IMG et « détresse psycho-sociale ». L’Assemblée nationale vote la possibilité de tuer un enfant la veille de sa naissance

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Certains extrémistes féministes n’ont absolument aucune limite (et sont pourtant parfaitement suivis à l’Assemblée nationale) et ne cessent de le démontrer politiquement.

Ainsi, dans la nuit du vendredi 31 août au samedi 1er août, les députés ont adopté en seconde lecture le projet de loi bioéthique, légalisant notamment la PMA pour toutes. Dans cette loi, un amendement porté par plusieurs élus socialistes dont le secrétaire général du PS Olivier Faure qui autorise l’interruption médicale de grossesse (IMG) jusqu’au terme de la grossesse, pour cause de « détresse psychosociale ». Traduction concrète ; cet amendement permet au corps médical sur décision de la maman, de tuer un enfant à naître la veille de sa naissance, ce qui est quand même loin, très loin, des 12 semaines d’aménorrhée déjà contestés par une partie des citoyens français, et tolérés pour une IVG depuis la loi Veil de 1975.

224 300 IVG en 2018 en France

Pour rappel, voici ce que disait Simone Veil en 1975 à l’Assemblée nationale :

« Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issues. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager ? Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme — je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour le contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme »

Rappelons que 224.300 interruptions volontaires de grossesse ont été réalisées en France en 2018. Le nombre d’IVG depuis 2001 se situe entre 215 000 et 230 000 chaque année, des chiffres loin d’être anodins.

Pour l’association Alliance Vita, ce vote de l’Assemblée nationale n’est pas acceptable (d’autant plus que l’amendement a été adopté par une minorité de députés présents).

« La condition des femmes enceintes faisant face à une détresse mérite toute l’attention de la société. Mais l’histoire a montré que, la notion de détresse étant difficile à objectiver, elle était utilisée pour détourner la loi, avec comme résultats :

  • -l’IVG présentée comme issue obligée de toute grossesse imprévue ou difficile ;
  • l’abandon de toute politique de prévention de l’avortement, malgré sa nature qui met des vies en jeu et ses conséquences difficiles pour de nombreuses femmes.

Sur un sujet aussi sensible, Alliance VITA, engagée dans l’aide aux femmes enceintes en difficulté depuis plus de 20 ans, demande :

  • le retrait de cette disposition, cavalier législatif malhonnête, qui n’a pas sa place dans le texte, l’avortement ne pouvant faire l’objet d’une mesure de circonstance, sans étude préalable ;
  • la conduite d’une étude épidémiologique sur les 20 dernières années, qui analyse les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement ;
  • un véritable débat sur l’avortement, ses causes et ses conséquences »

Les associations « Pro-vie », éternelles perdantes ?

Voici ce que donne désormais l’article 20 du projet de loi de bioéthique concernant l’interruption volontaire de grossesse :

L’article L. 2213‑1 du code de la santé publique est remplacé par les dispositions suivantes :

« Art. L. 2213‑1. – I. – L’interruption volontaire d’une grossesse peut, à toute époque, être pratiquée si deux médecins membres d’une équipe pluridisciplinaire attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, soit que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, soit qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

« Lorsque l’interruption de grossesse est envisagée au motif que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, ce péril pouvant représenter une détresse psycho-social, l’équipe pluridisciplinaire chargée d’examiner la demande de la femme comprend au moins quatre personnes qui sont un médecin qualifié en gynécologie‑obstétrique, membre d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, un praticien spécialiste de l’affection dont la femme est atteinte, un médecin choisi par la femme et une personne qualifiée tenue au secret professionnel qui peut être un assistant social ou un psychologue. Le médecin qualifié en gynécologie‑obstétrique et le médecin qualifié dans le traitement de l’affection dont la femme est atteinte doivent exercer leur activité dans un établissement de santé.

« Lorsque l’interruption de grossesse est envisagée au motif qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, l’équipe pluridisciplinaire chargée d’examiner la demande de la femme est celle d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. Lorsque l’équipe du centre précité se réunit, un médecin choisi par la femme peut, à la demande de celle‑ci, être associé à la concertation.

« II. – Lorsqu’elle permet de réduire les risques d’une grossesse dont le caractère multiple met en péril la santé de la femme, des embryons ou des fœtus, l’interruption volontaire partielle d’une grossesse multiple peut être pratiquée avant la fin de la douzième semaine de grossesse si deux médecins, membres d’une équipe pluridisciplinaire, chargée d’examiner la demande de la femme, attestent, après que cette équipe a rendu son avis, que les conditions médicales, notamment obstétricales et psychologiques, sont réunies. L’équipe pluridisciplinaire comprend au moins un médecin qualifié en gynécologie‑obstétrique, membre d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, un médecin choisi par la femme, un médecin qualifié en psychiatrie ou, en l’absence de médecin psychiatre, un psychologue. Aucun critère relatif aux caractéristiques des embryons ou des fœtus, y compris leur sexe, ne peut être pris en compte pour l’interruption volontaire partielle d’une grossesse multiple.

« III. – Dans les cas prévus aux I et II, préalablement à la réunion de l’équipe pluridisciplinaire compétente, la femme concernée ou le couple peut, à sa demande, être entendu par tout ou partie des membres de ladite équipe. »

Nous communiquerons la liste des députés qui ont voté cet amendement dès que nous serons en sa possession. Un amendement qui pourrait être retoqué en deuxième lecture au Sénat ensuite (janvier 2021 normalement) mais qui démontre tout de même les arrières pensées d’une certaine gauche, sans la moindre limite.

Néanmoins, l’adoption de cet amendement, tout comme l’adoption de la PMA pour toutes, montre que les associations catholiques et celles dites « de défense de la vie » pédalent dans la semoule depuis plusieurs décennies maintenant. Elles n’ont plus aucun impact politiquement ni législativement, les lois démolissant la structure familiale traditionnelle se succédant…tandis qu’aucun « présidentiable » de droite ne s’engage publiquement à les abroger une fois arriver au pouvoir.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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