Kouachi, l’assaut final : un membre du GIGN raconte l’attaque contre Charlie Hebdo et la traque des deux islamistes [Interview]

A LA UNE

Les éditions Ring viennent d’éditer un livre qui devrait faire l’effet du petite bombe : Kouachi : L’assaut final – Récit embarqué de la traque et des trois jours qui ont changé la France, signé Romain Agure, qui était dans une équipe du GIGN présente à Dammartin en Goële en 2015 (et préfacé par Michel Catalano, propriétaire de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële qui deviendra le lieu de la prise d’otage du 9 janvier 2015).

Un livre ainsi présenté par la maison d’édition :

Paris, 7 janvier 2015, 11 h 20. Une C3 noire s’arrête à proximité du 10 rue Nicolas-Appert. Deux hommes cagoulés, sombrement vêtus, armés et équipés pour une guerre, descendent du véhicule…

Quelques minutes plus tard, des coups de feu retentissent. Les deux hommes viennent d’assassiner onze personnes, dont huit membres de la rédaction de Charlie Hebdo, pour venger le prophète de leurs caricatures. La France tremble : la cavale des deux hommes embrase le nord parisien, puis la découverte d’un autre terroriste qui se coordonne avec les premiers.

Le GIGN traque les frères Kouachi, qui finiront par s’encager dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële, tandis qu’à la porte de Vincennes, Amedy Coulibaly assassine trois personnes et en prend en otage dix-sept autres dans un Hyper Cacher.

Kouachi : l’assaut final est le récit inédit, brutal et embarqué dans les pas de Romain Agure, opérationnel GIGN lors de l’intervention à Dammartin-en-Goële. Une immersion dans la traque, la terreur et les tirs croisés de trois jours de guerre jusqu’à l’assaut sur l’imprimerie et la libération de l’otage dissimulé pendant neuf heures aux côtés des frères Kouachi.

Un flashback avec le GIGN, minuté en temps réel, de l’arrivée des Kouachi devant Charlie Hebdo à leur neutralisation à Dammartin-en-Goële : trois jours majeurs dans l’histoire tragique du terrorisme en France.

Autant vous le dire tout de suite, il faut être avoir le coeur bien accroché pour lire ce récit, qui se dévore (un peu comme Utoya de Laurent Obertone toujours chez le même éditeur, il y a plusieurs années). Il se dévore car on y plonge au coeur de cette attaque islamiste majeure, impliquant deux frères de nationalité française grâce aux politiciens qui ont voté le droit du sol et qui ont fait venir leurs parents dans notre pays, comme en Europe de l’Ouest, des vagues venues d’Europe du nord et d’Europe subsaharienne sont venues transformer notre continent.

Le livre plonge à la fois, grâce aux informations de première main que détient manifestement l’auteur, dans la préparation et le déroulement de l’attaque de Charlie Hebdo par les frères Kouachi, mais aussi dans leur traque, sur fond de préparation permanente à ce type de situation par les hommes du GIGN.

On y découvre leur préparation, leur armement, leur entrainement (cela peut même paraitre parfois trop de révélations, mais nous y reviendrons avec l’auteur). Kouachi : L’assaut final – Récit embarqué de la traque et des trois jours qui ont changé la France, est un livre qui raconte tout simplement au plus près de l’action ces journées qui ont marqué les Français, sans les réveiller pour autant face au péril islamiste favorisé par le péril migratoire. On conseille sa lecture, pour l’histoire, mais aussi pour comprendre comment la traque des terroristes est organisée sur le territoire français.

Né en 1979, Romain Agure s’engage dès dix-huit ans au service de la France. Après un bref passage dans l’armée de terre, il est intégré opérationnel à la Force Intervention, spécialisé dans le domaine chuteur opérationnel, tir longue distance et montagne. Il quittera le GIGN en 2016 pour poursuivre sa carrière au sein de la gendarmerie.

Nous l’avons interrogé ci-dessous :

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a amené à intégrer la Gendarmerie ? Puis le GIGN ?

Romain Agure : Pour retracer très rapidement la genèse de mon parcours, j’ai établi une candidature en gendarmerie alors que je venais à peine d’avoir 18 ans. Le centre de recrutement m’avait à l’époque indiqué que je ne pouvais pas prêter serment avant 21 ans et que, par conséquent, si je me bornais à être sous-officier, je devrais patienter.

