Iran. Le dossier nucléaire iranien va-t-il peser sur les prix du pétrole dans le monde ?

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Le président iranien Hassan Rouhani a demandé à Joe Biden de ramener les États-Unis à l’accord nucléaire de 2015, ainsi que de lever les sanctions contre son pays. M. Rouhani a déclaré que si Washington revenait à l’accord nucléaire que l’administration Trump avait rompu en 2018, Téhéran respecterait pleinement les obligations qu’il a acceptées. Il est certain que le retour à l’accord nucléaire ne sera pas un processus rapide ou facile, mais la question reste de savoir si le retour de l’Iran sur les marchés mondiaux du pétrole aura un impact sur les prix ?

Le marché pétrolier s’est lentement redressé au cours du second semestre 2020, mais il est encore sensible aux chocs, de sorte que toute augmentation de la production peut affecter les prix. Lorsque le ministre saoudien du pétrole a déclaré au début de l’année que son pays réduirait sa production de pétrole en janvier, il a suffi que le prix du pétrole saute en quelques jours de 48 dollars le baril à 55 dollars.

En ce moment, la demande se stabilise lentement, et on estime qu’elle pourrait se situer entre 95 et 100 millions de barils de pétrole par jour. Cependant, si les estimations de la croissance mondiale se réalisent cette année, cette demande pourrait être encore plus élevée. Pour l’instant, étant donné que certains secteurs économiques et industriels qui consomment de grandes quantités de pétrole, comme les transports aériens, sont loin d’être remis sur pied en pleine pandémie de COVID-19, le prix du brut est maintenu stable par l’accord de l’OPEP sur la réduction de la production. Bien qu’il soit difficile de prévoir le prix dans cette situation, les estimations du prix du pétrole en 2021 pourraient se situer entre 55 et 65 dollars le baril.

En ce sens, le retour de l’Iran à court terme ne changerait pas de manière significative le prix du pétrole sur le marché mondial, principalement parce que la production de brut ne peut pas être lancée du jour au lendemain. En outre, il n’y a pas eu d’investissements dans le secteur pétrolier iranien depuis de nombreuses années. Il est difficile à l’heure actuelle de dire quelle est réellement la situation en Iran, d’autant plus qu’avant les sanctions, le pays du Moyen-Orient était un des cinq premiers producteurs de pétrole. Aujourd’hui, l’Iran est un producteur de pétrole presque insignifiant sur la scène mondiale, de sorte que son retour sur le marché mondial à court terme n’entraînerait pas une forte augmentation de l’offre.

En raison du manque d’investissements à long terme dans les capacités de production et de l’obsolescence des capacités existantes, il faudrait plusieurs années à l’Iran pour atteindre le niveau de production qu’il avait avant les sanctions. Toutefois, à moyen terme, avec des investissements accrus, l’Iran produirait davantage de pétrole.

Nous arrivons ici à une deuxième question cruciale – l’Iran est également membre de l’OPEP, et rien n’indique comme sera traitée la République islamique par l’organisation étant donné que certains autres membres, comme l’Irak, ont demandé une exemption de la réduction de la production parce qu’ils dépendent financièrement presque entièrement  du pétrole pour leur économie et le budget de l’État.

Il serait avantageux pour les États-Unis de revenir à l’accord sur le programme nucléaire iranien car une telle démarche stabiliserait le marché à long terme. « Si l’Iran revient à un respect strict de l’accord nucléaire, les États-Unis rejoindraient l’accord comme point de départ pour des négociations de suivi », a écrit M. Biden dans un essai publié en septembre pour CNN.

M. Biden a clairement indiqué que par la diplomatie, les États-Unis veulent étendre et renforcer l’interdiction du programme nucléaire iranien et résoudre d’autres questions importantes. En fait, cela a été réitéré par le secrétaire d’État désigné Antony Blinken qui a déclaré « Nous devrons alors évaluer s’ils font réellement du bon travail s’ils disent qu’ils reviennent à leurs obligations, et ensuite nous prendrons le relais ».

M. Rouhani a déjà déclaré que « si Washington revient sur l’accord nucléaire iranien de 2015, nous respecterons aussi pleinement nos engagements au titre du pacte. La balle est dans le camp des États-Unis maintenant ». En effet, le retour de l’Iran sur le marché mondial du pétrole dépend de la possibilité d’une réconciliation avec les États-Unis. Il faut donc attendre de voir si Biden tiendra sa promesse de revenir à l’accord nucléaire et à la façon dont les relations étaient avant l’administration Trump, ou si la politique agressivement anti-iranienne de Donald Trump sera maintenue.

Bien que M. Biden ait exprimé son enthousiasme à l’idée de revenir dans le cadre de ll’accord nucléaire avec l’Iran, il se heurtera probablement à l’opposition des producteurs nationaux de pétrole de schiste. L’économie américaine est toujours dépendante du pétrole et il est peu probable que les Etats-Unis puissent se sevrer complètement du pétrole étranger à court terme. Et ce, malgré le fait que les Etats-Unis aient dépassé l’Arabie Saoudite en 2018 pour devenir le plus grand producteur de pétrole au monde, en pompant 10,96 millions de barils de pétrole par jour. La politique étrangère de l’administration Trump a affaibli la force géopolitique de l’OPEP et sa capacité à manipuler les prix du pétrole en imposant des sanctions contre l’Iran et en donnant du pouvoir à l’industrie américaine de l’huile de schiste.

La croissance de la production pétrolière américaine remet en question le contrôle de l’OPEP sur les prix du pétrole et sa puissance géopolitique. C’est pourquoi Biden sera probablement confronté à une opposition importante s’il revient à l’accord nucléaire avec l’Iran et à qu’il lève les sanctions. En mettant fin aux sanctions contre la République islamique, il renforcerait une fois de plus l’OPEP après que Trump ait réussi à affaiblir le cartel en s’assurant que le pétrole de schiste américain ne soit pas mis à mal sur les marchés mondiaux et en mettant l’Iran sur la touche.

Paul Antonopoulos, analyste géopolitique indépendant (source anglaise)

Illustration : DR
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