« Des nymphettes léchées par des diables et des filles pré-pubères qui se caressent dans des fontaines »…

Voilà ce que pouvaient découvrir les abonnés de Libération le 6 juillet dernier. Si cette évocation vous révolte, c’est que vous faites partie des haineux qui hantent les « réseaux de la fachosphère » et qui prennent tout au pied de la lettre. Si elle suscite au contraire votre intérêt d’esthète, c’est que vous avez l’esprit assez large pour distinguer l’art et la réalité. Vous êtes digne de faire partie des quelques 50 000 lecteurs payants de Libération, l’organe central des bobos parisiens.

Telle est du moins la conviction d’Agnès Girard, collaboratrice occasionnelle du journal et auteur de cet article provocateur intitulé « Ceci n’est pas une petite fille ». http://sexes.blogs.liberation.fr/2020/07/06/ceci-nest-pas-une-petite-fille/ Elle y rend compte de la carrière de l’artiste américain Stu Mead, qui « fait partie des artistes les plus controversés à l’heure actuelle ». Et de fait, ce Léonard de Vinci plutôt trash est surtout connu pour les scandales qui émaillent ses participations aux grandes expositions internationales.

Car ce n’est pas son style empruntant aux codes de l’illustration jeunesse qui émeut. C’est plutôt son thème de prédilection : la sexualisation des filles en âge de suivre le CM2 (ou nymphettes selon la terminologie glaçante de l’article). Cela ne passe pas partout sans réaction : en 2008 à Burbank (Californie), des artistes écoeurés ont boycotté la galerie qui exposait quelques-unes des toiles du maître.

Stu Mead, un artiste Libé à qui vous ne confieriez pas vos enfants…

Pour la journaliste de Libé, c’est le scandale qui est scandaleux. Et de citer en modèles les Bruxellois chez qui « l’exposition Divines n’a pas fait la moindre vague. Nous sommes en Belgique, normal : la patrie de Magritte et de Benoit Poelvoorde ». Oubliées l’affaire Dutroux et les marches blanches rassemblant des millions de Belges pour dénoncer l’horreur rendue possible par la désorganisation de leur Etat. Quoi que s’imagine Libération, les Belges sont encore capables de colères spontanées.

Si vous regardez le célèbre tableau de Magritte représentant une pipe, argumente encore la rédactrice, vous n’allez pas tenter de la fumer. Et si vous contemplez les « fillettes en papier » de Stu Mead, vous n’allez pas non plus chercher à en consommer pour de vrai. D’ailleurs Stu Mead est un handicapé qui serait bien incapable de passer à l’acte. Tout au plus son art lui permet d’exorciser son enfance dans l’Iowa puritain des années 50. Autant dire le Moyen Age.

Pleurez dans les chaumières sur l’enfance de Stu Mead…en réalité ce dernier a eu la chance assez rare aux  USA de suivre ses parents en Europe pendant deux ans à la fin des années 70 et d’y découvrir les grands musées. De là est née sa vocation d’artiste, qu’il a professionnalisée en se formant à l’Université de l’Iowa…

Briser les tabous pour en libérer la société, telle est la mission de l’artiste, selon la pensée Libé. Or le dernier tabou de l’Occident, le seul repère encore debout, le reste de sacré non négociable, ce sont les enfants.

Libération, un journal à la dérive…depuis sa création

Le plus troublant dans cet article, c’est sa place dans le journal. Il n’y figure pas à la rubrique beaux-arts, mais dans Les 400 Culs, le blog sexo chargé d’entretenir la libido d’un lectorat plutôt âgé.

Son auteur est une spécialiste diplômée de l’érotisme. Avec une prédilection pour l’érotisme japonais, dont le goût pour la déviance n’est pas entravé par nos scrupules « judéo-chrétiens » périmés. Même le mangaka haut-de-gamme Jirô Taniguchi n’est pas à mettre en toutes les mains !

