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La fin du Moyen Âge, L’écume des lames, Invaincu, La Bretagne n’a pas dit son dernier mot, Comment notre inconscient nous rend malade ?, Aux origines de l’État breton : voici la sélection littéraire de la semaine à découvrir ci-dessous.

La fin du Moyen Âge

De Joël Blanchard

Délimitée par le règne des premiers Valois, de 1328 à 1515, la fin du Moyen Âge est une période haute en couleur, forte en contrastes, marquée par la guerre de Cent Ans, les rivalités fratricides entre princes du sang, les rébellions communales contre l’impôt, les pandémies comme la peste noire, la lutte inexpiable entre Armagnacs et Bourguignons. Elle est aussi marquée par des débats érudits, des discussions théologiques, une abondante production d’œuvres littéraires, prophétiques, juridiques… Loin de l’image du déclin et du désenchantement popularisée par le romantisme, Joël Blanchard donne à voir une fin de Moyen Âge inspirée, savante, bouillonnante d’idées neuves et traversée d’une rare vitalité créative. Puisant dans ses connaissances du paysage culturel, politique et militaire du royaume de France en ce temps-là, l’auteur réhabilite avec pénétration et un incontestable brio presque deux siècles d’une histoire trop souvent négligée

Professeur émérite à l’université du Maine, Joël Blanchard est un spécialiste reconnu du Moyen Âge tardif. Il est l’auteur d’une biographie remarquée de Philippe de Commynes (Fayard, 2006), et de très nombreux travaux et éditions de référence sur les XIVe et XVe siècles.

La fin du Moyen Âge – Joël Blanchard – Perrin – 24 €

L’écume des lames

De Jean-Marie Quémener

Yann Kervadec est de retour. Sa mission officielle ? Convoyer, dans le plus grand secret un plant de café, volé dans les jardins botaniques du roi, vers la Martinique. Et tromper les Hollandais qui tentent de l’en empêcher… Officieusement, Yann Kervadec est chargé par Louis XV de retrouver le « Sancy », un diamant maudit qui a porté malheur, voire tué tous ceux qui l’ont eu en leur possession. La pierre, désormais propriété de la cour d’Espagne, a été envoyée à Carthagène des Indes, auprès du vice-roi espagnol. Yann va devoir retourner aux Antilles et se battre contre un nouvel adversaire : le royaume d’Espagne. Il aura besoin de tout son équipage : sa femme, l’ancienne esclave, magnifique de fierté, Médeline ; son meilleur ami et fameux esthète shakespearien, Finn ; ses deux amies pirates, farouches et sauvages, Ann Bonny et Mary Read ; et bien sûr le titan noir Abiola, l’oncle de Médeline.

Deux nouveaux personnages viendront arpenter le pont de l’Oroun : Henry, entrevu dans La République des Pirates et Baruch Cohen Henriques, espion du roi et homme de ressources infinies. Tous devront affronter une redoutable espionne espagnole : l’avispa (« la guêpe »). Yann surtout devra choisir entre Médeline, à la torture de ne pas avoir d’enfant, et la très attirante doña aux yeux verts envoûtants. Aidé aussi par les miséreux des docks de Londres, au bout de l’aventure et de lui-même, Yann se bat pour rester gueux des mers et seigneur de son propre destin et de celui de ceux qu’il aime.

L’écume des lames – Jean-Marie Quémener – Plon (parution le 6 février)

Invaincu, Rocky Marciano, l’odyssée du plus grand poids lourds de tous les temps

De Mike Stanton

Petit, maladroit, n’ayant commencé à s’entraîner qu’à vingt-quatre ans, Rocky Marciano a attaqué le monde de la boxe par la face nord avant de devenir, envers et contre tout, le plus puissant poids lourds de l’Histoire, avec une force de frappe avoisinant l’effet de choc d’une tonne sur un corps. De la misère des villes ouvrières de la côte Est aux valises remplies de billets, de l’anonymat à son amitié avec Frank Sinatra et Marilyn Monroe, de la fréquentation des prêtres à celle des mafieux, l’odyssée de sa vie est celle de toute une époque avec en toile de fond une obsession : faire mentir les circonstances.

Mike Stanton, professeur à l’université du Connecticut, a dirigé l’équipe d’enquête du Providence Journal, travail pour lequel il a partagé un prix Pulitzer. Il est l’auteur de Prince of Providence, élu New York Times best-seller.

