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Les Républicains, parti politique sectaire ? C’est en tout cas ce que se disent pas mal d’adhérents et de sympathisants, choqués de la procédure d’exclusion lancée contre Erik Tegnér. Motif ? Ce dernier œuvre depuis de nombreux mois au rassemblement des droites, tout du moins au dialogue entre les droites. Intolérable pour certains apparatchiks du parti (ou certains jeunes ambitieux, macrono-compatibles, aux dents longues).
L’exclusion devrait être actée ce mardi 10 décembre, à 10h30. Le Comité départemental de la fédération de Paris, à la demande du secrétaire général Aurélien Pradié, va en effet se réunir ce mercredi 11 décembre afin de statuer sur l’exclusion de Tegnér de LR. « Il m’est formellement reproché d’avoir plaidé pour un rapprochement avec le RN et avec des personnalités comme Marion Maréchal ou encore Robert Ménard » explique le Breton Erik Tegnér dans un communiqué adressé à la presse, que nous reproduisons ci-dessous :
Cette décision est aujourd’hui fortement contestée par de nombreux élus Républicains qui pourtant ne partagent pas certaines de mes positions, mais qui refusent l’instauration d’un délit d’opinion pour les simples militants au sein de notre famille politique. On peut notamment citer Julien Aubert, Guillaume Larrivé, Olivier Dassault ou encore François-Xavier Bellamy, ainsi que les déclarations de conseillers nationaux durant le conseil national des Républicains le samedi 30 novembre.
Ma défense est la suivante, et c’est ce que je rappellerai demain au Secrétaire général de notre mouvement :
1. J’ai toujours respecté la règle édictée par notre parti, rappelée l’an dernier en bureau politique par Laurent Wauquiez, mais également par Christian Jacob durant la campagne interne du parti : on peut dialoguer, discuter, mais si on franchit la ligne rouge, on est exclu.
=> Or, je ne travaille pour aucun élu extérieur à notre parti et ne figure sur aucune liste d’alliance avec le RN. J’ai même refusé différents postes proposés par le RN et DLF, notamment lors des européennes. J’ai toujours soutenu nos candidats depuis 2012 à l’image de Rachida Dati pour les municipales et Bellamy pour les européennes.
2. Si Aurélien Pradié souhaite changer cette règle, c’est son droit mais il ne peut le faire de façon unilatérale et sans communiquer au préalable à ce sujet.
=> Un débat devrait donc avoir lieu au sein du Bureau politique pour un tel changement qui impacterait de facto des milliers de militants qui partagent la même ligne que la mienne et se verraient donc menacés d’exclusion au même titre que moi.
=> Ce débat aurait toute raison d’être puisque la majorité des dirigeants actuels du parti semblent ne pas vouloir revenir sur la règle actuelle énoncée précédemment : Bruno Retailleau l’a rappelé la semaine dernière devant l’association de presse et de l’Assemblée nationale, et Damien Abad il y a 10 jours auprès des journalistes de Quotidien.
3. Je ne suis qu’un simple militant, sans la moindre responsabilité au sein du parti : doit-on instaurer un délit d’opinion dans une famille politique qui a toujours eu à cœur de défendre la liberté d’expression et la diversité des sensibilités ? Doit-on pousser la logique jusqu’au bout et exclure l’ensemble des militants qui pensent qu’un dialogue avec le RN serait une bonne chose (57 % selon un sondage du Figaro) ?
4. Si on exclut un simple militant pour avoir simplement émis une opinion différente, que doit-on faire des tous ces cadres LR qui ont appelé à voter Nathalie Loiseau aux élections européennes et qui sont pourtant soutenus par notre parti pour les élections municipales ? Quid de tous ces cadres, très nombreux, qui appellent régulièrement à soutenir Emmanuel Macron ?
5. Enfin, et c’est le plus grave, quelle place accorder au sein de notre parti à toute cette frange conservatrice ? Faut-il qu’ils comprennent que leur place n’est pas chez LR ? Doit-on les abandonner à Marine Le Pen ? A une autre époque, celle où j’ai adhéré à l’UMP, Nicolas Sarkozy se faisait une fierté de parler à la droite de la droite et de reconquérir des électeurs qui ont pu être tentés par le FN. Depuis le début, je me suis contenté d’essayer à mon humble niveau de militant de leur parler et j’ai même contribué à en faire adhérer chez LR. Dois-je être sanctionné pour cela ?
Je me rendrai donc demain à 10h30 à Vaugirard pour me défendre devant Aurélien Pradié et je n’ai aucun doute sur l’issue de la procédure : après consultation de mon dossier, aucun élément factuel peut établir que j’ai franchi la ligne rouge.
Verdict concernant Érik Tegnér dans les jours à venir.
Crédit photo : DR
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