadel spagnol troet e katalaneg nemetken

An ONG Plataforma per la Llenga a zo o paouez embann hec'h enklask bloaz diwar-benn plas ar yezh el lec'hiennoù stad. 400 lec'hienn internet...

Nantes. Course-poursuite sur le périphérique avec un pain de cannabis : 10 mois ferme

Un Nantais de 23 ans, conducteur d’une voiture qui a refusé d’obtempérer aux forces de l’ordre le 25 mars a été jugé ce 30...