La délinquance liée aux mineurs étrangers isolés explose à Nantes depuis deux à trois ans – une partie d’entre elle recouvre des vols à la roulotte, mais aussi des vols à la tire ou des vols de collier, souvent à main armée. Un mineur qui se dit âgé de 13 ans – un âge qui permet d’échapper à l’emprisonnement ferme – a été arrêté trois fois en trois jours à Nantes.

Arrêté trois fois en trois jours…

Il a en effet été arrêté trois fois les 13 et 14 janvier, pour vol, recel de vol et enfin vol à main armée d’un collier en or – sous la menace d’un couteau, en réunion, dans la soirée du 14 à l’arrêt Hôtel-Dieu, véritable point noir de l’insécurité en centre-ville. A chaque fois il a été remis en liberté – cependant il pourrait légalement aller en prison, ou en centre éducatif fermé, ce qui est impossible en-dessous de 13 ans.

« Les magistrats se plaignent du sous-effectif et de l’augmentation de l’insécurité, mais ils en sont directement responsables », tempête ce policier nantais chevronné. « Quand ils remettent dehors des délinquants chevronnés, quand ils libèrent ou refusent de poursuivre des gens qui se disent mineurs mais qui n’ont, d’abord, rien à faire sur notre sol, ensuite, qui ne sont pas mineurs du tout, ou n’ont pas l’âge qu’ils disent et enfin, qu’on a déjà arrêté trente ou quarante fois, ils leur disent en substance ‘’bravo les gars continuez, vous êtes libres de piller, voler, violer à Nantes, vous ne serez pas punis’’. A se demander s’ils habitent ici ou s’ils ont des enfants ? »

Déjà condamné à Montpellier

Et ce d’autant que cet adolescent en particulier a déjà été condamné à des peines de prison ferme à Montpellier – il l’a cependant été par défaut, puisqu’il était absent à son jugement. « Ce genre de délinquant n’a rien à faire dehors », résume un autre policier nantais. « On sait très bien que dès lors qu’on va le libérer, il va retourner en ville, là où il a l’habitude d’agir, et il va recommencer. Encore et encore, parce qu’il sait que le système le protège. La seule chose qui marche, c’est que l’institution dise stop et l’envoie en prison. La bienveillance, ils prennent ça pour de la complaisance et commettent des délits toujours plus graves ».

Un point de vue issu du terrain qui visiblement peine à se faire entendre auprès des magistrats à Nantes. « La conséquence, les Nantais la subissent au quotidien – la ville est de moins en moins sûre, et beaucoup s’inquiètent quand ils rentrent tard ou lorsque leurs enfants sont sortis. Ce n’est pas contre la police qu’il faut manifester. Nous on fait ce qu’on peut, avec très peu de moyens par rapport à tout ce qui se passe et à la gravité de ce qui se passe. Mais clairement, l’institution judiciaire nous empêche de faire notre travail et d’assurer la sécurité des nantais ».

Louis Moulin

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