Depuis le 1er janvier, la loi impose la présence de défibrillateurs dans les lieux qui accueillent plus de 300 personnes. Les communes doivent donc s’équiper, ce qui implique un coût et une surveillance technique. À Châteaulin dans le Finistère, dix appareils sont déjà en place.

Que faire en cas d’arrêt cardiaque ?

Avant même d’utiliser un défibrillateur, face à un arrêt cardiaque, plusieurs opérations doivent se mettre en place :

  • Identifier l’arrêt cardiaque.
  • Prévenir les secours ou envoyer quelqu’un le faire (en composant le 18 pour contacter les pompiers, le 15 pour le SAMU, le 112 dans toute l’Union européenne) ou le 114, numéro d’appel d’urgence pour les sourds et malentendants (accessible par SMS, fax, l’application « Urgence 114 » ou le site internet www.urgence114.fr).
  • Mettre en place une réanimation cardiopulmonaire « classique » tant que le défibrillateur n’est pas posé.

Comment utiliser un défibrillateur ?

Un défibrillateur doit être utilisé en cas d’arrêt cardiaque avéré. La victime ne parle pas, ne bouge pas et ne respire pas. C’est une absence de signe de vie.

La recherche de signe de vie doit être simple. Stimuler la victime par les épaules : « serrez-moi la main, ouvrez les yeux, est-ce que vous m’entendez ? ». Si la victime ne parle pas et ne bouge pas : vérifier si elle respire. Pour cela, regarder si son ventre se soulève.

Physiologiquement, l’arrêt cardiaque est défini comme une absence de contraction efficace du cœur, c’est un état de mort apparente. Il n’y a pas de circulation du sang dans les vaisseaux du corps, du fait de la défaillance de contraction du cœur. Les cellules cérébrales et l’ensemble de l’organisme ne sont plus alimentés en oxygène. Cette situation est incompatible avec la vie si un massage efficace de la poitrine n’est pas appliqué rapidement. Chaque minute qui s’écoule correspond à 10 % de chance de survie en moins, il faut agir vite.

ATTENTION : Le défibrillateur ne remplace pas le massage cardiaque, il traitera si nécessaire cette fibrillation avec un choc électrique. C’est un des seuls moyens pour arrêter une fibrillation ventriculaire, cause de l’arrêt cardiaque.

Dans 70 % des cas, l’arrêt cardiaque se produit devant témoins, mais seulement 20 % d’ entre eux appliquent la chaîne de survie (Appeler, MAsser, Défibriller). Pourtant, dans les pays où les défibrillateurs sont systématiquement installés dans les lieux publics et où la population est formée, le taux de survie est 4 à 5 fois plus élevé qu’en France…

Une fois en route, le défibrillateur délivre des instructions vocales qu’il faut appliquer.

Il ne faut pas toucher la victime pendant que le DEA analyse le rythme cardiaque et suivre scrupuleusement les instructions fournies par le défibrillateur, à savoir :

  • Dénuder le tronc de la victime (le DEA indique : « Retirez tous les vêtements de la poitrine du patient »).
  • « Tirer sur la poignée rouge pour ouvrir le sachet ».
  • Disposer les électrodes aux deux extrémités du muscle cardiaque :
    • sous la clavicule droite ;
    • 5 à 10 cm sous l’aisselle gauche : pointe du cœur.

Où trouver un défibrillateur ?

Les DAE sont installés dans les endroits très fréquentés (complexes sportifs, administrations, axes routiers, établissements scolaires…).

La loi n° 2018-527 du 28 juin 2018 impose aux ERP (établissements recevant du public) de s’équiper d’un défibrillateur cardiaque automatisé externe visible et facile d’accès (article L. 123-5 du Code de la construction et de l’habitation).

Un arrêté du 29 octobre 2019 définit les modalités de signalisation des défibrillateurs automatisés externes (affichage, indication de l’emplacement, étiquette sur le boitier, etc.).

Le décret n° 2018-1186 du 19 décembre 2018 précise les types d’ERP concernés par cette obligation et le calendrier de mise en application :

  • au plus tard le 1er janvier 2020 pour les ERP de catégories 1 à 3 ;
  • le 1er janvier 2021 pour les ERP de catégorie 4 ;
  • le 1er janvier 2022 pour certains ERP de catégorie 5 (gares, structures d’accueil pour personnes âgées et pour personnes handicapées, établissements de soins, refuges et hôtels-restaurants de montagne, établissements sportifs).

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