Paul Lasne (Stade Brestois) publie le livre MurMures : « Le football s’étant arrêté lui aussi, il fallait se réinventer » [Interview]

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Footballeur professionnel, joueur du Stade Brestois, Paul Lasne a profité de la parenthèse du confinement pour écrire un recueil de chroniques intitulé MurMures. Un nouveau terrain de jeu sur lequel il livre de courts récits intimistes pour aérer une vie recluse dans laquelle chacun se retrouvera.

Extrait :

Cette répétition de jours instables effrite l’esprit, une érosion qui fait perler une larme sur une joue nocturne, qui fait pousser des mauvaises herbes dans les articulations d’un corps au chômage mais qu’il faut contraindre à l’effort.

De retour d’exil, j’emprunte un chemin incertain, tout entouré d’ergs à surmonter, et ce ciel ouvert à la pluie rafraîchit l’espoir de trouver une destination à cette traversée. 

Nous l’avons interrogé alors que ce livre sortira le 1er février 2021 aux éditions LeTiersLivre.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

Paul Lasne : Je suis Paul Lasne, 31 ans. J’ai quitté ma famille à 13 ans pour rejoindre le centre de formation des Girondins de Bordeaux. Depuis lors j’ai disputé autour de 300 matchs professionnels, en passant par Ajaccio, Montpellier et depuis 2019 au Stade Brestois. J’y ai découvert une région et des gens attachants.

Breizh-info.com : Un footballeur qui se met à écrire un livre, ce n’est pas courant. Pourquoi Murmures ?

Paul Lasne : La période du confinement a été un moment particulier pour tout le monde. Le football s’étant arrêté lui aussi, il fallait se réinventer. Ça s’est fait naturellement, j’ai écrit un premier texte que j’ai lu à ma femme et elle m’a encouragé à continuer. Le challenge était lancé, c’est devenu mon entraînement quotidien !

Breizh-info.com : Un footballeur qui cite Nietzsche, c’est encore moins courant. Qu’avez vous lu et analysé de ce philosophe ?

Paul Lasne : C’est une longue histoire que ce passage cité au début du livre.

Quand je jouais en Corse, à l’AC Ajaccio il y a maintenant plusieurs années, mon père un jour m’avait envoyé un lien « YouTube » d’un texte raconté par l’acteur Michael Lonsdale. Un extrait du prologue de Zarathoustra écrit par Nietzsche. Ça ne me disait trop rien mais mon père avait pressenti qu’il pouvait m’intéresser. Alors j’ai écouté, plus pour lui faire plaisir que par conviction. Et le texte m’a impacté et ce passage cité dans « MurMures » m’a suivi toutes ces années. Je le trouve puissant et m’a souvent encouragé dans ma vie.
Je ne suis pas un spécialiste de Nietzsche mais nul besoin d’être calé sur un philosophe pour le citer.

Breizh-info.com : Comment avez vous vécu le confinement pour qu’il vous pousse à écrire ce livre, racontez nous ?

Paul Lasne : Comme je l’ai dit plus haut, le confinement nous a tous bouleversé dans nos habitudes. Il fallait imaginer un nouveau quotidien, rythmer les journées par des temps différents et réguliers pour garder une vie plus ou moins équilibrée, d’autant plus avec de jeunes enfants à la maison.

Avec l’écriture j’ai trouvé un terrain de jeu, d’un sport collectif je suis passé à une activité individuelle, qui a rythmé mes journées. Le matin je faisais du sport pour m’entretenir au cas où le championnat reprendrait, et en début d’après-midi je me mettais à la table pendant que les enfants partaient à la sieste. C’est devenu un rituel. Et puis j’avais envie de fabriquer quelque chose, tirer un objet physique de ce confinement, mon objectif étant de tenir mon livre dans les mains, et laisser une trace pour plus tard, pour mes enfants notamment.

Breizh-info.com : Vos textes ressemblent parfois à du Slam….

Paul Lasne : Le plaisir pour moi était de jouer avec les mots, parfois les détourner de leur sens premier, d’associer un groupe de mots qui en apparence n’iraient pas ensemble mais qui pour moi trouvaient un sens. Et puis l’écriture est aussi question de rythme, de musique, quand je lis un livre je suis d’abord à l’écoute.

Breizh-info.com : Quel accueil a eu ce livre auprès de vos coéquipiers ?

Paul Lasne : Nous avons des objectifs importants avec mon équipe, les entraînements et les matchs captent notre attention. Le football est la priorité et le livre ne sort que le 1er février. Je n’ai pas encore dit que je sortais un livre mais je leur annoncerai bientôt.

Breizh-info.com : Question qui n’a rien à voir avec le livre : comment vivez vous cette saison de football particulière ? Le football mérite-t-il réellement d’être joué sans supporteurs, eux qui sont pourtant l’âme d’une ville et d’un stade ?

Paul Lasne : Vous avez raison, les supporters sont l’âme d’un club et c’est bien triste d’entendre sonner creux dans les stades. Mais je pense que les supporters préfèrent encore que la saison ait lieu plutôt que nous nous retrouvions dans la même situation qu’au mois de mars de l’année dernière. En attendant, nous faisons notre métier, nous nous bagarrons bien, obtenons régulièrement de bons résultats et sommes impatients de retrouver nos supporters dès que la situation sanitaire le permettra.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Nous invitons tous ceux que l’évolution de la situation sanitaire intéresse ou préoccupe à se rendre sur le site « Sentinelles », publication commune à l’INSERM, SORBONNE UNIVERSITE, FRANCE SANTE PUBLIQUE, (www.sentiweb.fr) qui centralise, chaque semaine, les informations recueillies auprès d’un réseau d’environ 1000 médecins généralistes et 200 pédiatres répartis sur l’ensemble du territoire national sur : les données relatives aux infections virales courantes, les infections respiratoires aigües, le Sars-Cov-2, émanant d’un échantillon représentatif d’environ 150 000 patients reçus en consultation. Résultats semaine 53/2020 : aucun prélèvement testé positif au Sars-Cov-2

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