Découvrir le Mont-Saint-Michel, joyau du patrimoine européen [Photos]

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Breton ou Normand, finalement, on s’en fiche bien. Le Mont-Saint-Michel est avant tout un joyau du patrimoine européen dont on comprend que les deux régions historiquement très souvent ennemies que sont la Bretagne et la Normandie cherchent à s’approprier.

Au final, il fait partie de notre patrimoine à tous. Et pour pouvoir le visiter ou l’apprécier à sa juste valeur, un seul conseil ; n’y allez pas en juillet, encore moins en août, et si vous voulez vraiment être tranquille, allez-y un jour de beau temps, ou même de temps gris sans pluie, en automne ou en hiver. Hormis un bus ou deux de touristes asiatiques, qui dans tous les cas se comportent bien, respectueusement, et en silence, vous pourrez ainsi entamer l’ascension du Mont-Saint-Michel, la visite des musées qui sont à l’intérieur, ou encore une ballade autour de ce haut lieu de notre longue mémoire.

Le Mont-Saint-Michel : un peu d’histoire

La longue histoire du Mont-Saint-Michel commence en 708, lorsque l’évêque Aubert fait élever sur le Mont-Tombe un premier sanctuaire en l’honneur de l’Archange.

En 966, des bénédictins s’y installent à la demande du duc de Normandie, Richard Ier. À l’origine de l’essor du nouveau monastère, ces moines, sous l’autorité de l’abbé, respectent la règle de saint Benoît. Très vite, l’abbaye devient un lieu de pèlerinage majeur de l’Occident chrétien, mais aussi un des centres de la culture médiévale où furent produits, conservés et étudiés un grand nombre de manuscrits. Le Mont-Saint-Michel prit le surnom de « Cité des livres ». Tout à la fois carrefour politique et intellectuel, l’abbaye fut au fil des siècles visitée par un grand nombre de pèlerins, dont plusieurs rois de France et d’Angleterre.

Au cours des siècles et au gré des incendies, effondrements, reconstructions, changements de fonction, ou de restitutions, l’abbaye s’est transformée. Placé à la frontière entre Normandie et Bretagne, le Mont-Saint-Michel est tout à la fois un lieu de passage et une forteresse du duché de Normandie. À partir du XIVe siècle, les conflits successifs de la guerre de Cent Ans, opposant France et Angleterre, imposent l’édification de nouvelles puissantes fortifications. Le Mont, défendu par quelques chevaliers fidèles au roi de France et protégé par une muraille flanquée de plusieurs tours de défense, parvient à résister aux assauts de l’armée anglaise pendant près de 30 ans.

En 1421, aux pires heures du siège, le chœur roman de l’église s’effondre. En 1622, la réforme de la congrégation de Saint-Maur installe de nouveaux religieux dans l’abbaye.

Suite à la Révolution, les propriétés de l’Église sont déclarées « bien nationaux », les moines du Mont-Saint-Michel sont chassés et le « Mont Libre » devient une prison pour les prêtres réfractaires en 1793. En 1811, un décret impérial transforme l’abbaye en maison de force pour abriter essentiellement des prisonniers de droit commun et quelques détenus politiques tels Armand Barbès et Auguste Blanqui.

Fermée en 1863, la prison aura eu pour mérite de sauver l’abbaye de la destruction, mais elle laisse le monument dans un état de délabrement avancé. En 1874, l’abbaye est classée monument historique et sa longue restauration commence. Une digue-route construite en 1878 facilite l’accès au Mont.

En 1969, une petite communauté de moines bénédictins vient s’installer à l’abbaye, puis en 2001, elle est remplacée par les Fraternités monastiques de Jérusalem.

Les actions de l’Etat en faveur de la conservation du lieu entraînent son classement sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 au titre du « Mont-Saint-Michel et sa baie ». Le Mont-Saint-Michel est l’un des premiers biens culturels français inscrits. Puis en 1998, le site est une nouvelle fois classé au titre des « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France »

Que visiter au Mont-Saint-Michel ?

Il y a plusieurs heures de ballade et de visites à faire dans l’enceinte du Mont-Saint-Michel. Tout d’abord, il faut monter jusqu’à l’Abbaye et la visiter entièrement. Vous y trouverez les plus belles vues du site, mais vous y plongerez également dans l’histoire de ce joyau.

Outre l’Abbaye, le Mont-Saint-Michel regorge de ruelles dans lesquelles se ballader (même si actuellement il y a des travaux ce qui empêche l’accès à certaines). Mais on y trouve aussi plusieurs musées à visiter (18 € le ticket pour les 4) :

Le musée de la mer et de l’écologie (exposition de maquettes de bateaux, films de piètre qualité, explicatifs sur les marées, l’ensablement du site…), l’Archéoscope (petit, très petit film qui raconte l’histoire des lieux), le Musée historique (on y découvre la prison, des collections d’armes, de peintures, de sculptures anciennes), et enfin le Logis Tiphaine, qui fût la demeure de Duguesclin, dans laquelle est évoquée sa vie avec sa femme, Tiphaine de Raguenel, via des peintures, des meubles, des tapisseries.

Si vous ne deviez en garder que deux, allez au Logis Tiphaine et au Musée historique, les deux autres n’étant franchement pas top.

À découvrir également, l’église paroissiale, à mi-chemin entre l’entrée dans le Mont et l’Abbaye, petite église dédiée à Saint-Pierre.

Enfin, il y a bien entendu, comme les Pèlerins à l’époque, la possibilité de randonner en Baie du Mont-Saint-Michel, mais cela devrait également faire l’objet d’un autre article, puisque l’objet de celui-ci était avant tout de présenter l’intérieur du Mont.

N’oubliez pas enfin que vous ne pourrez plus, comme avant, stationner juste devant le Mont. Il vous faudra vous garer route du Mont, sur les parkings dédiés, et emprunter les navettes dédiées pour vous y rendre.

Il ne reste plus qu’à vous lancer, et à vous décider à venir passer une journée à découvrir le Mont Saint Michel, pour découvrir, et transmettre, notre longue mémoire.

YV

Crédit photo : breizh-info.com
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