Mais mes objectifs étaient clairs : je souhaitais intégrer un métier des armes uniquement en tant que sous-officier, sans perdre de temps. A 18 ans, j’ai finalement réussi à intégrer l’armée en tant que sous-officier. Mais connaissant peu les dénominations des spécialisations, je n’ai obtenu qu’un poste administratif loin d’être épanouissant. Epanoui, je l’étais en revanche dans les valeurs humaines et la fraternité si importantes dans ce milieu. J’ai donc tenté une « porte dérobée » pour le 1er RPIMA à Bayonne, mais c’était sans compter sur la complexité de l’administration qui m’en a empêché. J’ai donc réalisé ce que l’on appelle un changement d’arme et basculé en gendarmerie, avec pour objectif ultime le GIGN, sans jamais arrêter de servir.

C’est tout simplement la rencontre avec les hommes de cette unité, lors de la sécurisation des Jeux olympiques d’Albertville en 1992, qui m’a donné l’envie au plus profond de moi de rejoindre le Groupe. Je me suis alors donné tous les moyens pour atteindre mon objectif.

Breizh-info.com : Que se passe-t-il pour vous, le 7 janvier 2015 au matin, à votre réveil ?

Romain Agure : C’est un jour comme les autres. Je suis prêt. Comme chaque jour : prise d’alerte. Le planning de la semaine est déjà connu en partie, sauf engagement missionnel. C’est malheureusement ce qui arrivera dès le lendemain. Ce 7 janvier, nous avions tous rendez-vous pour une conférence donnée par notre commandement sur les lignes directrices future du GIGN, ainsi qu’un point sur l’année écoulée et les objectifs fixés l’année précédente. Puis, un brouhaha dans l’assemblée. Des mouvements sur les sièges, des portables qui circulent en silence, d’autres qui s’allument. Alors que le commandement du GIGN était en train d’expliquer le type de profils terroristes auxquels nous devions nous préparer ainsi que leur mode d’action à envisager, nous apprenions au même moment que la rédaction de Charlie Hebdo venait de se faire décimer par ces mêmes profils et ces même méthodes à l’instant exposés en salle.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant cette journée ?

Romain Agure : Le 7 janvier, c’est la guerre médiatique effrénée qui m’a le plus marqué. Aucune retenue ni aucun tri, la fausse « priorité » à l’information lançait ses propres hypothèses et divers renseignements qui, s’ils devaient bien venir de quelque part, ont, je pense, porté atteinte à l’enquête en cours et par conséquent, aux recherches des forces de l’ordre.

Breizh-info.com : En quoi était-ce important pour vous de « vider votre sac » en racontant ces moments ? En écrivant ce livre ?

Romain Agure : Je n’ai absolument pas vidé mon sac dans ce récit, j’ai simplement eu envie d’aborder un côté peu considéré de nos jours. Celui des valeurs que défendent les hommes et les femmes du GIGN, toutes Forces confondues. Aujourd’hui encore beaucoup d’entre eux sont prêts à défendre la France jusqu’au sacrifice ultime, parce qu’ils croient profondément aux valeurs fondamentales qui l’ont construite. Pour la plupart, les métiers des armes deviennent à ce titre une évidence. Or nous voyons chaque jour un peu plus le lourd tribut payé par les armées, la police, la gendarmerie et même la société civile pour défendre ces valeurs. Finalement, Charlie Hebdo est l’évènement de plus, ou plutôt de trop, qui m’a incité à rappeler que nous ne devons pas oublier. Nous ne devons pas oublier les victimes qui ont sacrifié leur vie pour la défense de ces valeurs et rester vigilants.

Breizh-info.com :  Y’a-t-il une forme de « respect » ou tout du moins d’estime, lorsque l’on se retrouve, vous le combattant, face à d’autres combattants, en l’occurrence ces deux frères,terroristes islamistes ?

Pour qu’il y ait respect entre combattants, encore faut-il que les combattants aient la notion de ce que sont les règles d’engagement. Or les terroristes n’ont aucune règle et ne s’attaquent pas à des combattants (j’aborde d’ailleurs succinctement le sujet des cibles terroristes et leur évolution dans le récit). Pour ma part en revanche, j’ai signé pour respecter les valeurs et les règles de mon pays. J’ai donc signé pour respecter la vie, et pour respecter celle de tout le monde, y compris celle les terroristes.

Breizh-info.com :  Vous avez quitté le GIGN en 2016. Une conséquence de cette affaire ? Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut s’engager aujourd’hui ?

Romain Agure : Mon départ en 2016 n’est pas une conséquence des attentats. J’aurais aimé continuer, mais la vie en a décidé autrement. Des raisons personnelles que je n’évoquerai pas ici m’ont conduit à quitter le GIGN. Mais avec le recul je me suis rendu compte à quel point ces années m’avaient appris, sur moi, sur l’humain et sur l’amour de ma famille.

Breizh-info.com :  Vous qui avez connu la vague terroriste islamiste en première ligne, estimez-vous que les autorités françaises ont fait le nécessaire pour protéger les citoyens ?

