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Après la découverte d’une affaire particulièrement sordide dans les environs de Saumur en février 2020 – avec des vols, mais aussi l’asservissement d’une dizaine de handicapés logés dans des conditions sordides et dont les allocations étaient détournés au bénéfice d’un clan de voyageurs, une nouvelle affaire de traite d’être humains a été mise à jour, au sein de la même communauté, dans une autre localité du Saumurois.
A Longué-Jumelles, le 18 février dernier, un couple issu de la même communauté de voyageurs a été placé sous contrôle judiciaire et sera convoqué en correctionnelle le 10 juin prochain pour des infractions liées à l’asservissement d’un homme de 43 ans en pleine dépression, connu des services judiciaires et fragile psychologiquement.
Ils le logeaient dans un fourgon sur leur terrain, dans des conditions insalubres, et percevaient à sa place son allocation d’adulte handicapé jusqu’en avril 2020 ; ils l’envoyaient aussi travailler chez des particuliers, mais gardaient pour eux sa rétribution. Ils auraient ainsi détourné plus de 60.000 €. La victime en avait parlé lors d’un rendez-vous au SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) qui a transmis aux autorités judiciaires ; l’homme jadis asservi a été depuis libéré et relogé.
Des arrestations en série pour traite d’êtres humains en février et octobre 2020
Les 4 et 6 février 2020, 14 membres d’un même clan de voyageurs âgés de 18 à 62 ans avaient été arrêtés en Vendée, Somme, Vienne et Maine-et-Loire, et six d’entre eux incarcérés, suite à un coup de filet des gendarmes dans le cadre de plusieurs séries de vols d’argent liquide et de cartes bancaires chez des personnes âgées, suite à des ventes de calendrier ou du démarchage. L’enquête a aussi permis de constater qu’ils exploitaient une dizaine de personnes au RSA ou handicapées, les faisaient travailler pour leur compte – y compris pour voler des personnes âgées – et détournaient leurs allocations.
« Des hommes fragiles réduits en esclavage, contraints de faire la manche et de reverser tous les gains à leurs tortionnaires. Des pauvres hères subissant au quotidien des traitements dégradants. Des victimes désocialisées, sous curatelle, mises sous la coupe d’un groupe criminel et contraintes de vivre dans des conditions indignes, parfois dans une voiture oiu retenues presque prisonnières dans un campement de membres de la communauté des gens du voyage », résumait cette affaire Le Parisien dans ses colonnes du 7 février 2020.
La première enquête de la gendarmerie avait permis de mettre en cause un clan familial de voyageurs relié à des vols dans le Puy-de-Dôme, les Deux Sèvres, la Somme, la Marne, la Haute-Garonne, les Landes, les Pyréenes-Atlantiques – mais jamais dans leur fief saumurois. Cependant, lors des écoutes téléphoniques, la gendarmerie a constaté que cette famille exploitait une dizaine de personnes handicapées, logées dans des conditions déplorables et contraintes de travailler ou de mendier pour leur compte.
« Le trafic d’êtres humains, c’est une culture chez les Delorme », selon l’avocat général
En avril 2020, deux frères du même clan âgés de 19 et 28 ans demandent à être libérés ; l’un affirme avoir « la trouille de choper » le coronavirus, le second veut sortir pour retrouver son épouse enceinte d’un cinquième enfant. Néanmoins l’avocat général Yves Delpérié constate que « les sommes collectées par les vols ont été considérables ; elles constituent leur seule source de revenus ». Leur libération risque donc de faire reprendre les vols et les abus de faiblesse ; ils sont tous deux maintenus en prison.
Mi-juillet 2020, l’un des protagonistes incarcérés, Roger Delorme, agé de 28 ans, demande à être libéré. Son avocat plaide qu’il vient d’avoir un enfant et qu’il a fait deux tentatives de suicide en prison. Seulement, il est suspecté d’avoir exploité trois personnes – deux auraient fait la manche pour lui, un troisième des travaux dans des maisons. Ils étaient logés dans des caves ou des caravanes.
L’avocat général de la cour d’appel d’Angers, Yves Delpérié, a eu tôt fait de balayer la « fragilité » supposée de l’individu : « le trafic d’êtres humains, c’est une culture chez les Delorme », a-t-il asséné, en indiquant le risque de pression sur les victimes et de réitération des faits s’il était libéré ; la chambre de l’instruction a décidé de le maintenir au frais.
Mi-août, rebelote – son avocat propose cette fois 30.000 € de caution. Peine perdue, Roger Delorme restera en prison. L’enquête le considère aujourd’hui comme un de ceux qui a été les plus violents envers les « commis » exploités ; l’un d’eux gardera des séquelles physiques durables de son esclavage chez les voyageurs.
Du 29 septembre au 2 octobre, dans un second volet du même dossier, 250 gendarmes arrêtent en Loire-Atlantique, Sarthe, Vienne et Manche dix autres personnes issues de la communauté des gens du voyage, dont deux sont placés en détention. Dans ce second dossier, six « commis », comme les voyageurs appelaient leurs esclaves, ont été libérés.
Près de 2 millions d’€ de biens mal acquis et d’avoirs criminels saisis
Les vols et l’asservissement des handicapés, c’étaient des affaires illégales qui roulaient. Le patriarche, José Garcia, 61 ans, avait 140.000 € en liquide dans sa caravane et plusieurs biens immobiliers, alors qu’il ne vivait officiellement que de son allocation d’adulte handicapé, soit 900 € par mois. Et un petit-cousin qui n’avait jamais travaillé officiellement, André Delorme, à vingt ans, il possédait son fourgon et une caravane flambant neuve.
Les deux avaient demandé leur mise en liberté, le premier en faisant valoir son diabète et son pontage coronarien. La chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers a décidé le 20 février 2020 de les garder en prison – et l’exploitation d’êtres humains y a été pour beaucoup.
Lors du coup de filet de février, des avoirs et des biens ont été saisis pour une valeur de plus de 700.000 €. Lors de celui d’octobre, la valeur des biens saisis approche cette fois du million d’euros.
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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6 réponses à “Saumurois : des affaires de traite d’êtres humains en série chez des Gens du voyage”
Mais qu’est ce que la société s’emmerde à foutre ça en prison , aux frais du contribuable
Une balle dans le crâne ( payée par la famille ) et hop , le composte ….là au moins il sera utile à quelque chose
je suis tout a fait d’accord ! probleme: la gauche bichonne ce genre de demeuré …
Les voyages sont autorisés en ces temps de covid? Les gens du voyage? Kezako? C’est le vocabulaire de Hollande.
Rom, Rom, rom et Coca Cola comme dit la chanson.
Bravo à la Police pour la découverte de ces esclavagistes. Et bravo à notre Justice pour les maintenir en prison, mais j’espère dans les mêmes conditions qu’ils utilisaient pour leurs esclaves. Pour éliminer cet esclavage que font nos élus, Président en tête ?
Non, travaux forcés jusqu’à la fin de leurs jours. Et pas de rémission de peine, car ces gens-là récidivent toujours. Au moins comme ça ils comprendront ce qu’est la souffrance.
Plus simple que cela…….. pas de prison , un voyage sans retour une bastos .