La presse mainstream titre depuis quelques heures sur la « menace terroriste » d’extrême droite, suite aux deux fusillades qui se sont déroulées en Allemagne, à Hanau (Hesse) dans la soirée du 19 février (9 morts). Le tireur a été présenté comme un militant d’extrême droite, ce qui a permis à Angela Merkel, à Emmanuel Macron, et à toute une série d’élus et de journalistes d’évoquer le terrorisme d’extrême droite, la menace sur la démocratie, etc.

Avec toujours en ligne de mire la même volonté : vouloir empêcher tout débat réel et toutes mesures sérieuses sur l’immigration, dénoncée par une partie croissante de l’opinion européenne qu’il sera toutefois difficile d’assimiler dans sa majorité au terrorisme d’extrême droite…(on a même vu un responsable de Générations.S accuser C News de faire le jeu du terrorisme en employant Eric Zemmour…)

Problème : le tireur est un malade mental, complotiste, n’ayant pas le moindre lien ni avec un parti, ni avec une organisation d’extrême droite, comme l’explique Patrick Moreau,  chercheur au CNRS et à l’Université de Strasbourg, dans une interview au Figaro Vox.

« Il faut absolument distinguer Tobias Rathjen de l’extrême droite allemande. Il s’agit d’un complotiste authentique, comme l’illustre l’enregistrement de son discours à la nation américaine mis en ligne sur Facebook. Tobias Rathjen appelle dans celui-ci les Américains à se révolter contre des puissances obscures qui auraient selon lui des bases secrètes où l’on tuerait des enfants et adorerait le diable. Ces organisations secrètes seraient capables de manipuler les cerveaux, notamment celui du président Donald Trump » explique-t-il avant de poursuivre :

« Sa vision du monde est fondée sur la notion de race et il considère que la race allemande est supérieure aux autres peuples, notamment aux Asiatiques. Son discours regorge de références à la Chine. Il prévoit par exemple un conflit entre cette puissance et les États-Unis. Pour lui, les peuples inférieurs, notamment les Arabes et Israël, doivent être exterminés. Mais il n’y a pas vraiment de points communs avec le discours national-socialiste traditionnel ou avec l’extrême droite politique type AFD (Alternative für Deutschland). Ni d’ailleurs avec les revendications environnementalistes des tueurs d’El Paso et de Christchurch »

Mais aussi : « Le tueur d’Hanau s’est radicalisé sans nourrir de contact avec l’extrême droite. Il n’était même pas perçu par son environnement comme raciste. Il s’agissait d’une personne extrêmement isolée, sans aucune vie sentimentale (un incel), ce qui explique que personne ne l’ait vu venir »

A noter que le tueur, qui a publié une vidéo et un manifeste qui lui aurait valu l’internement dans n’importe quel hôpital psychiatrique du monde, a également tué sa mère, avant de mettre fin à ses jours.

Les lecteurs et observateurs remarqueront par ailleurs qu’aucun média français n’a évoqué le terme « déséquilibré », terme qui revient systématiquement lorsqu’une fusillade, un meurtre, un attentat, est perpétré par des islamistes. Immédiatement, les termes « extrême droite » et « xénophobie » mais aussi « contexte d’extrême droite » (suite aux interpellations qui avaient précédé dans la semaine) ont été évoqués, sans le moindre questionnement, comme pour dérouler un scénario déjà écrit (lire à ce sujet cette interview post-soviétique de Robert Lüdecke par Ouest France)

Par ailleurs, on remarquera que cette affaire a provoqué une réaction immédiate d’Angela Merkel (puis d’Emmanuel Macron, puis de la présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen). Trois personnalités majeures qui n’ont rien exprimé, rien dit concernant ces trois réfugiés Afghans accueillis grâce à la volonté de Merkel et qui ont violé une fillette de 11 ans. Ni lors de cette fusillade mortelle, elle aussi très récente. Rien non plus concernant ce meurtre sordide d’un pompier devant sa femme…Les affaires de viols, meurtres, agressions sordides en Allemagne sont pléthores ces dernières années, mais ne suscitent pas les commentaires de la presse mainstream, ni l’indignation des responsables politique de premier plan.

Médiapart, qui s’est d’ailleurs jeté sur l’occasion pour évoquer les 91 victimes du terrorisme d’extrême droite dans le monde occidental depuis un an, n’a pas jugé bon de dresser un comparatif avec les victimes des conséquences de l’immigration dans le monde occidental depuis un an. La liste est, elle aussi, très, très longue, pourtant…

 Et que dire de la conclusion lunaire du social-démocrate Michael Roth, secrétaire d’Etat aux affaires européennes : « Le milieu à l’origine d’actes comme ceux de Hanau se nourrit idéologiquement de fascistes comme Björn Höcke [chef de l’AfD en Thuringe]. La haine de la démocratie, le racisme, l’antisémitisme, la haine contre les Tziganes et l’islamophobie prospèrent sur des terres fertiles. Pour cela, je maintiens ma position : l’AfD est le bras politique du terrorisme d’extrême droite. »

Ces réactions instantanées, massives, violentes, et surtout, à géométrie variable (avec des « éléments de langage » différents selon les origines des assassins) ne peuvent qu’amener les populations à se poser des questions légitimes, car derrière ces condamnations de façade, il semblerait que certains espèrent tout simplement profiter de la chose pouvoir faire interdire, définitivement, tout débat sur les conséquences de l’islamisation et de l’immigration sur l’Europe et sur les peuples européens….

Plus c’est gros, plus ça passe…

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