Cryptomonnaie et blanchiment d’argent : en finir avec les idées reçues

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Les cryptomonnaies sont parfois dépeintes comme permettant le blanchiment d’argent sale, et comme étant le support préféré des pirates et des délinquants de l’informatique (notamment tout ce qui tourne autour de la cybercriminalité). Pourtant, un rapport publié par SWIFT intitulé « Follow the money » montre que les cryptomonnaies ont un rôle seulement limité dans ce blanchiment.

« Les cas identifiés de blanchiment par le biais de cryptomonnaies restent relativement peu importants par rapport aux volumes d’argent liquide blanchis par les méthodes traditionnelles » indique SWIFT, utilisé par la plupart des banques internationales pour permettre le transfert de fonds au-delà des frontières.

Le site ZDNet.com qui a épluché le rapport, rapporte par contre d’autres techniques de blanchiment d’argent qui ont cours actuellement :

  • L’utilisation à grande échelle de diverses catégories de « mules » financières. Il s’agit généralement de jeunes adultes qui cherchent à financer leurs études, ou d’adultes récemment au chômage, qui sont chargés de recevoir l’argent sur leurs comptes avant de le transmettre à un ou plusieurs cybercriminels. Ceux-ci sont de plus en plus souvent recrutés au moyen d’offres d’emploi légitimes destinées à recruter des passeurs de fonds, parfois dans les pays occidentaux, dont beaucoup travaillent involontairement pour de fausses entreprises créées par des gangs criminels.
  • Dans d’autres cas, certains gangs ouvrent des comptes bancaires légitimes pour servir de destinataires de fonds volés, parfois des mois avant un piratage, pour donner plus de légitimité aux comptes. Lorsque les banques appliquent une politique de connaissance du client (KYC) et font preuve de diligence raisonnable lors de l’ouverture de nouveaux comptes, certains groupes criminels recrutent des initiés dans les institutions financières pour échapper à ce processus ou le compromettre.
  • Certains gangs ont également eu recours à des sociétés écrans établies dans des territoires étrangers, pour éviter les sanctions internationales. La plupart de ces sociétés écrans sont souvent établies dans des juridictions connues pour leur forte législation en matière de secret bancaire ou pour leur mauvaise application des réglementations sur le blanchiment d’argent.
  • Les gangs qui manipulent des fonds volés aux distributeurs préfèrent généralement traiter avec des entreprises de vente au comptant, où ils peuvent acheter des produits coûteux pour les revendre plus tard.
  • Les casinos sont également devenus un excellent moyen de blanchiment d’argent, car les escrocs achètent des jetons de pari avec les fonds volés, puis reconvertissent les jetons en monnaie fiduciaire pour obtenir un chèque portant le nom du casino, ce qui représente une transaction/source légitime des fonds.

Cryptomonnaies : le nombre de portefeuilles explose

Les investisseurs sont dans tous les cas de plus en plus séduits par la cryptomonnaie, et ils sont nombreux à acheter des actions de manière tout à fait légale. Le mois de juillet 2020 a d’ailleurs été un mois record dans cette économie. Les données publiées par Apptopia rapporte que le nombre de nouveaux portefeuilles gérés sur des applications comme Coinbase, Blockchain Wallet, Crypto.com, BRD, Trust, Luno, Binance, Bitcoin Wallet, Bitcoin Wallet by Bitcoin.com et Coinbase Wallet a augmenté de 81,4 % en juillet 2020 par rapport à juillet 2019.

Cela représente environ 2 millions de nouveaux portefeuilles, avec une utilisation souvent quotidienne. Parmi les explications à cette envolée, la mise en quarantaine dans la plupart des pays du monde qui a conduit les gens à se tourner vers ces monnaies, mais aussi l’ouverture de nouveaux marchés, comme l’Afrique, avec notamment une explosion de la demande au Nigeria.

Le marché n’est pas prêt de redescendre, puisque outre les investisseurs, ils sont nombreux, parmi les particuliers, à placer eux aussi quelques économies dans ces monnaies alternatives.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 Commentaires

  1. Le rapport de SWIFT est intéressant mais ZDNet semble l’avoir lu trop vite. Il porte sur le blanchiment des sommes détournées au moyen de cyberfraudes visant des établissements bancaires et non spécifiquement sur le rôle des cybermonnaies dans ce blanchiment. Selon SWIFT, les délinquants préfèrent encore les moyens traditionnels de blanchiment via l’argent liquide. La place des cybermonnaies reste donc peu importante à ce jour, mais elle offrent d’excellentes perspectives (en particulier via des cartes prépayées). Le rapport ne dédouane donc pas les cybermonnaies, bien au contraire. Par ailleurs, il note que les cybermonnaies sont elles-mêmes vulnérables aux cyberfraudes.

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