Madeleine Petitjean (LOLOPOP) : « L’allaitement est un acte éco(bio)logique. Allaiter c’est SEIN ! » [Interview]

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Madeleine Petitjean, est une jeune Bourguignonne âgée de 33 ans, mère de 3 enfants. Elle vient de lancer la marque de vêtements d’allaitement LOLOPOP, pensée par et pour les mamans. Une marque qui suscite de l’intérêt sur les réseaux sociaux, il est vrai que les vêtements éthiques et made in France destinés à l’allaitement ne se bousculent pas au portillon.

Nous l’avons interrogée sur sa petite entreprise vouée à prendre de l’ampleur et à séduire les jeunes mamans qui ont envie d’allaiter, et d’être à l’aise !

Breizh-info.com : Qu’est-ce que la marque Lolopop ? Quels produits proposez-vous ?

Madeleine Petitjean (LOLOPOP) : Lolopop est une marque de vêtement malins, responsables et stylés pour accompagner toutes les mamans dans leur maternité.

Quand je suis devenue maman la première fois (il y a 6 ans) j’ai choisi d’allaiter mon fils. J’ai adoré partager ces moments avec lui mais force est de constater que pour m’habiller j’étais assez limitée. Toute une garde-robe à repenser ! Bien sûr, il existe alors quelques marques qui proposent des solutions grossesse-allaitement… mais ces produits (en plus d’être très basiques et/ou informes) sont issus du « fast fashion ». Cette mode à petit prix, catastrophe écologique et sociale, contre laquelle j’essaie de lutter au quotidien, à mon niveau.

Faire des choix plus éthiques, consommer local autant que possible et valoriser nos savoir-faire m’apparaît comme évident, encore plus depuis que je suis maman !

Avec la crise sanitaire mondiale que nous traversons, et le confinement du début d’année, beaucoup de gens ont revu leurs priorités et leur manière de consommer. Les « modes » qui semblaient un peu « farfelues » il y a quelques années (0 déchet, consommation responsable, relocalisation, bio et de saison…) sont sous le feu des projecteurs aujourd’hui et rentrent dans la norme de beaucoup de Français ! J’ai la sensation qu’un vrai mouvement de fond est en marche avec une volonté forte d’un retour à plus de simplicité et de naturalité. L’allaitement (et sa normalisation) fait partie intégrante de ce mouvement.

Lolopop a donc dans son ADN cette sensibilité éco-responsable. La totalité de la collection est conçue et produite en France et nous avons fait le choix de matières premières également made in France ! Directement du producteur au consommateur.

Notre sweat, décliné en 5 modèles, est le fruit d’une longue réflexion pour proposer un produit de qualité. Sa coupe adaptée à toutes les morphologies et ses fermetures éclairs invisibles en font un allié idéal pour allaiter bébé à l’abri des regards indiscrets en un zip. Composé à 50 % de PET recyclé (bouteilles en plastique) et 50 % de coton recyclé, il est pensé pour préserver notre planète et ses ressources !

Breizh-info.com : Avez-vous des statistiques sur l’allaitement en France aujourd’hui ? Comment expliquez-vous ce « revival » ?

Madeleine Petitjean (LOLOPOP) : Quand on interroge les futures mamans aujourd’hui, 70 % à 75 % des femmes déclarent souhaiter allaiter. Ces chiffres sont en augmentation constante depuis les années 70… époque à laquelle le biberon était symbole de liberté de la femme moderne avec une vie professionnelle active !

Si les Françaises sont près de 68 % à allaiter leur bébé à la maternité, ce taux chute au retour à la maison. Seuls 18 % des femmes allaitent encore leur enfant à 6 mois (contre 40 % en Espagne et 70 % en Suède). Ce taux tombe à moins de 9 % pour les bébés d’un an (l’OMS recommande un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois puis idéalement jusqu’à 2 ans en complément d’une alimentation équilibrée).

Pourquoi ? Parce que dans la réalité, rien n’est fait aujourd’hui pour permettre à ces mamans d’allaiter sereinement. Des professionnels de santé peu ou pas formés, une politique familiale à contre-courant des normes physiologiques, et une société hypersexualisée qui voudrait que les seins servent à vendre des yaourts ! « Cachez donc ces seins que nous ne saurions voir ».

Les lobbys du lait industriels sont également très puissants pour convaincre le jeune parent que son lait en poudre est « aussi bon » que celui de maman ! Heureusement certaines choses rentrent doucement dans l’ordre (on ne parle plus de lait maternisé mais de préparation commerciale pour nourrisson, l’obligation d’indiquer sur les boîtes de lait en poudre que le lait maternel reste le plus adapté au bébé…).

On ne sait plus à quel SEIN se vouer mais il est clair qu’on ne fait plus confiance si facilement. Que ce soit pour les équipements de puériculture, l’éducation, l’alimentation, la vaccination… les nouveaux parents se renseignent beaucoup plus et surtout auprès d’autre parents via les RS par exemple !