L’auteur n’est pas une journaliste à temps plein. Libération, aujourd’hui incapable de payer ses salariés avec les recettes de ses ventes, doit en effet multiplier collaborations équivoques et sous-traitances sujettes à caution. Une branche du journal parisien, le service Check News, assure ainsi la surveillance idéologique et morale de l’internet français pour le compte de Google ou de Facebook. P’tit Libé, déclinaison du journal ciblant les 7-12 ans, travaille à l’occasion avec l’Education nationale, la lecture de gauche de l’actualité y étant quasi-officielle. Le blog Les 400 Culs sont un dernier exemple de ces activités hybrides de partenariat public-privé : Agnès Girard est salariée de l’Université Paris Nanterre et son article dans Libé comme son livre l’Imaginaire érotique au Japon sont indirectement issus des moyens de la recherche publique…

Les 400 Culs auront en tout offert un retour aux sources aux boomers, du moins ceux encore en état de lire leur journal culte. Pas un retour à la mythique année 68, mais à la fin des seventies, quand Libération négocie son tournant libertarien.

En 1973, à sa création, Libération est un des organes du courant maoïste le plus dur et son titre est d’abord un hommage à l’Armée populaire de Libération, nom officiel des forces armées communistes chinoises. Tous les coups sont alors permis contre la bourgeoisie française. Dans la Cause du Peuple, première mouture de Libé,  Serge July et Jean-Paul Sartre n’hésitent pas à lyncher un notaire de Bruay-en-Artois., faussement accusé de l’assassinat d’une petite fille dans la ville minière. « Et maintenant ils massacrent nos enfants. Il n’y a qu’un bourgeois pour avoir fait ça ! », titre le journal.

Fin des années 70 : le moment pédophile de Libération

A la fin des années 70, Serge July change son fusil d’épaule. Mao est mort, la Chine s’ouvre au libre-échange. Et même l’expérience ultra-ultra 68 des Khmers Rouges tourne court au Cambodge. En France, les soixante-huitards sont en passe d’accéder aux responsabilités : dans la lutte des places, la bourgeoisie de gauche à diplôme prend l’ascendant sur la bourgeoisie de droite à héritage. Il faut donc trouver d’autres luttes de libération, plus sociétales que sociales, capables d’entretenir la rage de vaincre de cette classe dirigeante émergente.

C’est dans ce contexte que Libé devient un des organes de la campagne à destination du fragile pouvoir giscardien pour dépénaliser la pédophilie. De 1977 à 1981, pétitions d’intellectuels et articles favorables aux pédophiles se succèdent, avec tous les codes de langage de la gauche engagée.

Dans cette époque de transition, Libération devient l’arche de Noé du gauchisme mutant. On y trouve de tout. Y compris des personnalités pathologiques qui piochent dans la pensée 68 de quoi justifier leurs pulsions violentes.

Lire l’article sur Pierre Goldman, le frère de Jean-Jacques Goldman,  « victime de la police et de la justice fascistes » et journaliste à Libération

D’autres poussent la Révolution sexuelle jusqu’au crime. Dans une atmosphère glauque, on cotoie à Libération une figure de la rédaction qui se promène au bras de son « petit copain » d’une dizaine d’années. Il en a fait son « amant » sans se cacher et sans que la mère, une militante maoïste attirée par les taulards, y voit malice, en tout cas au début. La magistrature de gauche bénira même son adoption, alors qu’il n’a aucun lien de parenté avec l’enfant. A la mort du personnage, dans la nécrologie qu’il lui consacre (Libération du 31/3/1999), Serge July ne voudra retenir de l’homme que ses talents de journaliste judiciaire et son goût du voyage vers le Cambodge, le Maroc ou le Sénégal.

Ci-dessous, A partir de 2 minutes 28, le témoignage de Franck Demules, « l’enfant martyr de Libération ».

A.T

Illustration : DR
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