Retour à Narayama (Chronique du confinement qui passe – 2)

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J’appartiens à cette catégorie qui, dans le « tri » final, n’a aucune chance d’être réanimé. Trop vieux, trop souffreteux. Beurk ! Alors, avant de dire à ceux qui vont choisir que je les em…, laissez-moi vous parler sereinement, en mon « âme et conscience ». Vous souvenez-vous de ce film japonais qui eut sa demi-heure de gloire en 1983 ? La Ballade de Narayama, que ça s’appelait.

Le scénario était tiré d’un autre chef d’œuvre, un roman écrit par Fukazawa Shichirö (au Japon, on met le prénom en dernier). Et le film était signé Imamura Shöhei. Il mettait en histoire le quotidien d’une antique tradition : celle de l’ubasute. Laquelle histoire consistait à virer de côté les « vieux » et les « handicapés ». C’était le cas d’une vieille femme, Orin-yan,  âgé de 69 ans, ayant encore toutes ses dents – et « bon pied bon oeil » – que son fils aîné, Tatsuhei, devait conduire au sommet de la « Montagne aux chèvres » (Nagayama) pour son soixante-dixième anniversaire. Je ne vous raconte pas le film. Vous pouvez le voir (pour les mômes) ou le revoir en « VOD » ou « DVD », comme on dit mystiquement de nos jours.

De nos jours, en 2020, le petit roi régnant, je vois tout de suite le rapport… En 1983, j’avais pas encore cinquante ans et peu me « chalait » (hi hi hi) pareille perspective. Je ne dirais pas l’angoisse que ça me développe aujourd’hui. D’un côté l’idée que je me fais de la place d’appel des camps nazis à l’heure de l’arrivée des malheureux déportés, de l’autre celle (l’idée) de la marche à la mort sous la surveillance de Meuhlenchon, ou de son alter ego de l’autre bord, vers la fosse commune de Katyn initiée par Maduro ou par la Tchékha… Tss ! Vrai, je rajeunis en pensant que l’époque de Guy Mollet (quel nom !) ou de Félix, le beau Gaillard, c’était le temps de la mélodie du bonheur !

Pour l’heure, je ne tousse pas. Je prends régulièrement ma « m… de putois », comme je vous l’expliquais l’autre jour. Je ne sors que sur la pointe des pieds. Je me fais livrer mes denrées (ah ! « la Denrée » de la Soupe aux choux ! Quels talents ils avaient nos Jean Carmet et Louis de Funès !). En parler, ça me revigore. Je respire à pleins poumons le bon air de « ma » campagne. Je regarde les fleurs éclore sur le cerisier en haut de « ma » colline. Pareil pour « mon » pommier encore tardif. La première tonte a eu lieu sur « mon » pré. J’emploie le « possessif » comme mon vieux père, l’instituteur, qui se fit rabrouer par l’inspecteur…  un jour enfoui dans les limbes du passé où, à l’école, on évitait les nouveautés grammaticales. A propos je me souviens des manif’s tordues de l’autre année, quand les braillards défilaient, clamant « Je ne veux pas que mes enfants disent Mamy à l’institutrice »…  Bonne journée ! Bons œufs de Pâques !

MORASSE

Crédit photo : DR
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