Sortir du schéma imposé pour revenir à des choses plus saines, plus vraies, plus simples. Voilà ce qui me semble ressortir des études que j’ai pu lire et des comportements que je rencontre au quotidien par mon métier d’accompagnante périnatale, et à travers les réseaux sociaux que j’anime pour Lolopop.

Le lait maternel est une ressource naturelle et renouvelable. 0 déchet, 0 gaspillage ! Bébé le premier Lo(lo)cavore, consommant sans intermédiaire directement du producteur au consommateur ! Ça va donc forcément dans le sens de la marche… Et Lolopop apporte sa pierre à l’édifice !

Breizh-info.com : Vous mettez en avant le made in France, et la qualité de production. N’avez-vous pas peur que le prix, qui s’en ressent, rebute les potentielles consommatrices ? 

Madeleine Petitjean (LOLOPOP) : Je suis consciente que le prix reste un argument commercial fort mais il ne doit pas être le seul élément pris en compte. Pourquoi ? Parce que payer le prix juste, c’est permettre à des entreprises françaises de travailler, de créer de l’emploi, de perpétuer nos savoir-faire. Nous nous gargarisons d’avoir un système social remarquable, mais ce système à un coût. Le smic français est deux fois supérieur au smic portugais !

Acheter français est un acte engagé presque militant. C’est mettre ses valeurs et ses actes en résonnance ! Oui c’est plus cher mais c’est JUSTE ! C’est le prix de la qualité et je n’ai aucun regret d’avoir fait ce choix qui me semble être aujourd’hui le plus pertinent. Actuellement la marge dégagée est excessivement faible pour pouvoir rester compétitif malgré tout, mais même là je sais que nous ne pourrons pas être accessibles à toutes les bourses. Faire le choix de consommer moins mais mieux c’est aussi se donner les moyens d’acheter français !

Au-delà du made in France, c’est la relocalisation de notre économie qui me semble indispensable. Je salue d’ailleurs le Bretagne qui sait produire et consommer local, tout en mettant en valeur ses savoir-faire ancestraux et suis heureuse de pouvoir partager mon expérience avec les Bretons, sensibles à cette démarche.

Breizh-info.com : Pensez-vous que les jeunes entrepreneurs (et moins jeunes) soient encouragés économiquement aujourd’hui en France ? Quel message souhaitez-vous faire passer à ceux qui, eux aussi, veulent se lancer dans ce type de projet mais hésitent encore ?

Madeleine Petitjean (LOLOPOP) : Produire 100% Français est compliqué aujourd’hui, c’est un fait. Les coûts sont prohibitifs, la demande ne peut pas suivre.

Par exemple si je veux du coton bio pour mes tee-shirts enfant, impossible d’avoir du made in France ! Le prix de fabrication ne permet pas d’être rentable donc personne n’en fabrique. Je suis obligée de choisir une caractéristique ou l’autre ! C’est le monde à l’envers ! (et je choisirais MiF pour Lolopop).

Il faut aussi apprendre à naviguer entre les appellations, les labels, les garanties… Trouver du « vrai » made in France et par du « frenchwashing » peut parfois se révéler compliqué.

Enfin pour se lancer, il faut être bien accompagné sinon c’est la maison de fou d’Astérix ! Mais c’est une aventure que (pour le moment) je ne regrette pas une seconde. Travailler en accord avec ses convictions et savoir pourquoi on y passe autant de temps est le secret de l’épanouissement professionnel. Un rythme parfois compliqué quand on est mère de famille « nombreuse » mais « l’intendance suit toujours » !

Bref, en cherchant bien et en étant convaincu, il est possible de produire made in France et même made in Bretagne. J’espère que de vraies politiques des autorités publiques verront le jour prochainement, dans le sens de l’Histoire, et qu’elles permettront d’inciter les jeunes entrepreneurs à se lancer sur ce créneau !

Breizh-info.com : Quels sont les projets pour le futur, sachant que votre collecte sur Ulule a cartonné ? Peut-on imaginer de nouvelles déclinaisons ?

Madeleine Petitjean (LOLOPOP) : J’ai mille idées à la seconde. Ma petite louve de 2 mois m’inspire chaque jour ! J’ai envie d’exploiter les belles matières que la France sait fabriquer : dentelles, lin, laine… Il y a presque tout à faire dans l’univers de l’allaitement made in France !

Mais nous allons y aller étape par étape. 4 à 5 sweats pour commencer, surement d’autres à venir, les tee-shirts enfants si nous atteignons 200 % de l’objectif Ulule et le lancement de notre site e-commerce au plus vite ! Ensuite nous plancherons à une petite collection printanière…

Je compte sur les Bretons (et certains ont déjà participé à cette campagne de lancement), pour aider Lolopop à prendre son envol !

Nos sweats sont en pré-commande jusqu’au 16 octobre sur www.ulule.com/lolopop pour une livraison avant Noël.

Pour vous ou pour offrir, faites partie de l’aventure Lolopop !

Propos recueillis par YV

Photo d’illustration : DR
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