RN 164 et manque de voies de substitution. Les élus s’inquiètent

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Le conseil municipal de Merdrignac, dans les Côtes-d’Armor, a récemment étudié l’avancée (lente) du dossier de la RN164. Et les élus s’inquiètent notamment du manque de voies de substitution à cette nouvelle route qui traversera tout le Centre-Bretagne.

Une lettre a été envoyée par le maire, Éric Robin, au préfet, afin de l’informer de ses inquiétudes concernant le tracé de la RN164 et ses conséquences. Ce courrier précise :

L’ensemble du conseil, à l’unanimité, se déclare toujours inquiet que les voies de substitution ne soient pas incluses dans le projet actuel. Il semble que les services de l’État, et de la Région en charge de ce dossier ne prennent pas pleinement conscience de l’impact de ce tracé, sans substitution possible. En effet : les véhicules lents (engins agricoles, voitures sans permis notamment) côtoieront sur la quatre-voies des automobilistes qui viennent d’une voie autorisée à 110 km/h, en étant parfois même partis de Paris à 130 km/h. L’absence de substitution entraînera parfois des engins agricoles à emprunter des voies communales, voire le centre-bourg de Merdrignac alors qu’ils ont aujourd’hui des dimensions incompatibles avec la voirie, le mobilier urbain et la sécurité des piétons. La commune de Merdrignac accueille chaque jour, nous vous le rappelons, 1 300 élèves de la maternelle au lycée. Il n’est pas question d’ouvrir le trafic du centre-bourg à la circulation des engins agricoles.

À l’heure où les routes départementales et nationales à deux voies ont été limitées à 80 km/h, il nous semble incohérent, contre-productif et extrêmement accidentogène que l’actuel contournement à 110 km/h soit partagé avec des véhicules lents. Il est assez contrariant de constater que les normes environnementales auront plus mobilisé les services que la sécurité des populations habitant le territoire. La Dréal a été interpellée à ce sujet par les élus et les agriculteurs présents lors de la réunion sur l’échange parcellaire. Leur absence de réponse quant à la création de ces itinéraires nous a fortement inquiétés. Le conseil municipal de Merdrignac sollicite donc votre attention et demande une discussion précise sur ce sujet ainsi qu’un engagement de l’État pour une réalisation des itinéraires de substitution parallèlement au déroulement du chantier. Nous souhaitons qu’un drame soit évité, et nous jouons ici notre rôle en vous alertant sur la réalité de notre territoire tel que nous l’habitons et le connaissons au quotidien.

Pour le moment, pas de réponse des autorités.

D’ici fin 2020, 36 nouveaux kilomètres seront en chantier sur cet axe routier de 162 km essentiel pour la Bretagne. Ce grand projet de mise à 2×2 voies de la totalité de la RN 164 tient dans l’aménagement du territoire breton une place stratégique : il a vocation à optimiser les conditions de circulation routière et la sécurité des usagers sur cette route, tout en offrant une alternative performante aux axes littoraux, parfois surchargés, pour atteindre la pointe bretonne.

L’État et la Région ont donc mobilisé des moyens financiers à la mesure de cette ambition. Près de 237 M€ de crédits (dont 145 M€ pour la partie costarmoricaine) sont inscrits dans le Contrat de plan État-Région (CPER) 2015-2020 pour terminer les travaux en cours, finaliser les projets, maîtriser le foncier nécessaire sur les sections restant à élargir et entamer des chantiers dans tous les secteurs, hormis celui de Mûr-de-Bretagne qui sera inscrit dans la prochaine contractualisation.

Les travaux en cours ou à venir, à Châteauneuf-du-Faou, à Rostrenen, à Plémet et à Merdrignac, représentent un investissement pour les années 2019, 2020, 2021 et 2022 de l’ordre de 40 M€/an, à parité entre l’État et la Région, soit près du triple des budgets obtenus sur la dernière décennie.

Chiffres-clés

  • Un itinéraire de 162 km dont 106 km déjà aménagés en 2×2 voies,
  • 36 km en chantier d’ici fin 2020,
  • un rythme de 40 millions d’euros par an de 2019 à 2022,
  • 15 agents à la maîtrise d’ouvrage (DREAL) et 30 agents à la maîtrise d’œuvre (DIR Ouest) intégralement dédiés au projet,
  • 49 comités de suivi,
  • 18 réunions publiques et 16 lettres d’information grand public,
  • 70 marchés publics en cours,
  • plus de 450 ha de réserves foncières.

YV

Crédit photo : DR
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