Chateaubriand, Renan, Corbière, Guillevic..ils ont fait la littérature bretonne de langue française [Interview]

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Oui, il existe une littérature bretonne en français comme il existe une littérature irlandaise en anglais.

Parmi les auteurs les plus connus, François-René de Chateaubriand, Ernest Renan, Jules Verne, Emile Souvestre et beaucoup d’autres que nous présentent les éditions Yoran Embanner dans un livre dédié, réalisé sous la direction de Pascal Rannou, docteur et agrégé, romancier (Sentinelles de la mémoire, Un Tyran du bocage, Noire, la neige), auteur d’essais sur Guillevic, Corbière, Hélias et de dizaines d’articles sur la littérature bretonne d’expression française.

Nous l’avons interrogé pour en savoir plus sur ces pièces importantes de notre patrimoine.

Pour commander l’ouvrage, c’est ici

Breizh-info.com : Pourriez vous vous présenter à nos lecteurs ?

Pascal Rannou : Originaire de Loqueffret, dont mon père fut maire 24 ans. 62 ans, ancien prof de lettres dans divers collèges et lycées de Mayenne et d’Ille-et-Vilaine et chargé de cours dans les universités de R2 et Paris 1. Agrégé, docteur pour une thèse sur Tristan Corbière. Préoccupé par la notion de littérature bretonne de langue française depuis mes années de lycée,  en 75-76, à Morlaix. J’y avais fréquenté l’équipe de la revue Bretagnes, dirigée par Paol Keineg, où j’ai commencé à écrire. J’ai collaboré à Ar Men, au Peuple breton, à Plurial, à Hopala… écrit des études sur Guillevic, Corbière, Hélias, un recueil poétique: Les Trajectoires lumineuses (1996) et trois romans: Sentinelles de la mémoire (1999), Un Tyran du bocage (2002), Noire la neige (2009).

Breizh-info.com : A partir de quand trouve-t-on trace d’une littérature bretonne de langue française dans notre histoire ?

Pascal Rannou : Dès le Moyen-Age. Les bardes gallois ont propagé la matière de Bretagne à la cour d’Aliénor d’Aquitaine. Elle a été traduite en francien par Chrétien de Troyes, Béroul, Marie de France…

Breizh-info.com : Qui sont les plus grands écrivains de langue française dans la littérature bretonne?

Pascal Rannou : Chateaubriand, qui crée le paysage breton romantique. Tristan Corbière, qui s’intéresse aux Bretons les plus humbles, marins, paysans, soldats… Il les met en scène et métissse sa poésie de mots bretons.
Guillevic, qui magnifie Carnac et sa région tout en tendant à l’universel par sa sobriété. Mais aussi Saint-Pol-Roux, René Guy Cadou, Xavier Grall, Keineg…

Breizh-info.com : Ecrivaient-ils en Français car non brittophones, ou bien simplement parce qu’ils préféraient écrire en langue française, à la diffusion plus large notamment ?

Pascal Rannou : Certains étaient non brittophones (Chateaubriant, Cadou) et n’en souffraient pas. Beaucoup, regrettant de ne pas parler breton, parsèment leurs textes de bretonnismes, de toponymes, d’anthroponymes et de mots bretons: Grall, Keineg, Le Bris, Abraham… Perros, Huguenin et Saint-Pol-Roux, extérieurs à la Bretagne, le font aussi, mais pour montrer leur amour pour la région qu’ils ont adoptée et leurs habitants.

Aucun, que je sache n’a préféré écrire en français. Ils ne pouvaient pas faire autrement, sauf Brizeux et Hélias, qui ont écrit dans les deux langues. Dans sa poésie, Hélias va d’une langue à l’autre sans qu’aucune ne soit traduite de l’autre.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui explique selon vous cette attirance exercée par la Bretagne y compris sur des écrivains non bretons ?

Pascal Rannou : Le paysage notamment marin, la nature sauvage, l’exotisme d’une  langue, de costumes et de moeurs très différents jadis.

Breizh-info.com : En tant que directeur de la publication de cet ouvrage, si vous ne deviez retenir que trois livres à conseiller à nos lecteurs, votre choix du coeur?

Pascal Rannou : Les Amours jaunes (Corbière), Carnac (Guillevic), et troisièmes ex-aequo: La Côte sauvage (Huguenin) et L’Herbe d’or (Hélias).

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Je me permets d’ajouter, pour une place prépondérante, l’immense littérateur Alphonse de Chateaubriant qui, avec son chef d’oeuvre La Brière retrace avec une richesse de vocabulaire remarquable, l’histoire charnelle d’un peuple avec son bocage breton dans l’époque charnière d’une société en pleine mutation.
    Une transformation qui avec le recul nous montre comment peut complètement se perdre tout un pan de vocabulaire effacé de notre mémoire. ( vocabulaire que j’ai pu retrouver en grande partie dans des recherches sur le web).
    Cet ouvrage peut également nous faire réfléchir sur ce que trament avec perversité les abus de pouvoirs, corrompus par une politique mondialiste contre notre Culture Occidentale.

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