Covid19. Donner son identité pour prendre un café, une histoire belge

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Ceci n’est pas une histoire belge. Pour se prémunir du Covid – qui visiblement ne s’arrrête pas à la douane belge, mais y entre gaillardement pour se fournir en tabac moins cher – les belges ont trouvé LA solution. Depuis la semaine dernière, chaque client de bar, restaurant ou hôtel doit remplir un formulaire, en y couchant son nom, prénom, mail, téléphone, adresse… afin d’être rapidement prévenu en cas de foyer dans l’établissement – ce qui est arrivé dernièrement à Pornichet (44) où un bar et un restaurant ont du fermer après la contamination de deux employés.

Cependant si des applications ont été développées dans l’urgence par certaines municipalités (Mons) ou établissements (Bruxelles), avec des QR codes à flasher qui marchent plus ou moins bien, l’application de cette mesure semble très aléatoire. « En fait elle mesure bien l’autorité de notre gouvernement fédéral : à peine plus que la Grand place de Bruxelles », s’amuse un cafetier belge.

Tourné le coin de la grand place – où la mesure est scrupuleusement appliquée, à l’aide de QR codes à flasher, sans quoi les serveurs ne vous ramènent même pas la carte – on trouve une foultitude d’établissements aussi accueillants ou bondés où le patron vous ramène un petit carnet de papier – comme ceux distribués par les taxis et fournisseurs, vous griffonnez ce que vous voulez, « et de toute façon à la fin de service, on balance », balaie un patron. Normalement, les infos doivent être gardées 14 jours et ne pas être utilisées pour autre chose que le suivi de l’épidémie.

En Allemagne, la « bonne » idée a aussi été adoptée, avec quatre semaines de conservation de données. Pour les bistrotiers belges, c’est la panade : ceux qui appliquent la mesure doivent aussi désinfecter formulaires et crayons, garder quelque part la paperasse générée, expliquer la mesure et l’exiger pour toute consommation, même un café en terrasse. Certains clients fuient, d’autres indiquent n’importe quoi… et bien souvent, ce sont les patrons qui fuient l’application de la mesure, malgré les 750 € d’amendes à la clé.

« Pour avoir traversé la Belgique d’ouest en est [fin juillet], j’ai pu constater que la mesure n’était pas du tout appliquée aux frontières françaises et à la campagne, pas non plus à Gand, Charleroi et Namur, par un établissement sur trois à Bruxelles, une petite moitié à Anvers qui concentre pourtant le gros de la 2nde vague en Belgique… et cela fait rire beaucoup les hollandais – dont beaucoup ne portent même pas de masques, de quoi se faire traiter d’inconscients par les politiques français, et les luxembourgeois, qui ont rendu le masque obligatoire dans les lieux publics et les transports. Mais cette histoire de formulaires dans les bars, ils trouvent que ça fait vraiment une bonne histoire belge, inefficace et discriminatoire en plus ».

Louis Moulin

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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