Gilles Pennelle (RN) : « Depuis leur création en 2010, les ARS ont imposé une vision exclusivement comptable de notre système de santé » [Interview]

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Nous vous faisions part il y a quelques jours de la volonté du Rassemblement national d’en finir, en cas d’accession au pouvoir, avec les ARS, les agences régionales de santé, qui sont au coeur des polémiques actuelles concernant la crise et la pandémie de coronavirus.

Bureaucratie, copinage, rentabilisation du système de santé font partie de ces aspects dénoncés par le RN, qui, par la plume de Gilles Pennelle, membre du bureau politique et responsable du parti pour la Bretagne, vient de publier une étude à ce sujet (voir ci-dessous).

Les ARS épinglées par le RN by Breizh Info on Scribd

Pour en parler, nous l’avons interviewé.

Breizh-info.com : Vous venez de réaliser une étude à charge sur les ARS, Agence régionale de Santé. Pouvez vous nous donner vos principales conclusions ?

Gilles Pennelle (RN) : Depuis leur création en 2010, les ARS ont imposé une vision exclusivement comptable de notre système de santé. La volonté de l’ARS Bretagne de fermer la maternité de Guingamp, en dépit des protestations des élus locaux et professionnels de santé en est le parfait exemple ! Plus préoccupées par des bilans financiers que par la santé des Français,  ces monstres bureaucratiques et technocratiques  ont opéré une saignée sans précédent au sein de notre service public de la santé : fermeture de services, d’établissements, suppression de plus de 70 000 lits, baisse drastique des effectifs, diminution des stocks de matériel…

La crise du Coronavirus n’a fait que révéler au grand public la faillite de ces agences. Leur bilan se résume en deux mots : impréparation et amateurisme. L’incapacité à mobiliser les cliniques privées et à soigner les patients dans leur région d’origine par manque de lits, à mettre en place des tests massifs et  à fournir matériel de protection et masques est criante. C’est indigne de la 6e puissance mondiale !

L’exemple de l’ARS Bretagne est là encore particulièrement criant de cet amateurisme. Son directeur, Stéphane Mulliez, a eu pour seules actions durant cette crise de se féliciter du transfert par TGV des malades d’Ille-de-France et du Grand Est vers notre région. Comment se réjouir de l’une des conséquences d’une politique de santé incapable de soigner les gens chez eux ? Sa deuxième action s’est résumée à faire la manche auprès des petites entreprises et associations bretonnes pour fournir du matériel de protection à nos hôpitaux qu’il a été incapable de leur fournir lui-même ! Un scandale ! Le Rassemblement National a demandé sa démission !

Cette incompétence est doublée d’une inhumanité dans la gestion scandaleuse des EHPAD. Les ARS ont abandonné les personnels mais aussi et surtout les résidents en refusant les tests et matériels de protection systématiques et surtout par le non-transfert des malades vers les hôpitaux, avec pour conséquence la mort des infectés et la propagation rapide de l’épidémie au sein des établissements. Elles se sont rendues coupables de non-assistance à personne en danger !

Breizh-info.com : Vous expliquez qu’il s’agirait d’une « faillite d’une politique de régionalisation ». Mais quel est réellement le rapport avec la régionalisation ? La bureaucratie française quasi soviétique n’a pas attendu les régions pour exister si ? La politique de santé en Allemagne, politique des Landers autonomes, a fait ses preuves concernant la crise du Covid-19…on ne peut donc pas taxer la décentralisation sur ce coup …plutôt la décentralisation à la française…qui n’est finalement qu’une décentralisation de la bureaucratie jacobine non ?

Gilles Pennelle (RN) : Les ARS ne sont pas le bras armé du Ministère de la Santé. En réalité, elles le remplacent. L’État s’est déchargé sur elles et a perdu l’essentiel de ses compétences au profit de ces structures technocratiques, dont la très importante mission de la prévention et de la gestion des crises sanitaires.

Elles démontrent que la « länderisation » de la politique de santé est un leurre. La faillite des ARS n’est pas la démonstration de l’inefficacité de la politique de santé de l’État mais, au contraire, le symbole de l’inefficacité d’une politique de santé sans l’État !

Il ne faut pas tomber dans le piège qui consiste à dire «  la régionalisation n’a pas marché, il faut donc plus de régionalisation ! ».

