Connu pour abriter des unités de psychiatrie, mais aussi d’addictologie, l’hôpital Saint-Jacques, au sud de Nantes, connaît un problème de deal de drogue de longue date. Ce qui occasionne des agressions sur le personnel médical, mais aussi sur les patients et entre eux. Plus de deux ans après que les infirmiers du CHU aient tiré la sonnette d’alarme, rien ne change… et ça empire même, comme nous le confie d’anciens patients.

« Il y a beaucoup de dealers à Saint-Jacques », nous explique cet ancien patient, la trentaine. « Pour la plupart, soit ils viennent du Clos Toreau, soit des Dervallières, soit ce sont des Maghrébins qu’on voit aussi traîner à Commerce ou quai de la Fosse ». Ces clandestins qu’on appelle aussi « blédards » et qui outre le trafic de drogue, se rendent coupables d’agressions, vols à la tire ou à la roulotte par dizaines, chaque jour dans le centre-ville.

Les dealers se baladent comme ils le veulent

Les dealers profitent du fait qu’il n’y a « pas vraiment de sécurité. Même en unité fermée, on peut en partir comme on veut, les dealers se baladent comme ils le veulent, on entre et on sort comme dans un moulin », nous confie un patient qui a fait le mur de l’hôpital à plusieurs reprises. « Ça va dans les deux sens, pour les patients aussi c’est chaud », continue-t-il. « Un jour un gars qui était soigné, un noir assez musclé, est sorti de l’unité et a demandé une clope à un dealer. Il était complètement camé, il lui a fichu un coup de couteau dans le cou ». Le blessé a survécu.

Un grand choix de drogues

Quant à la drogue, « y a de tout », explique le proche d’une personne hospitalisé. Un ex-patient abonde : « certains malades se droguent pour contrebalancer ou adoucir les effets des produits qu’on nous administre. Le shit [résine de cannabis] c’est un bien dans le mal ». Et s’il n’y avait que du shit… « Il y a aussi de la beu  [herbe de cannabis], de la coke, à 80 € le gramme ou 10 € la trace, de la rabla – ça c’est l’horreur, c’est vraiment pour les camés [en arabe, cela signifie poudre. Héroïne très fortement coupée] , 60 € le caillou. De l’héroïne, du Subutex, de la méthadone, du Seresta – avec un fort dosage, ça donne très envie de boire de l’alcool, etc. », explique un ex-malade.

Quant aux malades, ils ont de l’argent. « Beaucoup ont l’AAH, c’est 900 € par mois. Ils paient en liquide avec l’argent de l’État », précise un travailleur social. « Puis il y a du trafic de médicaments, aussi, en marge, même si c’est un peu tabou. Il y a pas mal de médicaments qu’on peut trouver en HP [hôpital psychiatrique] qui sont aussi des drogues ».

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

1 COMMENTAIRE

  1. […] Nantes, l’hôpital psychiatrique supermarché de la drogue : « Quant aux malades, ils ont de l’argent. Beaucoup ont l’AAH, c’est 900 € par mois. Ils paient en liquide avec l’argent de l’État », précise un travailleur social. « Puis il y a du trafic de médicaments, aussi, en marge, même si c’est un peu tabou. Il y a pas mal de médicaments qu’on peut trouver en HP [hôpital psychiatrique] qui sont aussi des drogues ». https://www.breizh-info.com/2020/01/13/134391/nantes-lhopital-saint-jacques-supermarche-de-la-drogue […]

Comments are closed.