Mais pourquoi les bobos en veulent-ils aux pêcheurs, premiers écologistes de France ?

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Il fallait faire court dans le titre, mais il faudrait écrire « pêcheurs et chasseurs, premiers écologistes de France ».

Cependant, ce qui nous intéresse aujourd’hui ce sont les pêcheurs. Il y a quelques jours des bobos, écologistes en carton, ont cru bon de manifester encore une fois à Paris. Cette fois, ils ne réclamaient pas de planter un carré d’arbres, ou de mettre en place une piste cyclable, non. Ils demandaient : « l’interdiction de la pêche dans Paris ». Moins d’une trentaine, ils brandissaient des photos (ou des formes) de poissons avec une phrase inscrite dessus. Leurs arguments pour faire stopper la pêche ? Les poissons souffrent et à Paris leur consommation est interdite. Mais revenons, points par points, sur leur demande et leurs arguments.

Préserver la ressource en relâchant ses captures

Il est vrai qu’à Paris, pour des raisons sanitaires, les poissons pêchés doivent être relâchés. Pour ces bobos, il faut donc interdire la pêche, puisqu’elle ne sert plus à manger. Mais ma génération, celle des pêcheurs nés dans les années 90, n’a en réalité jamais conçu la pêche comme une source nourricière. Je ne suis pas ceux qui ont le sac plastique dans la poche pour ramener leur poisson à midi.

À tel point que je en me rappelle même pas quand j’ai conservé un poisson pour la dernière fois. Pourtant j’en ai capturé plusieurs tonnes au cours de ces 15 dernières années. La pratique consistant à relâcher ses poissons après leur capture, le no-kill en anglais, est une avancée écologique. Une avancée qui fait de plus en plus d’adeptes et qui concerne toutes les tranches d’âge de pêcheurs. Nous ne tuons plus les poissons, ils retournent à leur milieu naturel. Excellent moyen de préserver la ressource halieutique. Surtout que, s’il est pratiqué correctement (utilisation d’un tapis de protection pour poisson, procéder rapidement, mouiller le poisson…), le taux de survie est proche de 100%. Grâce aux pêcheurs qui relâchent leurs prises, certains lieux de pêche accueillent des densités de poissons importantes et/ou des vieux poissons qui sont aujourd’hui très gros.

Une ignorance totale

Pour ces gens qui se prétendent connaisseurs et défenseurs de la faune piscicole, leurs choix d’illustrations sont… cocasses disons. Une femme, pseudo-écologiste, brandit une photo de poisson au bout d’un hameçon, pour dénoncer « l’horreur de la pêche ».

Le poisson en photo est une perche soleil, un poisson qui vient d’Amérique du Nord. Il est classé nuisible sur notre territoire, avec interdiction de le remettre à l’eau après sa capture, car il crée des déséquilibres biologiques. Il est une menace pour nos espèces locales. Ces bobos qui veulent sauver les poissons, pour dénoncer l’action des pêcheurs, choisissent donc une image où un pêcheur débarrasse le milieu aquatique d’un nuisible. L’un des moments, où les pêcheurs sont les plus utiles à l’environnement, en supprimant des espèces invasives. Malin tout ça.  

Une autre femme, un peu plus loin, brandit elle une forme de poisson où il est écrit « je veux vivre ». Cette forme de poisson est une carpe. Pas très réfléchi comme choix d’illustration, les carpes peuvent être capturées des dizaines de fois au cours de leur vie sans mourir (même si dans ce cas il s’agit d’une dérive de la pêche à dénoncer).


Tout ceci me rappelle un souvenir. C’était l’an dernier, au printemps, lors d’une partie de pêche dans un parc à Amiens. Le printemps, c’est la période où les canards colvert se reproduisent et où les bobos ressortent pour se promener. Alors qu’un canard mâle montait sur le dos d’une femelle qui nageait, un des bobos s’exclame : « Il veut la noyer ! ». Ils se saisissent alors de cailloux pour les jeter sur le pauvre couple de canards en pleins ébats. Ils croyaient sauver une cane, en réalité ils ont empêché le couple de se reproduire et auraient pu les tuer avec leurs cailloux.

