Nantes. 1 masque pour 3 policiers, hausse d’un tiers des violences conjugales…

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Le confinement n’empêche pas la délinquance. Mais la menace du virus touche de plus en plus de policiers, de surcroît mal dotés en équipements de protection, les commandes de masques du ministère de l’Intérieur tardant à arriver aux hommes du terrain.

« Waldeck tourne actuellement avec 50 % des effectifs, il y a moins de délinquance, et beaucoup de confinés, dont toute la CDI, une partie de la BAC, et d’autres collègues », explique un policier nantais. « Nous avons très peu de masques, 1 pour trois policiers environ. Et puis ils ne protègent que si on les met bien, qu’on ne les enlève pas pour les remettre ensuite… il faut bien admettre que notre travail au quotidien n’est guère compatible avec le port de masques ». Selon le syndicat policier Alliance, ce 31 mars sur l’ensemble de la France, 10 131 policiers étaient confinés et 257 positifs au coronavirus.

« La délinquance a quelque peu diminué, les geôles sont presque vides », constate un autre policier nantais. « Cela dit, il y a toujours le problème des migrants et autres SDF qui n’ont pas d’attestations, se baladent comme ils le veulent et s’en foutent, du deal – contre lequel on n’intervient guère et on ne patrouille plus, la seule priorité étant d’être visibles pour faire respecter le confinement – et les cambriolages. On nous rapporte que des gens s’introduisent un peu partout sur les chantiers à l’arrêt et raflent le matériel, les câbles. Lorsqu’on arrive, il n’y a bien entendu plus personne ».

Ce samedi 28 mars à l’ouverture, vers 9 heures du matin, deux personnes de type africain ont braqué la gérante de l’agence de transfert de fonds rue de la Paix. « Ils étaient très bien renseignés », confie un proche du dossier, « et peut-être avaient-ils repéré les lieux au préalable ou envoyé quelqu’un faire le repérage. Elle a reçu deux coups de crosse sur la tête, puis ils ont vidé le coffre et sont partis avec 12 800 €. Ils sont partis à pied en courant, d’abord rue de Verdun, puis vers la gare, on pense qu’ils habitent dans un squat dans ce coin. L’un d’eux avait une écharpe rouge, l’autre une écharpe bleue sur le visage ».

32 % de hausse des violences conjugales…

En revanche, comme en Italie ou dans d’autres pays, le confinement pèse sur les consciences. Pas au point du Groenland qui a du interdire la vente d’alcool dans sa capitale Nuuk pour tenter d’atténuer quelque peu les violences conjugales et sur les enfants, mais tout de même. « On a 32 % de hausse des violences conjugales sur un mois, et une hausse nette des ivresses publiques manifestes », relève un policier nantais.

Témoin, un certain nombre d’affaires récentes, souvent sur fond d’alcool voire de stupéfiants, avec des victimes qui ne déposent pas toujours plainte. Dans la nuit du 25 au 26, quartier de l’Hippodrome à Nantes, la police intervient pour un homme qui violentait son épouse et sa belle-mère avec lesquelles il était enfermé depuis le début du confinement ; le suspect a été interpellé, mais comme les victimes ont refusé de porter plainte, il a été libéré et l’affaire classée sans suite.

Vendredi 27 mars vers 21 heures, les forces de l’ordre interviennent avenue Joseph-Joffre à Rezé. Un jeune homme de 19 ans, en manque de cannabis, s’est disputé avec sa compagne sur l’éducation de sa fille. Résultat, il a frappé la fille, mordu sa compagne et l’a menacée avec un couteau si elle appelait la police. Peine perdue, il a été rattrapé après avoir fui le logement par la fenêtre et a reconnu les violences.

Lundi 30 mars vers 11h30, une femme qui voulait échapper aux coups de son mari s’est réfugiée chez une voisine, allée de l’ile Tabor – près de Vincent Gâche sur l’île de Nantes. La police est arrivée et a constaté que le mari, âgé de 26 ans, avait consommé alcool et cannabis avant de battre sa femme, qu’il a projetée au sol à plusieurs reprises. Il s’est rebellé lors de son interpellation, a été placé en garde à vue avec plus d’un gramme d’alcool par litre de sang.

La violence conjugale n’est pas toujours à sens unique. À Saint-Etienne de Montluc ce 30 mars vers 22 heures, les gendarmes ont interpellé une femme qui a agressé son compagnon avec un couteau. Elle a aussi craché au visage des gendarmes avant de leur donner des coups de pied. Complètement ivre, elle a été placée en salle de dégrisement puis en garde à vue ce 31 mars.

Louis Moulin

Crédit photos : DR
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