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Le nombre de demandes d’asile dans l’UE a augmenté pour la première fois en 2019 depuis la crise des migrants de 2015. Pourquoi une telle hausse ?

Demandes d’asile : première hausse depuis 2015 dans l’UE

Plus de 714 000 personnes ont demandé l’asile ou une forme de protection internationale dans les 28 États de l’Union européenne ainsi qu’en Norvège et en Suisse en 2019 selon le dernier rapport du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) publié le 26 février. Ce qui constitue une augmentation de 13 % en comparaison de 2018.

Particularité de ces données concernant 2019, « c’est la première fois depuis 2015 qu’il y a plus de demandes que l’année précédente », relève EASO dans son communiqué. En 2015 justement, le nombre de demandes d’asile avait explosé avec la crise migratoire pour atteindre un record de près de 1,4 million.

Pour expliquer cette tendance, le Bureau européen d’appui en matière d’asile indique que « la majeure partie de l’augmentation est due au grand nombre de demandes déposées par des demandeurs exemptés de l’obligation de visa pour entrer dans l’espace Schengen ». Un espace qui permet donc la libre circulation sans passeport à travers 22 pays membres de l’UE plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. De plus en plus de personnes demandant l’asile dans l’Union européenne arrivent ainsi de pays ayant conclu des accords de voyage sans visa avec l’UE, notamment d’Amérique latine, plutôt que d’entrer sans autorisation.

D’où viennent ces migrants ?

Quant à la provenance de ces demandeurs d’asile, les trois principaux pays pourvoyeurs sont la Syrie (72 000 demandes en 2019), l’Afghanistan (60 000) et le Venezuela (45 000). Si le nombre de Syriens est stable par rapport à 2018, celui des Afghans a augmenté de 30 % tandis que les demandeurs vénézuéliens ont doublé en un an. L’Amérique du Sud est ainsi la zone d’origine d’un grand nombre de demandeurs exemptés de visa. Outre le Venezuela, la Colombie, le Salvador et le Honduras contribuent aussi à gonfler les chiffres avec des demandes d’asile également en forte hausse en provenance de tous ces États. Les Colombiens ont notamment déposé trois fois plus de demandes l’année dernière qu’en 2018.

De son côté, EASO considère que « la hausse peut être attribuée principalement à une nette augmentation des demandes introduites par des ressortissants de plusieurs pays latino-américains dispensés de visas » pour voyager dans l’espace Schengen.

La crise politique au Venezuela a déclenché un exode à la mi-2015, qui n’a cessé de s’amplifier en raison de l’hyperinflation paralysante, des pénuries de nourriture et de médicaments et de la forte criminalité. Selon les Nations unies, 2,3 millions de personnes ont fui le pays au cours des trois dernières années.

33 % des demandes aboutissent en Europe

Pour les migrants sud-américains, l’Espagne est souvent une destination privilégiée. Le nombre de personnes nées au Venezuela et vivant en Espagne est passé de 165 000 en 2015 à 255 000 en trois ans, selon l’Institut national espagnol de la statistique.

Enfin, au sein de l’Union européenne, 33% des dossiers de demandes d’asile aboutissent à des décisions positives. Un chiffre stable par rapport à 2018. Si les Macédoniens (1 % de demandes acceptées), les Vénézuéliens (5 %) et les Albanais (6%), à savoir des individus provenant de pays dispensés de visas pour Schengen, reçoivent très généralement une réponse négative, les Syriens (85%), Yéménites (82%) et autres Erythréens (81%) voient leurs dossiers très majoritairement validés. Ajouté à cela, certains persistent malgré les refus puisqu’environ une demande sur 10 est formulée suite à une précédente réponse négative.

Quant au cas français, rappelons que les demandes d’asile y ont augmenté de 7,3 % en 2019 avec 132 614 dossiers de migrants déposés à l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), faisant du pays le premier d’Europe en la matière. Dans le même temps, le nombre de migrants ayant obtenu l’asile en France en 2019 a augmenté de 9,5 % par rapport à 2018 avec l’Afghanistan comme le premier pourvoyeur de migrants vers l’Hexagone.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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