MAJ du 25 mars : nous avons reçu plusieurs courriers de lecteurs s’indignant de l’article, visiblement mal compris (donc possiblement pas assez bien rédigé), qui serait dénigrant pour les Costarmoricains. Qu’ils se rassurent, l’auteur de l’article l’est et n’avait nullement l’intention, bien au contraire, de dénigrer les Côtes d’Armor. Mais plutôt de souligner que c’est bien le mode de vie costarmoricain, et le fait que ses habitants soient préservés notamment de la métropolisation, et de la densification urbaine, qui permet d’être un département les moins touché.

Cela ne remet nullement en cause par ailleurs l’activité culturelle qu’il peut y avoir toute l’année, même si les pouvoirs publics abandonnent progressivement tout ce qui se trouve au sud de la RN12…Mea Culpa donc si cet article, qui a suscité beaucoup de réactions, a été mal compris.

La Bretagne est l’une des 3 régions les moins affectées par le coronavirus, et dans cette région, le 22 est le département le plus indemne. 36 cas sont officiellement recensés au 23 mars 2020. Le département a été également l’un des plus tardivement touchés : le premier cas recensé date du vendredi 13 mars, juste avant le confinement.

Le bonheur d’être un « département de paysans » 

Cette situation enviable sur le plan sanitaire, le département le doit peut-être à des particularités géographiques  :

  • Une population largement rurale à faible densité, aux habitations éparpillées dans le bocage.
  • Une prépondérance de la maison individuelle, avec son jardin individuel qui incite à rester en famille.
  • Pas de grands aéroports internationaux, pas d’autoroutes de dimension nationale ou européenne qui la traversent comme dans l’axe Paris-Lyon-Marseille.
  • Une situation de cul-de-sac, un éloignement maximal des frontières de l’Est.
  • Pas de métropoles connectées en direct avec la Chine et le reste du monde par les échanges et les mouvements de population.
  • Pas de grandes métropoles (Saint-Brieuc est la plus grande commune) avec des transports en commun modernes et des gens entassés les uns sur les autres.
  • Moins de pollution aux particules fines, qui aggraveraient la contamination.
  • Une morte-saison touristique qui n’était pas encore finie au moment de l’arrivée de l’épidémie.
  • Un climat plus rude que dans le Morbihan et la Loire-Atlantique, d’où la place moindre des résidences secondaires des « Parisiens » hormis sur la côte nord.
  • Moins d’infrastructures culturelles ou commerciales dans la majorité des communes et des centre-bourgs particulièrement vides notamment dans le Centre Bretagne (ce qui n’empêche pas la tenue de nombreux évènements culturels, notamment en été).

Deux bonnes raisons de rester les champions du confinement

Bref, la géographie a organisé un confinement naturel renforcé par une faible implication dans la mondialisation. Plus que jamais cependant, il faut désobéir aux consignes floues du gouvernement, et suivre à la lettre les instructions plus rigoureuses des professionnels de santé, car deux données départementales sont moins avantageuses :

  • Un département plus âgé que la moyenne : faible natalité de la population européenne, départ des jeunes vers les métropoles, arrivées de retraités. Or les anciens sont la population la plus fragile face à l’épidémie.
    La part des + de 65 ans est de 26,3 % dans les Côtes-d’Armor, contre 18,0 % en Ille-et-Vilaine et 20,3 % en France. En 2019, 744 300 Bretons sont âgés de 65 ans ou plus. Ils représentent 22,4 % de la population régionale. Ils étaient 515 800 en 1999 (17,8 % de la population). La part des 80 ans s’élève en Bretagne à 6,9 % en 2019. En 1999, elle représentait 3,9 % de la population. Le nombre de 80 ans ou plus est passé de 112 300 en 1999 à 230 800 en 2019 (source : Insee, 2019).
  • Une relative sous-dotation médicale : avec 14 lits en réanimation adultes, il est un des moins pourvus de France.

Photo : DR
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