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Alors que les premiers cas de coronavirus ont été identifiés, et que des patients malades se trouvent notamment à l’hôpital de Brest, les autorités affirment en France que tout est prêt pour faire face à une épidémie. Pourtant, au sein même des hôpitaux, les personnels ne semblent pas de cet avis.

Emmanuel Macron a d’ailleurs été chahuté lors de sa visite d’un hôpital hier. Mélanie, une jeune infirmière exerçant dans un service d’urgences d’un CHU de Bretagne pouvant accueillir des malades du Coronavirus (elle ne souhaite pas que nous dévoilions lequel, tout en expliquant que la situation est la même quasiment partout selon elle) n’est pas non plus de l’avis des autorités : « Comment voulez vous que nous puissions faire face à un afflux de patients se présentant aux Urgences alors qu’actuellement, nous sommes déjà au bord de l’explosion ? » nous dit-elle.

Face à l’aggravation de la contamination au coronavirus en Italie, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé que 70 hôpitaux supplémentaires pouvaient accueillir de nouveaux malades, soit 108 au total. .

« C’est du pipo toute cette communication. Ce qui va se passer, c’est que nous allons rapidement être débordés, et pas forcément en mesure d’accueillir tout le monde dans les hôpitaux. Pire encore, si l’on ne se focalise que sur le coronavirus, on risque de passer à côté d’autres patients présentants des maladies graves ou des urgences nécessitant elles aussi un traitement rapide »

Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a précisé jeudi que le numéro vert (0800 130 000) mis en place pour répondre aux questions serait désormais ouvert 24 heures sur 24 heures et que le numéro d’urgence « 15 » ne devait être utilisé qu’en cas de « suspicion médicale » liée au coronavirus.  Une personne avec des signes de détresse respiratoire aiguë non expliquée doit être considérée comme un « cas possible de coronavirus », même sans notion de voyage dans une zone à risque ou de contact étroit avec un cas confirmé, a-t-il également insisté.

« Actuellement, les gens viennent déjà aux Urgences pour un oui ou pour un non. Alors là, vous n’imaginez même pas la vague de paranoïaques que l’on va devoir prendre en charge, puis refouler au final. Ils sont en train de créer une psychose chez les gens et ce sont les personnes hospitaliers qui vont devoir y faire face. Sans personnel supplémentaire, ça ne sera même pas compliqué, ça sera impossible à gérer ».

Les choses ont le mérite d’être claires, et dénotent un peu de la communication « officielle » du ministère, visiblement mal informé de la situation dans les services.

Illustration : DR
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