Rocky Marciano, l’odyssée du plus grand poids lourds de tous les temps– Mike Stanton Ring 22,90 €

La Bretagne n’a pas dit son dernier mot

De Marcel Texier

Un cheminement patient, mais aussi l’aboutissement d’une quantité énorme de lectures dans diverses langues, de participations à des congrès, colloques, séminaires et surtout d’une réflexion méthodique menée pendant plus de trente ans, le tout passé au crible d’une culture philosophique qui pousse celui qui la possède (ou en est possédé !) à aller toujours plus loin, à aller au fond des choses. Le résultat : un livre aux multiples facettes, qui ouvre des perspectives, bouscule quantités d’idées reçues, libère de préjugés enkystés chez beaucoup de Bretons, mais pas seulement eux. Ce livre n’est pas exempt de coups de gueule, de coups de colère, de coups de sang, mais l’auteur s’efforce toujours de les dominer, de les dépasser en se hissant à un niveau qui lui permet d’atteindre un état d’esprit plus serein et finalement plus lucide. L’humour pointe aussi son nez par-ci par-là, ce qui ne gâte rien. Bref, c’est une bourrasque qui « décoiffe », mais balaie bien des miasmes, un coup de « gwalarn » (vent du nord-ouest en breton) dérangeant mais salubre dans le ciel breton et – pourquoi pas ? français et européen.

Un livre paru en 2004 déjà, mais que nous proposons aujourd’hui car toujours d’actualité en ces temps d’accélération de l’histoire, notamment concernant les régions d’Europe.

Marcel Texier est agrégé d’anglais. Après avoir enseigné le français en Angleterre, en Suède et aux États-Unis, il a été professeur pendant pendant vingt-trois ans à l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers où il était, en outre, chargé des relations avec les pays de langue anglaise et de l’Europe du Nord.

Natif du pays gallo, il s’est « éveillé » à la langue bretonne après son séjour aux États-Unis en 1968. Depuis, il n’a cessé de se battre pour cette langue et pour les autres langues de moindre diffusion. Il a été secrétaire général de l’Association Internationale pour la Défense des Langues et Cultures Menacées (AIDLCM). Il milite également au sein de l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques européennes (UFCE) et membre du Conseil Consultatif de l’Institut International pour le Droit des Groupes Ethniques et le Régionalisme (INTEREG). Il est vice-président de l’Organisation des Bretons de l’Extérieur (OBE). Il est aussi vice-président de l’Association Européenne des Linguistes et Professeur de Langues (AELPL).

La Bretagne n’a pas dit son dernier mot Marcel Texier Yoran Embanner 16,50 €

Aux origines de l’État breton

De Yves Coativy

L’ouvrage décrit la construction de l’État breton à ses débuts.

Loin de la doctrine des Montforts, les ducs de la maison de Dreux administrent entre 1213 et 1341 leur principauté en bons pères de famille, efficaces, économes et sans trop de scrupules.

Ils achètent, confisquent, volent parfois les terres de leurs vassaux et renforcent leur principauté en la bardant de châteaux forts qui sont autant de centres administratifs et de symboles de leur pouvoir. Entourés et aidés de quelques centaines d’officiers et de fermiers, ils administrent de façon très rigoureuse leur domaine.

Cette politique très efficace est remise en cause par la guerre de Succession (1341-1364) qui ouvre une nouvelle époque en Bretagne. Grâce à une étude systématique des sources et à un important travail de prosopographie des serviteurs des ducs, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la Bretagne des XIIIe et XIVe siècles.

Aux origines de l’État breton – Yves Coativy Presses Universitaires de Rennes 26 €

Comment notre inconscient nous rend malade ?

Du Dr Thomas-Lamotte

Ce qui culpabilise une personne et l’empêche d’en parler (elle n’ose le dire à quiconque) va être caché dans son inconscient. Mais quand ce mauvais « souvenir » est réveillé, son inconscient va alors automatiquement lui créer un alibi symbolique parfaitement adapté pour exprimer ce « non-dit ». Cet alibi se manifestera par une maladie, un accident, un changement de caractère… ou bien un piercing, un tatouage, ou encore un comportement systématique. Jamais la phrase classique française « s’en rendre malade » n’a été aussi justement illustrée que par ce livre. Le Dr Thomas-Lamotte, neurologue depuis 40 ans, expose les coulisses intérieures de notre inconscient qui mènent aux accidents, maladies et autres misères et nous montre comment « guérir » et surtout « prévenir » en donnant, et expliquant, des multiples cas pratiques, réunis grâce à sa vie de médecin.

Un livre scientifique qui se dévore grâce à la pédagogie d’écriture de son auteur et aux nombreux cas pratiques qu’il cite, tirés de son expérience professionnelle.

Pierre-Jean Thomas-Lamotte est médecin, spécialiste en neurologie. L’abandon des fonctions hospitalières pour le choix d’une activité libérale lui a permis de privilégier l’écoute du malade et une réflexion sur le rôle du cerveau dans l’organisation somatopsycho-spirituelle de l’homme.

Comment notre inconscient nous rend malade ? – Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte Le jardin des livres 24 €

Crédit photo : DR
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