Unité. Responsabilité. Vitesse : comment la Chine a vaincu le coronavirus

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La Chine revient enfin à la normale. Les établissements rouvrent, la vie reprend. Dans un pays de plus d’un milliard d’habitants, on ne compte plus que quelques dizaines de cas par jour, souvent venus d’Europe ou du Moyen-Orient. Le dernier hôpital complémentaire ouvert pour endiguer le pic épidémique à Wuhan vient de fermer et les médecins venus d’autres régions chinoises rentrent chez eux. Comment la Chine est venue à bout du coronavirus ? Réponse dans le journal ukrainien Strana.ua

Pour endiguer l’épidémie, les Chinois ont mis sous quarantaine la province de Hebei – presque aussi peuplée que la France (65 millions d’habitants) et ont construit un hôpital complémentaire en dix jours. Une quinzaine de stades et de parcs d’expositions ont aussi été transformés en hôpitaux complémentaires. Une rapidité liée à la dictature ? Pas seulement.

Le sous-directeur de l’OMS Bruce Aylward déclare pour sa part : « en Chine nous avons découvert que tout était dans la vitesse de réaction. On peut contrôler la situation avec une épidémie liée à une maladie respiratoire si on arrive très vite à détecter les malades, les isoler, détecter leurs contacts et les isoler aussi. Ils doivent reconnaître le sérieux de la situation et coopérer avec le pouvoir ».

C’est la coopération des Chinois qui a étonné Bruce Aylward : « les gens n’avaient pas peur du pouvoir, mais du virus et de ses conséquences, s’il n’arrivent pas à mettre en œuvre les efforts communs nécessaires. Le pouvoir a joué un rôle clé dans la direction, mais les efforts étaient vraiment communs ».

Sur son compte Facebook, l’Ukrainienne Katerina Edelstein qui travaille dans le marketing à Shanghaï n’écrit pas autre chose : « pourquoi la Chine est venue à bout de l’épidémie en trois semaines et pourquoi en Europe la situation ne cesse de s’aggraver, et on ne voit pas le bout du tunnel ? Le vrai secret, c’est l’unité et la responsabilité de la société chinoise. Du jour au lendemain, les gens se sont enfermés chez eux pour une quarantaine volontaire, ont limité leurs contacts avec le monde extérieur, ont mis des masques et ont appliqué les mesures nécessaires – ils se lavaient les mains ».

En Chine, alors que la vie quotidienne reprend timidement son cours, « on continue à assurer les mesures de sécurité : on se lave les mains, dans l’ascenseur de mon immeuble il y a des serviettes désinfectantes pour essuyer les boutons, à l’entrée des parcs, des immeubles, des bureaux, on mesure la température », écrit Katerina Edelstein. « Jusque là, la livraison à domicile était populaire, et maintenant encore plus. Je peux même me faire livrer les légumes depuis l’épicerie à 300 m de chez moi. Cependant la livraison arrive chez le gardien, qui dépose ensuite dans l’entrée de l’immeuble, et tu récupères le paquet ensuite. On essaie d’éviter les contacts directs. Il n’y a pas de problèmes de ravitaillement ».

À Wuhan, la population reste encore à la maison. « Des bénévoles amènent de la nourriture : des légumes, des œufs. Ils mettent dans des sacs et distribuent aux gens. Dans les cours des immeubles il y a des tentes qui servent de check-points, on y vérifie la température et l’identité de tous ceux qui entrent ou sortent », écrit la danseuse Nastia Zinchenko, que les autorités ukrainiennes ont refusé d’évacuer de Wuhan à cause de son petit chien.

Au Vietnam voisin (61 cas d’infection dont 16 guéris), les pertes seront principalement pour le tourisme – entre 5 et 7 milliards de dollars. « Le gouvernement ici est sévère et se préoccupe des gens », explique une Ukrainienne expatriée, Irina Kokota. « Encore en janvier, ils ont annulé les visas des Chinois et des Coréens. Aujourd’hui, le pays est fermé aux Européens. Quand ils ont trouvé un malade dans un avion, ils ont cherché tous les passagers partout au Vietnam et les ont obligé à faire des tests. Chaque jour il y a des SMS sur les téléphones : c’est le gouvernement qui explique la situation. Ils ont fait une carte interactive avec les endroits où étaient les gens qui étaient infectés – les autorités leur demandent où ils étaient et avec qui ils ont été en contact. Après les autorités se rendent dans les établissements concernés, mettent tout le monde en quarantaine dans la minute et ferment les lieux pour trois semaines de désinfection ».

Ce 16 mars, les Chinois retournent officiellement au travail. Un Russe expatrié explique sur le forum Pikabu être allé manger et boire et avoir trouvé pas mal d’établissements ouverts, indiqués sur l’application Dianping ( 大众点), un Tripadvisor local, par un petite notule sur fond rouge (今日营业) qui signifie « ouvert aujourd’hui ». « Oui, à l’entrée il faut se faire mesurer la température et laisser ses coordonnées mais ON PEUT. Les Chinois n’en reviennent pas non plus […] Bref, c’est du passé. Les restrictions ont été annulées, vous n’imaginez pas ce que ça peut être, deux mois à vivre en quarantaine. Bref, la vie reprend. Le 16 mars officiellement les gens reviennent au boulot. Il n’y a pas eu de nouveaux malades sauf à Wuhan. Bonnes nouvelles ! »

Traduit par Louis-Benoît Greffe

Photo : DR
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