Essence. Les stations-service rurales au bord du gouffre

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Les prix de l’essence et du diesel s’écroulent en France depuis des semaines. Mais cela ne bénéficie pas aux consommateurs, confinés chez eux, ni aux pompistes et gérants de stations-service, le carburant étant grandement taxé par l’État.

Avec les mesures de confinement, la vente de carburant s’est effondrée. Les habitants utilisent moins leur voiture et le transport de marchandises a fortement diminué. « La rémunération moyenne fixe est seulement de 1 centime net par litre d’essence écoulé… C’est pour cette raison que les stations-essence ont en général des activités annexes qui leur permettent de vivre. En zone rurale, elles constituent souvent des commerces de proximité. Souvent, elles proposent un service de restauration ou bien sont la propriété d’un garagiste. Or ces activités sont interdites en ce moment. Les stations de lavage, autre source de revenu, sont également fermées » explique L’Usine Nouvelle.

Et les stations-service rurales, qui n’étaient déjà pas en grande forme avant la crise, de se retrouver cette-fois ci au bord du gouffre. Le Conseil national des professions automobiles (CNPA) tire la sonnette d’alarme et craint des faillites massives.

Selon une étude déclarative du Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA) auprès de 1 700 pompistes situés en zone rurale – exploitants ou propriétaires de leurs stations-service –, 4 % d’entre eux (soit 72 stations-service) confirment qu’ils mettront la clef sous la porte avant la date du déconfinement le 11 mai. À moyen-terme, 52 % (soit 936 stations) jugent leur situation préoccupante et alertent sur un probable risque de faillite sans un « retour d’activité soutenue » et ce sont 30 % des stations-essence qui pourraient fermer. Une situation, là encore, aggravée en zone rurale où le taux de risque de faillite est estimé à 52 %… soit plus de 900 stations sur le territoire.

Sur les 11 200 stations-service ou point de ventes d’essence en France, 6 000 sont gérés par l’industrie pétrolière ou par des indépendants, dont 70 % se trouvent en zone rurale.

Une profession de plus victime de la crise et de sa gestion par les autorités… qui laissent pour l’instant des miettes : le droit de vendre des masques… et donc de concurrencer une autre profession, la pharmacie…

Crédit photo : DR
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