Romain Agure : Étant toujours en activité le devoir de réserve que m’impose mon statut militaire ne me permet pas de formuler un quelconque jugement sur des mesures prises ou non par les autorités françaises.

Breizh-info.com : n’est-il pas risqué de donner autant de détails sur la composition et l’entraînement du GIGN ?

Romain Agure : Dans le récit, s’agissant du GIGN, bon nombre de détails techniques et tactiques sont le recoupement d’informations déjà connues. Pour des raisons évidentes de sécurité, je n’y révèle pas les techniques ni toutes autres choses qui mettraient à mal l’institution. Par ailleurs, vous vous en doutez, l’entrainement de cette unité d’élite évolue sans cesse. Les modes opératoires d’aujourd’hui ne sont plus nécessairement les mêmes qu’en 2016, d’autant qu’ils dépendent aussi et largement de la configuration du terrain qui, elle, n’est jamais tout à fait la même

Breizh-info.com :  Le mot de la fin pour les lecteurs ?

Romain Agure : Je souhaite dire aux jeunes qui ont un idéal, de ne pas avoir de doutes. Ne laissez personne mettre de barrières à vos rêves. Donnez-vous les moyens de vos objectifs, prenez votre confiance en vous. Lâcher cette PlayStation, faites du sport. Observez l’histoire, cultivez-vous plutôt que de traîner sur des divertissements, les outils informatiques actuels vous le permettent facilement. Enfin n’oubliez jamais ceux qui ont donné leur vie pour votre liberté, votre confort et les valeurs qui font la France d’aujourd’hui.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. On a venger mohammed disent ils mais selon certains musulmans il n’y a que les incultes qui disent mohammed au lieu de mahomet , enfin bref mais le plus gros problème en France ce sont ces terroristes qu’on envoient en prison et qui ne changent pas et qui finissent par ressortir alors que ceux en liens avec ceux en France vont être traqués et tués bon débarras alors que sur le territoire on ose pas ou trop peu les exécutés car avec ce genre de déchet de l’humanité seul les tués pourras réduire considérablement leur emprise sur de nouveaux adeptes de la religion la plus nocive et abjecte sur terre , sans compter que notre justice laxiste en fait des victimes de notre sociétés comme s’il fallait absolument trouver une raison à leurs actes de débile profond enfin des débiles mais pas des malades psys et avec des avocats pret a tous pour se faire un nom n’hésiterons pas a en faire des victimes limite si ce ceux ne sont pas eux qu’il faudrait plaindre , abjecte, pathétique tout comme les musulmans !!!

  2. Est-ce qu’on peut mourir pour les valeurs de la République en marche?

    C’est à dire les valeurs de l’avortement jusqu’à neuf mois, de la pédophilie, de l’homosexualité, du mensonge, de la cupidité, du tout marché et de la culture de mort jouissive universelle…

    La réponse n’est pas si mystérieuse que ça.

    Y-a-t’il encore quelque chose de la France au pays de la République en marche et de l’Islam qui coure?

    Le seul ennemi du journal Charlie – anciennement Hara-Kiri qui titrait en 1970 « bal tragique à Colombey, un mort » – fut l’ESPRIT de Charles de Gaulle qui écrivait au début de ses Mémoires d’espoir (1970), intitulé Le Renouveau (1958-1962), ce qui suit:

    « La France vient du fond des âges. Elle vit. Les siècles l’appellent. Mais elle demeure elle-même au long du temps. Ses limites peuvent se modifier sans que changent le relief, le climat, les fleuves, les mers, qui la marquent indéfiniment. Y habitent des peuples qu’étreignent, au cours de l’Histoire, les épreuves les plus diverses, mais que la nature des choses, utilisée par la politique, pétrit sans cesse en une seule nation.

    Celle-ci a embrassé de nombreuses générations. Elle en comprend actuellement plusieurs. Elle en enfantera beaucoup d’autres. Mais, de par la géographie du pays qui est le sien, de par le génie des races qui la composent, de par les voisinages qui l’entourent, elle revêt un caractère constant qui fait dépendre de leurs pères les Français de chaque époque et les engage pour leurs descendants. A MOINS DE SE ROMPRE, cet ensemble humain, sur ce territoire, au sein de cet univers, comporte donc un passé, un présent, un avenir, indissolubles. Aussi l’État, qui répond de la France, est-il en charge, à la fois, de son héritage d’hier, de ses intérêts d’aujourd’hui et de ses espoirs de demain. »

    Avec la République en marche et la pédophilie de croisière des Charlie & Cie on est fort loin de l’Espoir évoqué par le fondateur de la 5ème République…

    Qui vivra, verra.

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