Immobilier. Les acquéreurs français vont-ils se ruer sur les maisons bretonnes ?

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La Bretagne connaîtrait la plus forte hausse quant aux recherches de maisons sur Internet depuis le début du confinement. Ce qui laisserait présager d’un afflux massif d’urbains voulant fuir les villes pour venir s’installer chez nous ?

Les confinés rêvent de maisons individuelles

Parmi les multiples conséquences de la pandémie de coronavirus, il y en a une qui concerne au premier chef la Bretagne. Selon une étude menée par un site spécialisé dans l’immobilier, le confinement a donné des envies de campagne à bien des acquéreurs potentiels.

Il faut dire que ces dernières semaines passées dans des logements de ville à l’étroit par des familles confinées leur ont donné matière à réflexion. Avec la douceur du printemps et un soleil généreux certains jours, l’envie d’espace et de jardins a pris des allures de mirage. Le site en question révèle ainsi que, parmi les annonces immobilières qu’il propose, le taux de consultation des maisons à vendre a connu une très forte hausse depuis la mi-mars, période depuis laquelle les sorties ont été restreintes pour les Français. Une abondance dans la recherche de maisons qui dénote puisqu’en temps normal, le logement individuel fait plus ou moins jeu égal avec l’appartement dans les quêtes des internautes.

Coronavirus : la Bretagne attire, Paris fait fuir

Venons-en maintenant à l’aspect géographique de ces recherches : où acheter cette maison synonyme de quiétude et d’une qualité de vie renouvelée ? En Bretagne bien entendu. La péninsule enregistre en effet la plus forte hausse de l’Hexagone, avec un gain de 17 % depuis le début du confinement concernant le taux de consultation des annonces immobilières pour devenir propriétaire d’une maison. Dans le même temps, la progression dans la recherche de biens est de 5 % en moyenne à l’échelle française hors Paris et Île-de-France.

Une Île-de-France, et c’est là le second enseignement de cette étude, qui fait moins recette qu’auparavant auprès des futurs propriétaires. Dans le détail, il apparaît que la part relative des recherches pour des appartements dans Paris a diminué de 20 %. Mais aussi de 12,5 % dans la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) et de 8,3 % dans la grande banlieue parisienne (Yvelines, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Essonne).

La fuite des métropoles en perspective ?

Si ces indications sont toutefois à prendre avec le recul nécessaire qui sied à la situation de grande confusion régnant actuellement en France, force est de reconnaître que l’on pourrait voir poindre là le début d’un reflux de la métropolisation. Ce phénomène enclenché depuis plusieurs décennies et arrivé à son paroxysme ces dernières années semble être remis en cause par le confinement mais aussi par le caractère anxiogène à bien des égards de la pandémie de Covid-19.

Outre le besoin d’espace ressenti, la crainte d’une pénurie alimentaire, la concentration des populations dans les centres urbains ou encore le climat d’insécurité particulièrement mis en exergue dans certaines banlieues ces derniers jours sont autant de facteurs incitant la famille qui en a les moyens à « quitter la ville ». Ajouté à cela, la possibilité de télétravailler qui se démocratise progressivement et cette fuite des métropoles pour gagner des territoires plus rassurants est une possibilité à prendre au sérieux au cours des prochains mois et années.

La Bretagne, qui doit déjà elle-même affronter une vague d’immigration extra-européenne de plus en plus visible dans ses villes devra-elle en plus absorber ces potentiels flux d’urbains hexagonaux ? La seule certitude est que les cartes vont être redistribuées à bien des niveaux une fois le confinement terminé.

AK

Crédit photos : Wikimedia Commons (Public domain/S.Möller)
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