La fuite en avant d’une régionalisation plus poussée de notre système de santé conduirait au démantèlement de notre service public de santé. Comme en matière d’aménagement du territoire, une telle politique ne ferait qu’aggraver les inégalités d’accès aux soins de nos concitoyens et accentuerait la fracture territoriale en la matière.

18 régions compétentes impliqueraient 18 politiques de santé différentes, que cela résulte de choix politiques ou de contraintes budgétaires. Qui pourrait décemment croire qu’une région d’Outre-Mer aurait les capacités d’assurer une politique de santé aussi performante qu’une région métropolitaine ? Qui pourrait justifier que les habitants d’une région bénéficieraient de services que d’autres régions n’auraient pas mis en place alors même que ses habitants financent de manière identique le système de santé ?

La réalité est qu’en matière de santé, comme dans tous les autres domaines, seul l’État est à même de garantir l’égalité des citoyens et la performance du service public.

Breizh-info.com : Vous dénoncez par ailleurs le copinage, mais aussi la logique de rentabilité qui régit désormais le service de Santé en France, au détriment des citoyens (mais aussi des personnels de santé). Que préconise le Rassemblement national, concrètement, en matière de politique de santé justement ? Ne faut-il pas aller vers une forme de sacralisation dans ce domaine et refuser toute logique de rentabilité, tout en investissant massivement et sur tout le territoire ? Quel budget pour demain ?

Gilles Pennelle (RN) : Le copinage est effectivement l’une des marques de fabrique de ces agences. La moitié d’entre elles sont dirigées par des profils très politisés et surpayés, anciens membres  de cabinets de gauche ou proches de la Macronie. L’exemple le plus emblématique est celui de Dominique Voynet. Après avoir été Ministre de l’environnement sous Jospin, sénatrice de Seine-Saint- Denis et Maire de Montreuil, la voilà nommée, sans avoir la moindre compétence en la matière,  directrice générale de l’ARS… de Mayotte, avec les résultats que l’on connait !

Face à ce modèle technocratique et hors-sol, le RN défend la renationalisation de notre système de santé conduite par deux principes généraux essentiels. D’une part, le refus du culte de la rentabilité et la sanctuarisation de nos dépenses en la matière : la santé des Français n’a pas de prix ! D’autre part, la  renationalisation de la gestion de la politique de santé. Les ARS ont démontré la dangerosité de la régionalisation en la matière. La santé doit redevenir une compétence régalienne !

Ces deux principes commandent des mesures très concrètes. Le Rassemblement National demande la suppression des ARS. La politique de santé dans les territoires sera de nouveau placée sous l’égide du Préfet et l’autorité du Ministère de la Santé. Ceux-ci auront pour mission essentielle de prendre en compte le contexte local dans leurs décisions. Ils devront associer élus locaux et professionnels de santé aux décisions pour assurer une politique de santé véritablement ancrée dans les besoins des territoires.

En complément, des mesures d’urgence doivent être adoptées pour soulager dans l’immédiat notre système de santé : revalorisation de la rémunération des soignants, moratoire sur les fermetures de lits, de services et d’établissements dans l’hôpital public. Il faut d’urgence réaliser un audit complet des besoins des hôpitaux et des EHPAD.

Comme dans beaucoup de domaines, l’Etat doit reprendre la main. Le Rassemblement National est aujourd’hui la seule force politique capable d’assurer à nos concitoyens une  politique de santé adaptée à nos besoins.

Breizh-info.com : De la gestion des EHPAD à la question des masques, c’est aussi la politique gouvernementale que vous dénoncez au travers de cette étude…doit-on aller vers des sanctions pénales lourdes ? Ne peut-on pas imaginer, demain, de mettre en prison les responsables politiques coupables de la mauvaise gestion de cette crise ? Les citoyens comprennent de moins en moins que les élus paraissent ne devoir assumer aucune responsabilité …

Gilles Pennelle (RN) : Le Gouvernement est responsable et coupable ! Pendant de longues semaines, leur seule action face à cette grave crise a été de mentir aux Français, que ce soit sur les masques, les tests, les frontières… Les faits sont extrêmement graves et nos Gouvernants devront rendre des comptes sur la gestion de cette crise ! La colère des Français est légitime et grandit de jour en jour.

Les macronistes en ont d’ailleurs parfaitement conscience et tentent d’y échapper à travers le Projet de Loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire intégrant une auto-amnistie préventive afin de ne pas avoir à assumer leurs décisions ! Un projet ahurissant, mais extrêmement révélateur : les macronistes  savent qu’ils risquent une vague de procès sans précédent et tentent d’y échapper à tout prix !

