Aux municipales de Nantes en 2020, il y aura finalement au moins un homme – un autre est pressenti comme tête de liste du NPA. Ce premier homme est Hugo Sonnier, de l’UPR, qui a complété sa liste, Nantes en exemple. Nous l’avons interviewé. Ce sera la seule liste UPR du département – près de 300 adhérents  à Nantes, 750 en Loire-Atlantique-, le parti ayant tenté, puis jeté l’éponge, à Saint-Nazaire et Sucé-sur-Erdre.

Breizh Info : Pouvez-vous vous présenter ?

Hugo Sonnier : Je suis nantais depuis sept ans, j’étais auparavant à Grenoble. J’ai adhéré pour la première fois à un parti – c’était l’UPR – il y a six ans. Maintenant, ça fait quatre ans que je suis délégué du département de Loire-Atlantique. Je suis technicien procédé à Carquefou ; j’ai été candidat aux régionales en 2015, aux législatives dans la 5e circonscription en 2017 [0,62 %] et aux européennes.

Breizh Info : L’UPR est un parti relativement peu connu à Nantes. Quels profils avez-vous sur votre liste ?

Hugo Sonnier : Tous. Du médecin au technicien, du retraité à l’étudiant, des adhérents UPR et non. Nous avons aussi des tractations avec d’autres mouvements, mais dans la mesure où nous avons complété notre liste…

Breizh Info : Quelles sont les grandes idées de votre campagne ?

Hugo Sonnier : Comme à chaque campagne, le leitmotiv est d’être le porte-parole de la démocratie. Nous sommes pour l’honnêteté en politique, l’application des 30 propositions d’Anticor, la transparence, le casier judiciaire vierge des élus, le referendum d’initiative locale pour tout grand projet comme le CHU, l’Arbre aux Hérons, le nouveau stade. À terme nous voulons mettre en place un conseil représentatif de tous les quartiers de Nantes composé de citoyens tirés au sort, pour élaborer une liste de propositions locales tous les deux ans.

Breizh Info : Et concernant les transports en commun ?

Hugo Sonnier : Nous en proposons la gratuité totale, pour désengorger la circulation, de 7h à 9h, de 17 à 19h.

Breizh Info : Sur les réseaux sociaux, votre liste a été épinglée le 8 janvier dernier pour avoir promis de supprimer la pub aux arrêts de bus – qui rapporte un million d’euros par an à la municipalité. Qu’en dites-vous ?

Hugo Sonnier : Je maintiens. Cela a été fait à Grenoble il y a six ans, ils ne s’en sortent pas plus mal – du moins sur ce sujet-là. C’est un modèle, qui pousse vers toujours plus de publicité, qu’il faut changer.

Breizh Info : Que voulez-vous faire contre l’insécurité, enjeu crucial des municipales à Nantes ?

Hugo Sonnier : On veut arriver à deux cent policiers municipaux, mais pas que des patrouilles itinérantes – il faut sécuriser le centre-ville, Commerce, le Bouffay, le Hangar à Bananes. Il faut une police municipale 24h/24, pour ne pas laisser la ville à la merci des délinquants. Par ailleurs il y a un gros problème avec la justice, si les délinquants font ce qu’ils font, c’est qu’ils savent qu’ils n’ont rien à craindre.

Breizh Info : Quel est votre avis sur les grands projets en cours, notamment le très coûteux Arbre aux Hérons ?

Hugo Sonnier : Nous ne remettrons pas en cause ce qui est en cours ; cependant l’Arbre aux Hérons devra être gratuit pour les Nantais.

Breizh Info : Que pensez-vous du fiasco des E-Busway, 53 millions d’euros jetés par les fenêtres sous la houlette de Johanna Rolland pour des busways plus novateurs, certes, mais toujours pas fiables ?

Hugo Sonnier : Oui à l’innovation, mais moins cher pour les Nantais et fonctionnelle. Nous prioriserons nos investissements sur le logement et les parkings-relais.

Breizh Info : Que pensez-vous de l’expansion incontrôlée de Nantes ?

Hugo Sonnier : Nantes fait tout pour s’accaparer la métropolisation et prendre le pas sur les autres villes. Nous on veut y donner un coup d’arrêt. Cette expansion est le prix de l’attractivité de Nantes.

Breizh Info : Que ferez-vous de la politique artistique, et notamment de Royal de Luxe, largement abreuvé de fonds publics pour créer des « installations » d’art contemporain largement incomprises, surtout dans les quartiers populaires… comme en témoigne la destruction de la « voiture transpercée par un arbre » à Bellevue ?

Hugo Sonnier : Il faut faire un état des lieux dans les dépenses, qu’est-ce qui va à quelle association. Un audit de dépenses publiques sur le financement des associations serait nécessaire, car il n’est pas équitable. On veut mettre en avant la transparence des décisions et des documents. Par ailleurs, je ne suis pas certain que Nantes ait besoin d’un Arbre aux Hérons.

Breizh Info : Enfin, que pensez-vous de la réforme des retraites, et des manifestations qui y sont opposées et qui plombent l’activité du centre-ville, avec leur cortège de casse et de maintien de l’ordre à grands coups de gaz lacrymogène ?

Hugo Sonnier : Si demain le gouvernement arrêtait sa fuite en avant, les manifestations s’arrêteraient et le centre-ville ne serait plus plombé. À titre personnel, je suis contre cette réforme des retraites. Il n’y a pas de raison qu’on mette tout à égalité en siphonnant les fonds des caisses, quant à l’ouverture à la capitalisation, ce n’est pas le plus préférable. Je déplore cependant qu’il y ait des casseurs – cela dit, cela fait un an qu’existe le mouvement des Gilets jaunes, et le gouvernement n’a rien voulu entendre, rien savoir, rien céder.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

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