Réflexions iconoclastes d’un baby boomer sur les conséquences de l’épidémie de Covid-19 [L’Agora]

A LA UNE

La France s’engage dans un effort colossal pour défendre ses baby-boomers, cette génération – la mienne – née après la guerre, entre 1945 et 1955. « Nous déplorons 264 décès ce soir, dont 7 % qui touchent des personnes de moins de 65 ans », annonçait Jérôme Salomon le 18 mars, dans son point de presse quotidien sur l’épidémie de Covid-19. Autrement dit, 93 % des malades qui meurent sont des baby-boomers – ou des personnes encore plus âgées.

Des conséquences à ce jour inimaginables sur toute la société

Cette épidémie qui tue surtout des retraités aura des conséquences à ce jour inimaginables sur toute la société. Le gouvernement a promis d’indemniser les salariés des entreprises qui auront dû fermer. Résultat : la plupart des grandes entreprises vont fermer ou ont déjà fermé. Quel que soit le danger réel de contamination, pourquoi leurs salariés iraient-ils travailler quand tant d’autres restent à l’abri chez eux et sont payés quand même ? La plupart des chantiers de construction sont à l’arrêt. Les établissements industriels s’arrêtent les uns après les autres. Souvent sous la pression de leurs salariés, comme aux Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire. Airbus a mis ses usines à l’arrêt – pour quatre jours en principe, mais qui parierait sur leur réouverture lundi ?

Il ne suffira pas d’appuyer sur un bouton pour que tout redémarre une fois l’épidémie terminée, dans un, deux ou trois mois. Des chaînes logistiques auront été rompues. Des entreprises auront déposé leur bilan. Des marchés auront été pris par des fournisseurs chinois, revenus en production plus tôt que le reste du monde. Chaque jour, des millions de kilomètres ne sont plus parcourus en voiture. La vie des automobiles en service en sera prolongée d’autant. Le marché automobile, déjà pas très en forme, mettra des années à compenser les ventes manquantes. Une partie des 440 000 emplois de la filière automobile en France vont inévitablement disparaître. Les perspectives sont inquiétantes aussi pour l’aéronautique, les transports, l’hôtellerie… Un désastre massif pour les travailleurs.

Des finances publiques exsangues pendant des années

Les indemnisations et compensations promises par le gouvernement laisseront les finances publiques exsangues pendant des années. Il y aura distribution de revenus en contrepartie de zéro travail. Ce qui aura été distribué d’une main devra bien être repris de l’autre. In fine, les dégâts seront payés par les contribuables. Et par les enfants des contribuables d’aujourd’hui, via l’endettement public. Parions que le gouvernement rétablira l’impôt sur la fortune, c’est-à-dire que beaucoup des entreprises futures qui auraient pu créer de nouveaux emplois seront bâties à l’étranger et non en France.

Tout ça pour quoi ? Selon des modélisations confidentielles préparées pour le président de la République et évoquées lundi dernier par Le Monde, l’épidémie de Covid-19 aurait pu provoquer entre 300 000 et 500 000 morts en France en l’absence de toute mesure de prévention ou d’endiguement. Soit autant que le tabac en quatre ou cinq ans. Mais l’âge moyen du décès par cancer du poumon est de 66 ans. Il est de 79,5 ans pour les victimes du coronavirus en Italie. Autrement dit, le nombre d’années de vie perdues en une année à cause du tabac pourrait être du même ordre que le nombre d’années de vie perdues dans la pire hypothèse épidémique. Or le tabac, c’est tous les ans ! Voit-on un effort de prévention aussi massif contre le tabac que contre le coronavirus ?

Nos enfants paieront

Les baby-boomers de l’après-guerre ont été des enfants choyés. La guerre d’Algérie s’est arrêtée quand les premiers d’entre nous ont été appelés sous les drapeaux. Mai 68 a ouvert libre cours à nos pulsions de jeunes adultes. Nous avons profité à plein des Trente Glorieuses mais nous avons laissé l’élan retomber une fois arrivés sur le marché du travail. Nous avons réduit notre temps de travail, augmenté nos congés. C’était encore trop : nous avons avancé l’âge de notre retraite et relevé nos pensions jusqu’à un niveau pas tenable – mais qui nous restera assuré, ce sont nos enfants qui n’y auront pas droit.

Et à cause d’un bête virus, nous serions privés de jouïr quelques années encore du régime si favorable que nous nous sommes ménagé ? Il faut tout faire pour ne pas en arriver là ! Le confinement ne nous dérange pas trop : traîner chez nous en pantoufles, on sait faire ! Encore une fois, on fera peser le fardeau sur nos enfants. On sait faire aussi.

Roch Saint-Bouc
Auteur de Ils viendront cracher sur nos tombes, pamphlet interdit aux moins de 60 ans (éditions Chapitre.com)

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