La Bretagne, triste détentrice du record de la consommation hebdomadaire de vin et de bière

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Il y en a que cela fait encore rire ou qui prendraient ces résultats pour une médaille. Les chiffres nationaux et régionaux, dévoilés ce 14 janvier 2020 par Santé publique France à travers une série de Bulletins de santé publique (BSP), montrent que la consommation d’alcool est préoccupante dans notre pays : 11,7 litres par an et par habitant d’au moins 15 ans en 2017.

La Bretagne figure tristement en tête de la consommation hebdomadaire de vin et de bière, et se classe troisième pour la consommation d’alcool fort. En Bretagne, la consommation quotidienne d’alcool est légèrement supérieure à la moyenne nationale (10,1 %).  Elle est significativement moins fréquente en Pays de la Loire (8,1 %). Selon les chiffres de Santé publique France, notre région est la région de France qui a connu la plus forte augmentation des alcoolisations ponctuelles (6 verres ou plus en une seule occasion) (+3,4 points, passage de 16,9 % en 2005 à 20,3 % en 2017).

Nationalement, c’est au niveau de la jeunesse que les chiffres sont préoccupants : Près d’un quart (23,6%) des 18-75 ans dépassaient les repères de consommation. Chez les jeunes (18-24 ans), plus d’un sur huit déclare au moins dix ivresses par an, et chez les seniors (65-75 ans), un sur quatre boit quotidiennement de l’alcool.

Bien que le volume global d’alcool pur consommé en France (11,7 litres par habitant de 15 ans et plus en 20171) soit en diminution depuis les années 60, essentiellement en raison de la baisse de la consommation quotidienne de vin, la France reste parmi les pays les plus consommateurs d’alcool au monde, se situant au sixième rang parmi les 34 pays de l’OCDE.

Les conséquences de l’alcool et de l’alcoolisme

La consommation d’alcool est à l’origine de nombreuses maladies (hémorragie cérébrale, cancers, hypertension…) et constitue aujourd’hui une des principales causes de mortalité évitable avec 41 000 décès attribuables par an. Santé publique France et l’Institut National du Cancer ont mené un travail d’expertise scientifique qui a permis de fixer de nouveaux repères de consommation à moindre risque si l’on consomme de l’alcool.

  • maximum 10 verres par semaine,
  • maximum 2 verres par jour,
  • des jours dans la semaine sans consommation.

Nous avions déjà publié un article sur la Bretagne qui s’autodétruisait par l’alcool, la drogue, le tabac, en 2018 déjà…

Peut être faudra-t-il un jour que les pouvoirs publics (tout est question de volonté politique) s’intéressent à la façon dont la Russie notamment, a fait chuter l’alcoolisme (idem en Ukraine) en quelques années. Dans ces pays, on voit de plus en  plus, chez les jeunes générations, un refus de l’alcoolisation, de la drogue, et une mise au ban de la société, par la jeunesse elle même, de ceux qui dealent, se droguent, s’alcoolisent quotidiennement.

La consommation d’alcool par individu a reculé en Russie de 43 % entre 2003 et 2016, sous l’effet d’une politique de restrictions menée depuis le début des années 2000, et d’une révolution culturelle. . Résultat, en 2017, chaque Russe de plus de 15 ans avait consommé en moyenne 11,1 litres d’alcool pur, soit moins que les Français (11,7 litres), mais encore plus que la moyenne européenne qui s’établit à 9,8 litres. Un article du journal Le Monde explique les principales mesures prises :

« Un prix minimum de vente a d’abord été introduit, qui s’établit aujourd’hui à 250 roubles (3,5 euros) pour 50 cl de vodka ; les boissons les plus alcoolisées ont ensuite été retirées de la vente la nuit (à partir de 23 heures) ; le nombre de lieux publics où la consommation a été interdite s’est étendu ; la publicité a été bannie et l’interdiction de vente aux mineurs est très strictement appliquée, avec une interdiction jusqu’à 21 ans aujourd’hui en discussion. Par ailleurs, la bière a été reconnue en 2011 comme boisson alcoolisée, et donc soumise à ces restrictions »

Pour éviter de poursuivre toujours plus la spirale d’autodestruction dans laquelle est entrée la Bretagne depuis plusieurs générations, une révolution culturelle importante est nécessaire. Quand les acharnés du « faire la fête » et du « je tiens l’alcool mieux que tout le monde » commenceront à être plus montrés du doigt par leurs copains que celui qui indique ne pas boire en soirée sous les yeux incrédules de ses congénères, celle-ci aura débuté….

Crédit photo : DR
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