Ceci pour dire que ces auto-proclamés écologistes sont des dangers pour la nature. Ils croient sauver les poissons ou les canards, alors qu’en réalité, si on les écoutait, nos milieux seraient dans un piteux état.

Moi qui pêche, je n’accepte pas de recevoir des leçons d’écologie de ces bobos, m’expliquant quel devrait être ma relation avec la nature. Alors que je passe un cumulé de deux mois par an en bivouac au bord de l’eau et que je fais plus d’une centaine de partie de pêche, je me passe des conseils de ceux incapables de différencier les espèces de poissons et vivant dans un univers de béton.

1,5 million d’écologistes encartés

Les bobos parisiens qui manifestaient, prétendent que les poissons souffrent en s’appuyant sur certaines études, les pêcheurs eux prétendront le contraire en s’appuyant sur d’autres études. Le sujet n’est pas clos… Aussi, si le poisson se débat, ce n’est pas par souffrance, mais par réflexe de survie quand il est privé d’eau ou entravé dans ses mouvements. Cependant, il est vrai que certaines espèces de poissons peuvent ressentir le stress. Mais la capture à ligne d’un poisson à un impact sur un laps de temps finalement assez court et ne concerne qu’un poisson du banc.

Ce qui est certain c’est que sont vendus chaque année 1 500 000 cartes de pêches. Sur chaque permis de pêche vendu (dont le prix à l’année est de 70 ou 100€), l’argent récolté est réparti entre les instances de la pêche locales et nationales. Les sommes collectées servent à employer des gardes de pêche pour surveiller les lacs et rivières, relâcher des poissons là où il en manque, aménager des zones de reproduction, faire des études visant à mieux connaître les milieux, organiser des nettoyages… Le simple fait de prendre sa carte de pêche contribue donc à préserver la nature et à se comporter en écologiste et place la fédération nationale de pêche (FNP) comme 1er parti écologiste de France avec ses 1,5 millions d’adhérents. Aussi, les pêcheurs participent souvent (de manière bénévole) au nettoyage du lac ou de la rivière de leur coin. Par leur présence au bord de l’eau, ils sont des sentinelles de la nature. Ils peuvent prévenir d’une pollution, d’actes de braconnage, dissuadent les dépôts sauvages d’ordures… Que font les bobos parisiens pour la nature ?

Les animalistes danger pour nos traditions

Ne nous y trompons, si aujourd’hui ces bobos pseudos-écologistes obtiennent l’interdiction de la pêche dans Paris, demain ils demanderont l’interdiction de la pêche partout. Il ne faudrait pas que les pêcheurs soient victimes de la folie de certains. Sachez que la France Insoumise est prête à mener le combat contre les pêcheurs. Danielle Simonet, conseiller municipal France Insoumise de la capitale a pris position pour faire interdire la pêche dans Paris (le député Ruffin ne partage pas cette position). Gageons que demain, comme dans d’autres pays européens déjà, sur pressions des verts, chaque poisson capturé devra être conservé la.

Les pêcheurs seront obligés de tuer des poissons qui pourraient parfaitement être relâchés. Quel paradoxe, pour ces prétendus écologistes, que d’imposer de telles pratiques… La pêche ne doit pas être réduite à la capture d’un poisson. C’est un moment au bord de l’eau, de communions avec la nature. Temps privilégié pour l’échange entre les générations ou entre amis. C’est aussi une mosaïque de traditions, qui différent suivant nos territoires et les espaces halieutiques. Ceci sans oublier, que comme la chasse, pêcher c’est perpétuer l’histoire de l’Homme. Evidement, nous n’avons plus besoin de nous servir dans la nature pour nous nourrir, le supermarché est ouvert même le dimanche. Mais si des écologistes veulent nous réduire à ceci, je ne suis pas de ceux-là.

Cependant, la pêche de loisir contient des dérives contre lesquelles les écologistes devraient manifester. Ce sera l’objet d’un prochain papier, qui fera suite à celui-ci.

Maxime JACOB, diplômé de science-politique, co-auteur avec Fiorina Lignier du Livre Tir à vue.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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