Breizh-info.com : Globalement, ne trouvez vous pas qu’on en a fait beaucoup trop autour de cette crise ? Beaucoup soulignent  les contours d’une société totalitaire de contrôle qui se dresse (faire peur aux gens, les contrôler massivement, flicage généralisé…). Qu’en dites-vous ?

Gilles Pennelle (RN) : Je comprends les inquiétudes que peuvent provoquer les mesures prises, notamment la future application stop-Covid, quant au respect des libertés publiques de nos compatriotes. Relayés par le parti médiatique et les laquais du Système, dont des « Médecins » qui passent plus de temps sur les plateaux TV que sur le terrain à soigner les malades, les macronistes mettent en place une société liberticide ! Les Français peuvent compter sur les élus du Rassemblement National pour les défendre et assurer un rôle de vigies face à toute atteinte à leurs droits fondamentaux.

Cependant, en plus d’une dérive totalitaire, c’est aussi une dérive inégalitaire que j’ai constaté. En effet, ce qui m’a le plus choqué dans la gestion du Coronavirus et plus particulièrement du confinement, c’est le deux poids – deux mesures auquel nous avons assisté. D’un côté on ferme les restaurants mais de l’autre on réouvre les écoles, on oblige la fermeture des fleuristes mais pas des jardineries, on supprime les marchés mais on ne trouve rien à redire à ce que les grandes surfaces soient pleines…  Toutes ces contradictions incompréhensibles nourrissent la colère légitime de nos compatriotes.

Dans ce deux poids – deux mesures, le Gouvernement a aussi et surtout démontré, une nouvelle fois, qu’il est fort avec les Français et faible avec les immigrés !

Pendant qu’il empêche les Français de marcher sur la plage ou de se rendre à des funérailles, il ferme les yeux sur les nombreuses violations du confinement pendant le Ramadan, interdit aux policiers d’agir face aux racailles qui organisent des émeutes très violentes dans les quartiers à forte population immigrée et relâche dans la nature  près de 10 000 prisonniers, dont au moins 130 radicalisés ! Une énième injustice dont nos compatriotes sauront se souvenir. Là où les Bretons sont sanctionnés sévèrement au moindre écart vis-à-vis de règles de confinement parfois très discutables, à Villejean, à Kercado, à Pontanezen et dans toutes les zones de non-France, le Gouvernement ferme les yeux sur les exactions de la racaille immigrée. Sur cela aussi, le Gouvernement devra rendre des comptes !

Breizh-info.com : Politiquement parlant, les élections municipales pourraient être à refaire. Les présidentielles arrivent dans moins de deux ans…Dans quel ordre de bataille pensez vous « partir au combat » ? Est-ce que le monde politique ne va-t-il pas lui aussi être balayé par du neuf dans « le monde d’après » ?

Gilles Pennelle (RN) : Une chose est certaine : le monde d’après ne pourra pas se faire avec ceux qui ont désarmé pendant 40 ans notre Nation !

J’entends aujourd’hui l’ensemble de la classe politique défendre des concepts qu’elle a pourtant vomis pendant des années. Indépendance, souveraineté, localisme, priorité nationale, réindustrialisation… PS, LR, LREM, tous se convertissent dans leurs discours à ces thèmes chers au Rassemblement National depuis des décennies ! Cependant, qui peut sérieusement croire que les pires mondialistes d’hier seront les plus grands défenseurs de la Nation demain ? Comment peut-on croire que ceux qui ont laissé mourir l’usine de fabrication de masques de Plaintel au nom de la sacro-sainte mondialisation et de la libre-concurrence sauront, demain, garantir l’indépendance et la puissance économique de la France ? Ils ont menti et trahi nos intérêts, ils sont désormais totalement disqualifiés à nous gouverner ! Dans tous les cas, il ne faudra pas faire confiance demain à ceux qui ont échoué et nous ont mené à cette pitoyable gestion de la crise sanitaire. Malgré leurs actuelles déclarations, ils ne changeront pas. C’est leur logiciel idéologique qui est intrinsèquement  mauvais.

Les électeurs sauront se souvenir que la crise sanitaire a ratifié l’ensemble du programme du Rassemblement National : puisque nous avons été les seuls à poser le diagnostic du désarmement de notre Nation, nous serons les seuls, demain, en mesure de lui redonner toute sa puissance.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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