Jean-Loup Dabadie (1938-2020). L’art de (bien) faire parler les autres

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Hasard de la grande Faucheuse : l’annonce du décès de Jean-Loup Dabadie survient la même semaine que celui de Michel Piccoli. Deux hommes, une même époque : celle où l’on grille des cigarettes à table, sur fond de discussions politiques (traiter quelqu’un de « petit bourgeois » est encore une insulte), servi par des maîtresses voluptueuses qui n’ont jamais entendu parler de #MeToo. La scène emblématique du gigot, dans Vincent, François, Paul et les autres (Sautet, 1974), est le meilleur condensé du talent de Dabadie : naturalité des échanges, propos choral, style littéraire dépourvu de pesanteur et vaste arrière-plan (moral, passionnel, social…) sans surplomb. Comme on l’écrivait la semaine dernière, les deux hommes sont synchrones avec leur temps mais ont la conscience sourde de sa mise à mort.

La nostalgie virile élevée au rang des beaux-arts

Quelque chose doit nécessairement se briser dans les rapports de couples ou amicaux, qui tient à la fragilité des relations humaines, dont les meilleurs moments sont autant de miracles prélevés sur le désagrégement à venir (voir le diptyque d’Yves Robert : Un éléphant, ça trompe énormément, en 1976, et Nous irons tous au paradis, en 1977). À cet égard, Dabadie a toujours su ériger la nostalgie virile au rang des beaux-arts et traiter de la crise en mode mineur : la première chanson qu’il écrit pour Serge Reggiani, « Le Petit Garçon » est la complainte sans dolorisme d’un homme, resté seul avec son fils, que l’épouse vient de quitter. Solitude, abandon, compromis, désarroi : de « Hôtel des voyageurs » à « La Chanson de Paul » ou « L’Italien », Reggiani est l’interprète qui aura le mieux chanté le digne renoncement des hommes inadaptés, qui peuplent la galaxie des personnages de Dabadie (Lino Ventura dans La Gifle, Pinoteau, 1974, Le Sauvage, Rappeneau, 1975, etc.).

Une passion pour l’écriture

Ce polymathe (scénariste, parolier, écrivain, dramaturge, dialoguiste) s’est très tôt passionné pour l’écriture. Fils du parolier Marcel Dabadie (qui écrit entre autres pour Maurice Chevalier et les Frères Jacques), Jean-Loup publie son premier roman, Les Yeux secs, l’année de ses 19 ans. Pendant son service militaire, il envoie deux sketches (Bonne fête Paulette et Le Boxeur) à Guy Bedos, qu’il a la joie de voir interprétés à la télévision. Plus tard, ce sera La Drague, déclinaison gauloise de la mâle arrogance, que le déni pathétique suffit à peine à préserver. Il a à peine trente ans, lorsqu’il adapte Les Choses de la vie (Sautet, 1969), dont la tonalité aigre-douce et le rapport au temps laisseraient supposer un scénariste bien plus mûr. Pendant dix ans, il signera les scripts des meilleurs de Broca (La Poudre d’escampette, 1971, Chère Louise, 1972), Sautet ou Robert, comme déjà évoqués. À revoir les films de cette décennie, on est frappé par la légèreté qui les habite. Cette légèreté n’est pas insignifiance. Elle est la certitude de vivre en accord avec des valeurs ou des repères, magnifiés dans les moments de félicité, déplorés en cas de trahison, qui font le prix de l’existence et auxquels Dabadie a donné tout leur sens.

Sévérac

Crédit photo : Georges Biard/Wikimedia (cc)
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