J’aurai scrupule à revenir sur l’étude du mode de vie du chat. Tout a été dit et redit. Il y a pourtant une nouvelle donnée à prendre en compte : le confinement.

Alors, après avoir pesté contre le gouvernement au nom du principe «  gouverner c’est prévoir », stigmatisé les politiques incapables de s’accorder : vérité  d’hier étant erreur de demain, vous vous retrouvez déprimée, la tête entre les mains, affaissée sur une chaise de cuisine. C’est alors qu’un ronronnement puissant vous parvient. Vous regardez vos pieds, votre chat attend l’opportunité de sauter sur vos genoux. Il vous fixe de son regard hypnotique. Il a perçu votre désarroi. Il veut vous réconforter. Et là, misère, il se rate et vous râpe la jambe. Miracle, il a obtenu ce qu’il cherchait : vous arracher à votre marasme.

Cependant, aujourd’hui, nous entamons la deuxième semaine de ce confinement hors norme. Votre état d’esprit a évolué. Vous devez vous adapter, votre chat l’a déjà compris. Pour faire face à la nouvelle situation, vous trouvant constamment dans ses pattes, il a  cherché le meilleur parti à tirer de votre  présence dans la maison.

Pour illustrer mon propos, je m’appuie sur l’observation de notre groupe familial confiné à la maison. Nous sommes trois avec notre chatte, Diva. Nous l’avons adoptée. Elle avait « environ » quatre ans. C’est elle qui a choisi mon mari, elle lui a fait une cour éhontée. Elle a mis du temps à se remettre du traumatisme de l’abandon, mais on peut dire aujourd’hui que nous habitons chez elle.

Elle est fusionnelle. Elle  partage tout,  joie mais aussi stress  et inquiétude. Au point que la semaine dernière, en pleine nuit, alors que nous venions juste de nous endormir bien difficilement, nous avons été réveillés en sursaut par un miaulement cauchemardesque. Je me suis levée d’un bond, le cœur battant. DIVA, elle est en train de mourir ! J’ai fait le tour de la maison, les jambes flageolantes avant de revenir demander confirmation à mon mari sur ce miaulement. Dans son sommeil il m’a bien affirmé l’avoir entendu. Alors je lui ai demandé de m’aider à trouver la chatte : Elle est nulle part ! Il a étendu le bras avant de me confirmer : elle est là, en boule, elle dort. Voilà, notre chatte  avait voulu partager nos inquiétudes cauchemardesques.

Pour en revenir au nouveau rythme  lié au confinement, pour DIVA, c’est simple :

– Afin de préserver un mode de vie sain, réveil des troupes à partir de 6h. Elle a une horloge dans l’estomac et je vous épargne les tortures qui nous sont imposées avant qu’elle obtienne que nous sortions du lit.

– Réclamer à manger avec insistance au moins trois fois de suite.

– Profiter que l’un des deux se lève durant le petit-déjeuner pour lui piquer sa place.

– Puis, longue sieste matinale, si possible au plus près d’une source de chaleur.

– A partir de midi, réclamer à nouveau sa pitance, au minimum encore trois fois. La quantité donnée étant conditionnée par la gloutonnerie et ses désagréables conséquences.

– A suivre, une sieste avec l’un ou l’autre. Pour son maître, bien  s’installer sur l’estomac quand il s’allonge sur le dos, et  lui  sauter dessus, de préférence quand il vient d’entamer une relaxation.

– Le milieu d’après-midi favorisant l’attitude «  pot de colle », elle choisit sa victime et cale ses allées et venues en fonction des éventuels déplacements de celle-ci.

– A partir de 18 h, petite tentative de sortie dehors quand le temps le permet. Nous contrarions systématiquement cette velléité car Diva est allergique et particulièrement fragile.

Le soir venu, elle répète le mode de fonctionnement « pot de colle » jusqu’au coucher.

Pour conclure, je suis convaincue qu’elle peut tenir comme cela longtemps, car elle, pour vivre, elle a besoin de peu chose. Il lui suffit de savoir qu’elle peut compter sur nous.

 Anne Mesdon

Crédit photo : DR
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